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Former pour mieux accompagner, sensibiliser pour mieux connaître proposé par l’association CIMADE du Finistère

« La Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d’assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur position politique ou religieuse. »

1. Présentation des actions de la Cimade nationale et de la Cimade Finistère
L’action de la CIMADE s’articule autour de quatre missions essentielles :
-  Accompagner les migrants-es et défendre leurs droits
-  Agir auprès des étrangers-ères enfermés-es
-  Construire des solidarités internationales
-  Témoigner, informer et mobiliser

Accueillir et accompagner

Chaque année, la Cimade accueille et accompagne plusieurs dizaines de milliers de migrants et de demandeurs d’asile dans ses permanences. La Cimade contribue à leur insertion par l’organisation de formations spécifiques. Elle héberge également près de 200 personnes par an dans ses deux centres d’accueil de Béziers et de Massy.
L’accompagnement des migrants-es pour la défense de leurs droits se fait de plusieurs façons :
-  assistance humaine et sociale
-  suivi et conseils lors des démarches juridiques et administratives
-  formations au français
-  défense de leurs droits devant les autorités
En 2011, ce sont 81 000 personnes qui ont pu bénéficier d’un temps d’accompagnement, d’un conseil ou d’un temps de formation offerts par la CIMADE.

La Cimade Finistère propose du suivi et de l’accompagnement dans l’accès au droit, tant au plan juridique que sur le volet administratif. Elle conseille les étrangers dans le cadre de permanences physiques, et dans le cadre de son agrément visiteur de prisons,lors de visites à la maison d’arrêt de Brest, ainsi que par mél et téléphone.
La Cimade Finistère est organisée sur les deux pôles urbains principaux : Brest et Quimper, lieux stratégiques car ils concentrent le plus grand nombre d’étrangers du Finistère, et parce que ces villes sont le siège de la sous-préfecture et de la préfecture du Finistère.

A Brest, des permanences physiques sont organisées 2 fois par mois le 1er mercredi et le 3ème mercredi du mois, au centre social de Bellevue., qui permettent de rencontrer 4 à 6 situations à chaque fois. Plus de la moitié des personnes rencontrées une première fois auront un suivi d’une deuxième fois voire plusieurs.
Des rendez-vous individuels sont fixés à la demande, en fonction des urgences de situations, des suivis nécessaires sur la plupart des cas, dans le respect des délais impartis par les procédures administratives et judiciaires. Cette souplesse permet de rendre service aux personnes qui ne peuvent se déplacer aux temps de permanence. Par ailleurs, nous assurons certains suivis de situation uniquement par téléphone et via internet. En cela, l’ordinateur portable dont nous avons pu bénéficier grâce à la ville de Brest l’an dernier nous est d’une grande utilité et nous permet davantage de souplesse dans le traitement des situations tant pour répondre aux besoins des personnes qui ont besoin d’une aide ou d’un conseil, que pour garder une trace numérique du dossier, afin de faciliter le suivi des situations entre nous, bénévoles. Par ailleurs, cet ordinateur nous permet de ranger et de stocker nos documents juridiques, circulaires, documents administratifs, etc. Et enfin, nous avons pu créer des adresses internet à certains migrants, action extrêmement simple et très utile.

A Quimper, le fonctionnement est identique. Cependant, compte tenu de la présence de la préfecture dans cette ville, les bénévoles de Quimper accompagnent les étrangers en préfecture, ce qui n’est pas fait par les bénévoles de Brest.

Défendre les étrangers-ères enfermés-es

Face à une législation toujours plus complexe et restrictive, la Cimade apporte son expertise et ses conseils aux étrangers afin qu’ils puissent faire respecter leurs droits. Intervenant dans les centres de rétention administrative, elle est chargée par les pouvoirs publics d’une mission d’accompagnement et de défense des droits des étrangers contraints de quitter le territoire.
En agissant auprès des étrangers-ères enfermés-es, la Cimade fait respecter leurs droits dans différents types de lieux de privation de liberté :
-  12 centres de rétention et 6 locaux de rétention administrative pour les étrangers en attente d’une expulsion ou de leur libération
-  73 établissements pénitentiaires.

La Cimade Finistère intervient dans l’accompagnement des prisonniers étrangers depuis 2008. C’est sur ce public que son intervention est la plus ancienne. Les situations, si elles sont moins nombreuses, sont cependant plus douloureuses, et d’une rare complexité pour certains cas. Certains prisonniers sont d’ailleurs suivis depuis 2008.

Solidaires ici et là-bas

Parce qu’accueillir l’étranger c’est également comprendre d’où il vient, la Cimade soutient des partenaires dans des pays du Sud autour de projets liés à la défense des droits fondamentaux, à l’aide aux réfugiés ou à l’appui aux personnes reconduites dans leur pays. Elle donne désormais priorité au renforcement et au travail avec les sociétés civiles du Sud et du Nord pour la défense des droits des migrants parfois refoulés et abandonnés dans
Depuis plusieurs années, l’Union européenne confie aux pays dits de « transit » une partie de sa politique de contrôle des flux migratoires. Cela génère des situations de très grande souffrance pour les migrants qui sont dans des conditions dramatiques ou victimes de discriminations. Au Mali, au Sénégal, au Niger, en Mauritanie, au Maroc, en Algérie et bientôt en Tunisie et en Côte d’Ivoire, La Cimade travaille avec des associations locales pour défendre les droits des migrants et sensibiliser les décideurs régionaux. Via ces partenaires, elle assure également une aide humaine et matérielle à plus de 1 000 personnes en situation de grande précarité. Plus largement, La Cimade apporte depuis plus de 55 ans son soutien aux associations partenaires avec qui elle travaille au Sud, afin de favoriser un développement fondé sur les droits humains.

La Cimade Finistère n’a pas encore mené d’actions en ce sens mais projette de rendre compte de la situation de Mayotte et de l’archipel des Comores, puisque de nombreux Mahorais sont aujourd’hui présents à Brest.

Témoigner, informer et mobiliser

La Cimade rend compte très régulièrement des réalités vécues par les migrants. En 2011, à travers ses travaux d’analyse, ses rapports, ses communiqués et ses outils d’information (Causes Communes, Actions Communes, son site internet, sa lettre d’information…), elle a une nouvelle fois témoigné des pratiques en constant durcissement concernant la gestion des migrations au Nord. Face à cela, elle construit sans relâche des propositions pour changer les perspectives des politiques d’immigration. Au-delà de ces actions, elle mène également de nombreuses initiatives auprès du grand public afin de contribuer à faire émerger un autre regard sur les migrants, notamment dans le cadre de son festival culturel : migrant’scène. Ainsi, en 2011, ce sont près de 300 événements qui ont été organisés dans toute la France.

La Cimade Finistère s’est donné comme objectif de sensibiliser l’opinion publique sur les migrations et sur les migrants et leurs conditions de vie et de séjour en France. Elle a mis un accent tout particulier sur la sensibilisation du public à la question de l’enfermement des étrangers, notamment dans les centres de rétention administrative, en organisant des séances de lectures -témoignages et lors de projections de films avec débat.
Elle a par ailleurs proposé plusieurs formations gratuites aux partenaires locaux sur les thèmes des conditions d’entrée et de séjour en France, sur le droit d’asile et sur les mariages mixtes.
Par ailleurs, les bénévoles de la Cimade se sont formés régulièrement, et tout au long de l’année, dans le cadre de l’offre de formation mise en place par le siège de la Cimade, ce afin d’être plus performants dans l’accompagnement des migrants.

2. Présentation du projet en vue de l’obtention d’un soutien dans le cadre de l’appel à projet multimédias 2012 de la ville de Brest

La demande pour laquelle nous répondons cette année à l’appel à projet multimédias pour 2012 se fait dans le cadre du volet Formation des partenaires et sensibilisation du public.

- Formation des acteurs locaux en droit des étrangers

En effet, nous sommes régulièrement sollicités par nos partenaires locaux et acteurs agissant en lien avec les migrants pour des demandes d’information, l’apport d’outils juridiques, ainsi que la demande de qualification.

Le droit des étrangers est le droit à la fois le plus méconnu, le plus vaste, car il répond à une réglementation spécifique et parcourt tous les autres droits (de la famille, de l’état civil, des droits sociaux, de la santé, du travail, de la formation, ….), le moins enseigné (il n’existe pas de filière droit des étrangers en tant que tel dans les universités), et c’est en plus un droit extrêmement mouvant, tant par les changements strictement législatifs (5 lois en 7 ans sur l’entrée et le séjour des étrangers). Ce plus, il est discrétionnaire : c’est un droit soumis au pouvoir discrétionnaire de l’administration, et donc qui risque l’arbitraire. Tout cela explique l’extrême vigilance que l’on doit avoir pour s’assurer du bon respect du droit pour les migrants, et cela explique la nécessaire connaissance de la jurisprudence pour accompagner au mieux les migrants.

Or rares sont les intervenants sociaux et associatifs qui peuvent appréhender ces différents mécanismes et maîtriser l’ensemble des ressources nécessaires.

C’est en cela que nous avons un rôle très important dans la formation à apporter aux acteurs locaux afin que les droits des migrants soient le mieux respectés, et la loi appliquée de manière la plus équitable.

Nous souhaitons développer cet axe et faire bénéficier à un maximum de participants, et pouvoir répondre plus facilement aux sollicitations locales en dispensant des formations gratuites. Nous en avons fait déjà plusieurs et en cela, disposer d’un vidéoprojecteur est pour nous indispensable pour accompagner nos formations en présentant les supports de formation projetés. Nos supports sont des écrits, des textes de lois, mais aussi des cartes, des films courts et témoignages qui rendent les formations plus pédagogiques et plus adaptées.

- Formation interne des bénévoles de la Cimade Finistère

Les bénévoles de notre groupe local dédient un temps important à la qualification personnelle. En effet, nous sommes tous régulièrement en formation dans le cadre du plan de formation général de la Cimade, sur des thématiques extrêmement diverses : contentieux des visas, regroupement familial, procédures d’éloignement, migrants du Caucase, accompagnement en prison, procédures prioritaires, accès aux droits sociaux, problématiques d’hébergement, ….

Par ailleurs, deux d’entre nous sont engagés dans des commissions nationales : commission Migrants et commission Prisons.

Ces différents temps, d’une durée d’une journée permettent de nous qualifier au mieux et de suivre l’actualité législative et sociale.

Afin d’améliorer la qualification de chacun d’entre nous et de diffuser les connaissances acquises par les bénévoles lors de leurs formations, nous travaillons à une mise en partage et à une mutualisation de nos savoirs. Dans ce cadre là aussi, nous souhaitons nous auto-former et un vidéoprojecteur serait d’une grande utilité comme outil pour partager nos supports de formation.

- Sensibilisation du public aux migrations internationales et à leur rôle

Sensibiliser l’opinion locale sur la situation des étrangers sur notre territoire ainsi que sur le sort qui leur est fait en France est essentiel pour apporter les éléments de connaissance et pour peser dans le débat de la société sur la question migratoire.

Cet axe est particulièrement important dans notre projet associatif, qui se donne pour mission de lutter contre les préjugés et les opinions racistes fortement répandues à l’égard des étrangers. Lors de notre présence sur des temps forts, nous souhaitons utiliser des supports multimédias et des petits films pédagogiques ainsi que des témoignages de migrants, d’acteurs sociaux et institutionnels, afin de pouvoir débattre avec le public. Là encore, un vidéoprojecteur nous serait d’une grande utilité.

Public ciblé :

  1. Public chargé de l‘accompagnement des étrangers, à quelque niveau que ce soit
  2. Tout public, et notamment public français, pour ce qui est des actions de sensibilisation à la présence étrangère en France.
  3. Participation aux temps forts : Festival des langues du monde, marché de la solidarité internationale, ainsi qu’à d’autres temps forts à l’échelle du Finistère, comme le festival du cinéma de Douarnenez.
  4. Participation aux réseaux locaux associatifs et institutionnels.

Plus-value du projet au regard des critères inscrits dans l’appel à projets multimédia :

  1. Plus –value sociale : notre projet a vocation à contribuer à contribuer à la cohésion sociale de l’ensemble des habitatnts de notre territoire, indépendamment de leurs origines.
  2. Plus-value relationnelle : il s’agit de renforcer et dynamiser le partenariat avec les acteurs locaux qui aident et accompagnent le public étranger.
  3. Plus-value culturelle : porter un autre regard sur les migrants et comprendre les enjeux migratoires actuels.
  4. Prise en compte des publics éloignés : le projet de formation et de sensibilisation, s’il s’adresse tout particulièrement aux acteurs sociaux et à la population française, a pour finalité un meilleur rendu de servie aux migrants, et notamment à ceux qui rencontrent des situations qui les fragilisent, en lieu avec leur statut et leur difficile accès au séjour.
  5. Partenariat local : c’est l’élément déterminant et la pierre angulaire du projet, qui vise avant tout à donner des clés de connaissance et de compréhension à tous les acteurs impliqués à quelque titre que ce soit dans l’accompagnement des migrants. Le projet va servir d’abord à donner des ressources aux partenaires locaux, et à les mettre en lien.
  6. Quelques partenaires : CDAS Bellevue et St-Marc, service d’accueil des ressortissants étrangers de la mairie de Brest, , école Jean Macé, lycées de l’Harteloire et de Dupuy de Lôme, …), les associations (ABAAFE, Amnesty International, CCFD, Unicef, AFTAM, C’ ….), des collectifs de défense des étrangers et des sans-papiers, des avocats, des associations spécialisées en droit (droit de la famille, droit du travail, ….), des médecins, ….
  7. Adaptation du projet au public : le projet est fait pour le public des acteurs locaux et de la population locale, et s’adaptera

Matériel demandé : un vidéoprojecteur et un petit portable.

Quelques chiffres sur La Cimade en 2011 :
-  100 000 personnes conseillées, accompagnées, hébergées
-  131 points d’accueil, permanences et programmes de formation au français
-  2 500 bénévoles actifs organisés en 80 groupes

La Cimade Finistère a accueilli 120 situations différentes lors de ses permanences dont plus de la moitié sur Brest.

Elle a participé à 4 temps forts et a organisé 3 projections-débats, ainsi qu’à 5 lectures autour du livre écrit par les intervenants en centre de rétention « Chroniques de rétention ».

COORDONNEES DE L’ASSOCIATION
CIMADE FINISTERE
Siège social : Creac’h Balbé Creis 29800 Saint Urbain, Chez Anne-Marie DANTEC, Présidente
Permanence : Centre social de Bellevue, 1 rue Pierre Trépos, 29200 Brest
Tél. : 06 02 50 72 79 / 02 98 25 07 23
Méls : finistere@lacimade.org / fdantec@wanadoo.fr /cimade.brest@hotmail.fr

Posté le 20 juin 2013 par Valérie Picolo
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