Mutation des logiciels libres

Mutation des logiciels libres

Normand Robert, qui représentait la Fédération Québécoise des Centres Communautaires de loisir, a donné le ton sur la conférence-présentation de Mr Réal Gingras sur le thème
« Mutation des logiciels libres ».

Normand Robert
Fédération Québécoise des Centres Communautaires de loisir

Au delà du débat sur les économies que représente l’installation et utilisation d’un système d’exploitation Libre, on retrouve une philosophie commune au milieu communautaire, « le libre, c’est un changement de culture, d’utilisation et d’appropriation. »


Mr Réal Gingras, qui enseignait en ressource TIC à l’école Félix-Leclerc de Montréal (Canada), est un acteur particulièrement engagé dans le domaine du Logiciel Libre. Voici un aperçu historique de son parcours :

Mr Real Gingras
Conférence-présentation sur le logiciel libre en milieu éducatif
  • Le soutien de Michel Dagenais, expert en système informatique et Linux/Unix, a tout d’abord permis d’initier l’élan au sein de certaines institutions scolaires Montréalaise, en installant des serveurs Linux.
  • De là, de nombreux enseignants ont ainsi pu découvrir, et à leur tour faire découvrir aux élèves, les applications et activités possibles avec les logiciels libres.
  • A titre d’exemple, Réal Gingras cite « Prof en ligne » qu’il a mis en place. Cet outil permet de rendre conviviales de nombreuses activités éducatives ainsi que le processus de communication avec les élèves et « rejoint donc dans la pratique, le modèle théorique développé par Pierre-Léonard Harvey sur l’appropriation dynamique. »

Mr Réal Gingras devient progressivement un porte-parole des possibilités qu’offrent les TIC et les logiciels libres dans le secteur de l’éducation afin de soulever un débat de fond :

« Ce que font les logiciels propriétaires, le Libre le fait également. Alors pourquoi payer plus cher ? Avec le libre on peut faire des forums, du chat, de l’hébergement, du streaming de façon identique. Mais ce que l’on peut surtout faire, c’est de développer le participatif. Non plus subir mais faire. De même, c’est pas quoi mais comment on le fait qui compte ».

Cette conférence permet donc de faire l’état des lieux d’une pléthore d’initiatives enseignantes qui ne trouvent pas de soutien auprès de la commission scolaire et du gouvernement.
Voici les problématiques et solutions qui ont été identifié :

1. Les logiciels libres ne sont pas banalisés parce qu’il existe des freins à plusieurs niveaux :

  • Les changements technologiques provoquent toujours une forme de réticence naturelle.
  • L’utilisation des logiciels libres requiert une attention participative contrairement aux logiciels propriétaires.
  • On délègue notre pouvoir décisionnel dans l’utilisation de logiciels propriétaires. Alors que le logiciel libre permet aux individus de personnaliser mais surtout de choisir des outils et des formats ouverts et compatibles (interopérabilité).
  • L’organisation et l’accès à l’information devient active. La pyramide de savoir devient un réseau et un espace de partage des connaissances.
  • La pression dûe aux intérêts financiers de certaines compagnies pèsent sur les choix politiques.
    Sur des fonds publics, le secteur de l’éducation se voit imposé des solutions logicielles propriétaires.

2. La solution, "sensibiliser avec pédagogie" :

  • La formation des élèves apparait au coeur du débat : « Comment favoriser un apprentissage varié » dans un environnement propriétaire. Il apparait nécessaire que pour sensibiliser les individus au Libre, tout le processus en éducation doit suivre.
  • La mise en place d’un projet-pilote au sein d’une structure, permet aux individus de découvrir et constater par eux-même... qu’une station Linux, offre des services similaires aux systèmes propriétaires.
  • De là, les individus possèdent enfin les moyens de comprendre que le Libre offre effectivement une solution gratuite mais surtout, répond aux besoins des individus. On peut ainsi se consacrer à l’essentiel : la production de contenu.

Mr Réal Gingras constate que ce cheminement ne peut fonctionner que si l’on agit à plusieurs niveaux.
C’est pourquoi il apparait indispensable de s’équiper en matériel informatique, livré sans système d’exploitation propriétaire et de sensibiliser les milieux enseignants, les formateurs, les centres communautaires pour rompre la dépendance technologique.

Ressources : "Les TIC, un monde à partager", par Jacques Daignault, président d’AQUOPS et professeur en Sciences de l’éducation (UQAR-Lévis)

Par Dagrain Valérie
2 Mars 2005

Posté le 4 mars 2005 par Valérie Dagrain

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