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Décrypter les pratiques au plus près des territoires

La consommation collaborative : Quelles réalités en Bretagne historique ?

Le terme de consommation collaborative est aujourd’hui sur toutes les lèvres. De nombreuses enquêtes nationales présentent régulièrement les pratiques de consommation collaborative qui concernent près de la moitié des français en 2014.

- Mais quelles réalités des pratiques et des initiatives se cachent derrière cette expression ?
- Dans quelles mesures peuvent-elles être un levier pour mieux vivre ensemble et développer nos territoires, localement ?

C’est pour répondre à ces questions que Collporterre et Télécom Bretagne se sont associés pour mener une recherche-action sur le sujet en Bretagne historique (incluant la Loire atlantique).

Un travail d’analyse documentaire, de veille, d’implication dans les réseaux et de contribution aux programmes Sharevolution et La Fabrique Écologique nous ont permis de préciser les contours de la consommation collaborative.

La réalisation d’un état de l’art sur les origines et la définition de ce mouvement nous a ensuite permis de dégager trois familles de consommations collaboratives :
- Redistribuer Acquisition de biens d’occasion : achat/vente, troc ou don.
- Partager Accès mutualisé à un bien ou un service.
- S’organiser Regroupement de consommateurs pour un accès collectif à un service.

Au final, nous avons recensé plus de 810 projets, réalisé 10 monographies, échangé avec 122 consommateurs, interrogé par questionnaire plus de 750 breton(ne)s.

Pour y voir plus clair, retrouvez dans les articles ci-dessous les principaux résultats :

- Non, la consommation collaborative n’est pas seulement un truc de jeunes urbains connectés !
- La consommation collaborative : un mouvement de fond aux multiples usages

Le territoire collaboratif par excellence n’existe pas. Si les pôles urbains constituent des milieux privilégiés pour le développement des pratiques de consommation collaborative, ils n’en ont pas pour autant l’exclusivité. En revanche, les formes de consommation collaborative divergent d’un territoire à l’autre ; la diversité et la richesse des services et usages de consommation collaborative s’exprimant différemment en fonction des territoires.

Mouvement récent et au développement exponentiel, la consommation collaborative reste aujourd’hui peu appropriée par l’acteur public local. Pourtant, les enjeux territoriaux de son développement sont nombreux. On met généralement en avant le potentiel économique des services de consommation collaborative, ou à l’inverse on dénonce facilement la captation des richesses par les grandes plate-formes, ou encore la concurrence accrue pour les acteurs traditionnels. Mais on se pose encore peu la question des opportunités et des enjeux en termes de gestion et de rétribution au niveau local de la valeur créée, mais aussi d’équité entre citoyens et entre les territoires - pourtant sous-jacentes.

- Des services locaux de consommation collaborative peuvent-ils fonctionner aux côtés des plate-formes nationales ou internationales ? Comment ces services peuvent-ils créer de la valeur sur les territoires, au-delà des gains économiques potentiellement perçus par les consommateurs/entrepreneurs ?

- Comment faire pour que les personnes les plus exclues ne le soient encore davantage avec ces nouveaux services ? Comment éviter une simple marchandisation des échanges et une généralisation des petits emplois précaires ?

Face à ces enjeux économiques et sociaux, l’acteur public local a un rôle à jouer. Certaines grandes capitales européennes commencent à s’y intéresser, en interdisant (Berlin par exemple) ou en encadrant (Amsterdam par exemple) les grands acteurs du secteur (Airbnb, Uber). Mais au-delà de ces aspects réglementaires, les collectivités sont souvent peu attentives aux enjeux et opportunités que pose la consommation collaborative. Pourtant nombreuses sont celles qui encouragent déjà ces pratiques, en témoignent le nombre de sites de covoiturage portés par les conseils généraux, les flottes de vélo en libre-service, etc. Mais rares sont les acteurs publics locaux qui embrassent pleinement ce mouvement.

Laisser faire, interdire ou accompagner sont autant de postures possibles pour les collectivités. C’est en prenant le parti de cette troisième option que nous lancerons en 2015 une nouvelle exploration :

- Dans quelles mesures la consommation collaborative peut permettre le développement de modes de vie plus durables sur les territoires ?
- Quels rôles les collectivités territoriales peuvent-elles jouer pour faire de ce mouvement un levier pour le mieux vivre ensemble de leurs territoires ?


« Les dynamiques territoriales de la consommation collaborative en Bretagne historique », un programme de recherche-action mené par Collporterre et Télécom Bretagne, avec le soutien financier de la Région Bretagne et du Conseil Général du Finistère.

Nous remercions tous les participants qui ont pris le temps de partager avec nous leur rapport à la consommation collaborative, ainsi que les membres du groupe de travail qui se sont impliqués dans les réflexions et la mise en œuvre de l’étude.


Retrouvez l’ensemble des résultats sur le site de l’étude :
www.bretagne-consommation-collaborative.net

Posté le 18 décembre 2014 par collporterre
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Téléphérique Brest
par juleg29
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