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		<title>Communaut&#233;s virtuelles</title>
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&lt;p&gt;Comme en t&#233;moigne le livre d&#233;j&#224; classique de Howard Rheingold &#171; the virtual Community : homesteading in the electronic frontier &#187; (La Comunidad Virtual, Editions Genisa, Barcelone), les &#201;tats-Unis ont connu, durant les ann&#233;es 80, l'effervescence discr&#232;te des communaut&#233;s virtuelles, gr&#226;ce &#224; la diffusion d'internet dans les universit&#233;s et les centres de recherche, et la popularisation naissante des BBS. Pour la premi&#232;re fois on pouvait exp&#233;rimenter la bidirectionalit&#233; des espaces virtuels, ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme en t&#233;moigne le livre d&#233;j&#224; classique de Howard Rheingold &#171; the virtual Community : homesteading in the electronic frontier &#187; (La Comunidad Virtual, Editions Genisa, Barcelone), les &#201;tats-Unis ont connu, durant les ann&#233;es 80, l'effervescence discr&#232;te des communaut&#233;s virtuelles, gr&#226;ce &#224; la diffusion d'internet dans les universit&#233;s et les centres de recherche, et la popularisation naissante des BBS. Pour la premi&#232;re fois on pouvait exp&#233;rimenter la bidirectionalit&#233; des espaces virtuels, ce qui signifiait, dans le m&#234;me temps, la diss&#233;mination d'une forme particuli&#232;re d'auto-organisation, d'autogestion de l'abondance, de la production et de la gestion de l'information et de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces formes d'organisation n'ont pas d'&#233;quivalent dans le monde mat&#233;riel : la relation asynchrone, le simple fait d'&#234;tre connect&#233; sans &#234;tre pr&#233;sent (une esp&#232;ce de r&#233;pondeur automatique populaire), la capacit&#233; &#224; devenir un acteur dans le processus et non plus une simple audience passive, nous invitent logiquement &#224; regarder la r&#233;alit&#233; d'une autre mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;volution globale de la relation &#224; l'information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que se passait-il en r&#233;alit&#233;, ces ann&#233;es-l&#224; ? Jusqu'&#224; quel point notre propre &#233;volution sociale &#233;tait-elle indiff&#233;rente ou donnait-elle le ton &#224; ce qui arrivait sur ce nouveau terrain, au-del&#224; de la &#171; fronti&#232;re &#233;lectronique &#187; ? L'id&#233;e que &#171; l'Information est Pouvoir &#187;, pilier du mod&#232;le politique soutenu conjointement par les deux &#172;Empires, devint brutalement insoutenable, et entra en crise pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#232;re de Ronald Reagan. Tout le pouvoir bas&#233; sur l'usage strat&#233;gique de l'information concernant la force militaire, le PIB, l'activit&#233; industrielle de la population, le contr&#244;le des ressources &#233;nerg&#233;tiques et naturelles, n'ont permis &#224; aucun moment d'anticiper l'effondrement de l'URSS (ni m&#234;me l'&#233;mergence d'une puissance comme le Japon). Par les interstices de cette crise qui mettait le monde sens dessus dessous, s'infiltraient jusqu'&#224; la surface des &#233;l&#233;ments nouveaux qui favorisaient une voie alternative pour faire tomber d&#233;finitivement le cadre rigide de relations impos&#233; par la guerre froide. Les technologies de l'information en g&#233;n&#233;ral, et internet en particulier, les tensions du syst&#232;me &#233;ducatif, la souplesse d'organisation des entreprises sous la protection des nouveaux mod&#232;les de gestion de la connaissance (souvent plus satisfaisants sur le papier que dans la r&#233;alit&#233;), le maniement d'information qui d&#233;passait le cadre habituel dans lequel les individus et les groupes se d&#233;brouillaient, tout cela cousu par le fil subtil de l'interaction, formait ce que nous pourrions appeler &#171; l'usine &#187; d'un nouveau pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau d&#233;cor se produisirent deux changements significatifs par rapport &#224; la p&#233;riode ant&#233;rieure. D'une part, l'information changea de nature. Maintenant elle ne d&#233;pendait plus autant de la capacit&#233; &#224; faire rassembler et traiter l'information par des agents sp&#233;cialis&#233;s, pour un usage strat&#233;gique, &#224; partir d'un projet hi&#233;rarchis&#233; (et bipolaire), m&#233;thodes utilis&#233;es auparavant tant par les agences publiques ou priv&#233;es, que les m&#233;dias. La relation entre le possesseur de l'information et le reste de la soci&#233;t&#233; fut organis&#233;e apr&#232;s la seconde guerre mondiale, entre l'&#233;metteur et le r&#233;cepteur, le premier jouant un r&#244;le actif et d&#233;terminant dans le processus de s&#233;lection et de distribution et le second un r&#244;le passif, de consommateur sans capacit&#233; de r&#233;ponse significative. Cette relation commen&#231;a &#224; voler en &#233;clats, quand les technologies de l'information inject&#232;rent deux traits nouveaux et subversifs : n'importe qui pouvait publier sur le r&#233;seau et ce qui se publiait &#233;tait imm&#233;diatement soumis au jeu dynamique de l'interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop longtemps la connaissance a &#233;t&#233; fondamentalement confin&#233;e entre les murs des organisations qui la prot&#233;geaient comme un &#171; bien strat&#233;gique &#187; : certains individus (scientifiques, experts, etc..), des entreprises, corporations, agences publiques, agences polici&#232;res ou militaires, des centres de recherche, universit&#233;s, partis politiques, le syst&#232;me &#233;ducatif traditionnel, etc... Depuis l'irruption publique du r&#233;seau, surtout depuis ce que l'on pourrait appeler le processus de resocialisation li&#233; au &#171; world wide web &#187;, une partie substantielle de cette connaissance est entre les mains des individus, groupes, entreprises, organisations, administrations et institutions qui s'expriment dans des r&#233;seaux ouverts, turbulents et expansifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois derniers mots ne sont pas des m&#233;taphores litt&#233;raires mais des cat&#233;gories qui nous permettent, en tant qu'usagers, de comprendre la structure du r&#233;seau :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un r&#233;seau ouvert : personne ne contr&#244;le celui qui entre ; il n'y a pas de Cerb&#232;re, ni de g&#233;rant, pour appliquer des crit&#232;res d'acc&#232;s s&#233;lectifs ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un r&#233;seau turbulent : personne ne contr&#244;le l'activit&#233; des autres (les gouvernements s'y sont essay&#233;, mais jusqu'&#224; pr&#233;sent sans succ&#232;s d&#233;terminants) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Un r&#233;seau expansif : s'il n'y a pas moyen de contr&#244;ler qui entre, ni ce qu'il fait, le contenu du r&#233;seau cro&#238;t constamment, de mani&#232;re chaotique, redondante et exponentielle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La fronti&#232;re entre les d&#233;tenteurs du pouvoir d'information et ce que nous pourrions appeler &#171; l'audience &#187; au sens large, devint soudain diffuse, ambigu&#235;, complexe. Le monde virtuel, peupl&#233; d'ordinateurs en r&#233;seau, de t&#233;l&#233;phones, t&#233;l&#233;visions, de multim&#233;dias et syst&#232;mes de satellites, commen&#231;a &#224; prendre &#224; revers les pouvoirs traditionnels corporatifs, militaires, sociaux, &#233;conomiques et politiques. Dans certains cas, en diminuant sensiblement sa force et la logique de sa pr&#233;&#233;minence, dans d'autres en les renfor&#231;ant et les multipliant.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, le pouvoir de l'information &#233;tait pr&#233;c&#233;demment bas&#233; sur le crit&#232;re de l'exclusion (l'information &#233;tait plus puissante si ceux qui la poss&#233;daient &#233;taient moins nombreux ; et plus pur &#233;tait alors son pouvoir). Cependant, dans un monde form&#233; par les communaut&#233;s virtuelles install&#233;es dans les technologies de l'information, la valeur se d&#233;place vers la capacit&#233; coop&#233;rative des agents sociaux. Le num&#233;rique convertit l'information et la connaissance en marchandises cruciales dans les nouvelles relations internationales d'un monde en changement permanent o&#249; le global et le local ont vu leur sens se renouveler. Poss&#233;der l'exclusivit&#233; sur une information devient une t&#226;che chaque fois plus ardue, co&#251;teuse, intenable, et pour finir st&#233;rile. La soci&#233;t&#233; de l'information r&#233;clame une participation qui dynamite une telle volont&#233; d'exclusivit&#233;, m&#234;me si cette logique de cl&#244;ture perdure quelques temps, car il subsiste encore de puissantes structures h&#233;rit&#233;es de la guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, face au &#171; pouvoir dur &#187; de la guerre froide, blind&#233; par la force nucl&#233;aire avec sa capacit&#233; de destruction et qui n'accorde de valeur &#224; l'information que dans le but de maintenir la vigueur de la politique des Blocs, surgit le &#171; pouvoir doux &#187;, nourri des technologies de l'information. Du transfert d'information dans une relation &#224; sens unique entre l'&#233;metteur actif d'information (&#201;tat, entreprise, m&#233;dias, etc) et le r&#233;cepteur passif, nous sommes pass&#233;s au dialogue multilat&#233;ral, transversal et interactif, au point de faire &#233;merger ce qu'on pourrait appeler l'unit&#233; de base de la production d'informations et de connaissances socialement utiles : la communaut&#233; virtuelle (CV). C'est-&#224;-dire &#224; un monde beaucoup plus complexe, plus ambigu et moins sch&#233;matique, o&#249; interagir est pouvoir. Un nouvel &#233;tat des choses, caract&#233;ris&#233; par une multitude d'archipels de communaut&#233;s virtuelles dont les lois de fonctionnement contreviennent aux r&#232;gles rigides du pouvoir dur que nous avions connu jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;ristiques des communaut&#233;s virtuelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, il s'agit de savoir quelle a &#233;t&#233; la progression de l'activit&#233; qui se d&#233;veloppe au-del&#224; de la fronti&#232;re &#233;lectronique et ce que nous pouvons faire &#224; ce sujet. Et la r&#233;ponse ne nous vient plus des pouvoirs &#233;tablis, mais fondamentalement de la capacit&#233; croissante de promotion et d'action dans des CV, qui mettent les individus face &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'organiser leurs d&#233;sirs, leurs aspirations ou m&#234;me leur propre quotidien, au sein de contextes virtuels en principe neutres, qui attendent l'action m&#234;me des connect&#233;s pour acqu&#233;rir une forme &#224; l'image de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement s'est converti en une force multiplicatrice, qui construit des &#233;changes non r&#233;pressifs et qui, de plus, ne renforce pas n&#233;cessairement - comme &#172;autrefois - un pouvoir centralis&#233;, m&#234;me si logiquement il ne l'exclut pas. Ce sont les individus et les organisations qui d&#233;cident de la physionomie et des fonctions des CV qu'ils cr&#233;ent et dans lesquelles ils agissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CV n'existent et ne fonctionnent que dans la mesure o&#249; elles sont le fruit de l'activit&#233; des citoyens, ceux-ci &#233;tant entendus comme individus, groupes formels ou informels, entreprises, organisations, etc... Ainsi se sont cr&#233;&#233;s de nouveaux espaces artificiels (virtuels) dot&#233;s d'une s&#233;rie de caract&#233;ristiques pas toujours compr&#233;hensibles en regard des param&#232;tres du monde r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.- l'information appartient aux usagers.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire : le r&#233;seau en principe est &#171; vide &#187; et ce sont les utilisateurs qui d&#233;cident du type d'information qu'ils vont emmagasiner, montrer ou &#233;changer. Donc, chaque utilisateur d&#233;cide par o&#249;, pourquoi, et avec qui, il commence &#224; appr&#233;hender le r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
2.- l'acc&#232;s au r&#233;seau est&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; universel : il suffit d'acc&#233;der &#224; un ordinateur du r&#233;seau pour acc&#233;der &#224; tout le r&#233;seau ou &#171; voir &#187; tout le r&#233;seau (m&#234;me si une fois &#224; l'int&#233;rieur du r&#233;seau, il y a des sites o&#249; l'on demande un abonnement pour acc&#233;der &#224; l'information qu'ils contiennent) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; simultan&#233; : nous sommes tous sur le r&#233;seau en m&#234;me temps, puisque nous existons en tant qu'information (z&#233;ros et uns). En r&#233;alit&#233; le r&#233;seau est, depuis ses origines, le premier r&#233;pondeur automatique qui fut mis en fonction. Personne ne sait si nous sommes connect&#233;s ou non, mais nous nous relions entre tous comme si nous l'&#233;tions, au travers de notre pr&#233;sence num&#233;rique, par l'information que nous d&#233;pla&#231;ons et les interactions que nous provoquons ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; ind&#233;pendant du temps (24h./365 J.) et de la distance. C'est le premier espace ouvert en permanence &#224; l'activit&#233; de l'&#234;tre humain, ind&#233;pendamment de l'endroit o&#249; il se trouve. Il lui suffit d'acc&#233;der &#224; un ordinateur du r&#233;seau pour que tout ce qui vient d'&#234;tre expos&#233; fonctionne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;3.- Finalement, deux autres traits ferment ce code g&#233;n&#233;tique compress&#233; et tiennent au fait que le r&#233;seau cro&#238;t de mani&#232;re d&#233;centralis&#233;e et d&#233;hi&#233;rarchis&#233;e. Il suffit de continuer &#224; ajouter des ordinateurs (serveurs) pour qu'il se r&#233;pande physiquement et virtuellement ; et aucun ordinateur n'accomplit de t&#226;ches de contr&#244;le et de commandement sur les autres ordinateurs du r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'information sur le r&#233;seau est celle que mettent ou publient ses utilisateurs, nous sommes dans un environnement &#233;minemment PARTICIPATIF. De fait, le r&#233;seau se r&#233;tro-alimente constamment &#224; partir des signaux &#233;mis par ses utilisateurs. Cette participation conduit inexorablement &#224; l'INTERACTION, c'est-&#224;-dire &#224; la relation &#224; ce que font les autres (ne parlons pas d'intensit&#233; ou de degr&#233;s de la-dite relation, mais disons que participer signifie &#171; bouger &#187; son information propre en relation avec les autres, et bouger l'information des autres en relation avec la sienne propre.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat in&#233;vitable de ces deux points est une CROISSANCE constante de l'information et de la connaissance qui circulent sur le syst&#232;me. L'&#233;volution, pour autant, est un facteur incorpor&#233; &#224; la structure m&#234;me de l'internet. Croissance ne signifie pas seulement ajouter de l'information, mais aussi tout ce que cela sous-tend : syst&#232;mes de recherche, de classification, de synth&#232;se, de participation et d'interaction, de regroupements syst&#233;miques et &#233;ph&#233;m&#232;res, de transactions et d'&#233;change, d'organisation de l'information et de sa visibilit&#233;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;mergence rapide et multiforme des CV&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements, de ce point de vue, ont &#233;t&#233; ph&#233;nom&#233;naux et tr&#232;s rapides. Les premi&#232;res CV ont eu comme protagonistes des ing&#233;nieurs, des programmateurs et des hackers, apr&#232;s quoi vint Usenet et les espaces de collaboration dans le secteur de la R&amp;D. Les activit&#233;s men&#233;es dans ces nouveaux espaces virtuels se sont &#233;tendues rapidement pour couvrir un large champ th&#233;matique. Ensuite, bourgeonn&#232;rent les CV issues des BBS, ainsi que celles qui s'organis&#232;rent &#224; l'int&#233;rieur de Compuserve ou d'AOL, entre autres. On vit appara&#238;tre des organisations sociales au spectre large, peupl&#233;es de communaut&#233;s virtuelles group&#233;es par centres d'int&#233;r&#234;ts clairement d&#233;finis. Parmi ce type d'organisation, nous pourrions citer pour sa repr&#233;sentativit&#233; APC (Alliance for Progressive Communications), parapluie de dizaines de r&#233;seaux sur les cinq continents. L'activit&#233; qui s'est d&#233;velopp&#233;e sous ce parapluie est embl&#233;matique de la complexit&#233; du monde des communaut&#233;s virtuelles et d'une forme d&#233;butante d'intervention politique aux caract&#233;ristiques tr&#232;s diff&#233;rentes de celles que nous avions connues auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'APC joua un r&#244;le tr&#232;s important lors de la Conf&#233;rence Mondiale sur l'Environnement et le D&#233;veloppement, plus connue comme Sommet de la Terre, qui eut lieu &#224; Rio-de-Janeiro en 1992. Sur le campus du Forum Global (conf&#233;rence alternative &#224; la conf&#233;rence officielle), on installa des salles bourr&#233;es d'ordinateurs o&#249; l'on enseigna &#224; des centaines d'ONG venues de toute la plan&#232;te, &#224; utiliser l'internet. Pendant les ann&#233;es qui ont suivi, des milliers de personnes des cinq continents, constitu&#233;es en CV plus ou moins structur&#233;es, s'organis&#232;rent pour &#233;changer des informations, mirent des projets en marche, canalis&#232;rent des fonds et organis&#232;rent des manifestations, depuis le r&#233;seau. Pendant que les m&#233;dias gardaient un silence honteux sur les politiques d'ajustement structurel de la Banque Mondiale, ces CV &#233;taient parfaitement au courant de leur signification et de leurs cons&#233;quences, du r&#244;le compl&#233;mentaire du FMI et de l'impact que ces deux entit&#233;s avaient en Inde ou en Am&#233;rique Latine. Cette chaudi&#232;re explosa sept ans plus tard &#224; Seattle, face &#224; la pr&#233;sentation officielle d'une organisation comme l'OMC, qui provenait des non moins myst&#233;rieux voisinages du GATT et du cycle de l'Uruguay. Peu nombreux furent ceux qui, vivant &#224; la surface de la soci&#233;t&#233; &#171; r&#233;elle &#187;, purent comprendre d'o&#249; venait et ce que signifiait ce mouvement qui se nomma lui-m&#234;me - par erreur - antimondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle forme de la vie politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tions-nous devant une nouvelle mani&#232;re de faire de la politique ? C'est possible. Mais pas la politique telle que nous l'avions comprise jusque l&#224;, avec ses caract&#233;ristiques de continuit&#233; dans l'activit&#233;, de s'appuyer sur les acquis (tradition), d'avoir pour but explicite la conqu&#234;te d'espaces sociaux ou administratifs, d'&#233;laborer des programmes d'activit&#233; sur la base des actions accomplies. Ce que l'on ne comprenait pas, - et je crois qu'on ne le comprend toujours pas clairement - c'est que certains traits sp&#233;cifiques d&#233;finissant les CV, instauraient un sc&#233;nario politique diff&#233;rent :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la possibilit&#233; de multiplier les CV ne permettait pas de d&#233;finir clairement un lieu de pouvoir. Ceci &#233;voque la possibilit&#233; de faire cohabiter sur un m&#234;me espace plusieurs &#233;cosyst&#232;mes qui cr&#233;ent des &#171; niches &#187; parfois difficiles &#224; interpr&#233;ter dans une conception syst&#233;mique globale. Une telle multiplicit&#233; posait aussi la question de la nature m&#234;me du pouvoir dont se reclamaient des communaut&#233;s auto-organis&#233;es.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le processus constant, soutenu, incontr&#244;l&#233;, d'extension de la population connect&#233;e, qui d&#233;place sans arr&#234;t la fronti&#232;re entre les acteurs &#171; m&#251;r &#187; des CV, ayant une large exp&#233;rience, conscients de ce que signifie travailler avec les autres, interagir avec les autres, dans des contextes plus ou moins organis&#233;s, et le secteur des &#171; nouveaux arrivants &#187;. Ceci conduit &#224; une r&#233;invention permanente de l'activit&#233; sur le r&#233;seau, ce qui conspire contre l'installation des formes moins organis&#233;es (plus &#233;ph&#233;m&#232;res) de relations sur le r&#233;seau, pour importantes qu'elles soient.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le respect partag&#233; envers les buts et les m&#233;thodologies sur lesquelles les membres se sont mis d'accord. Ceci est la nouvelle &#233;thique, ou l'&#233;thique du r&#233;seau. Pratiquement, il n'existe pas dans le monde physique un espace comparable, dont les occupants ont la possibilit&#233; de v&#233;rifier ce qui arrive, d'examiner la nature des &#233;changes et d'analyser le respect des normes approuv&#233;es collectivement. Ce processus de r&#233;tro alimentation de l'activit&#233; propre sous-tend une forte charge &#233;thique parce que le respect collectif n'est pas partag&#233; uniquement en approuvant une simple d&#233;claration d'intentions, mais se juge sur la forme par laquelle les r&#232;gles se concr&#233;tisent dans les archives communes de la CV, pour ses membres et pour ceux qui ne le sont pas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La valeur des archives o&#249; s'enregistre l'activit&#233; des CV. Ceci est un facteur crucial auquel on ne pr&#234;te pas toujours l'attention voulue. Quand on parle de formes de relation politique, ou d'expression d'une nouvelle &#233;thique des relations, etc... on ne doit pas faire r&#233;f&#233;rence uniquement &#224; une photo fig&#233;e d'une CV r&#233;alis&#233;e avec ceux qui ont eu l'occasion de partager une partie de son trajet. Les archives repr&#233;sentent un facteur p&#233;dagogique de premier ordre pour ceux qui rejoignent progressivement la CV, quelque chose qui n'a pas d'&#233;quivalent dans le monde r&#233;el. Le facteur archive est constitutif de l'organisation, de son histoire, de sa transparence, de son degr&#233; de compr&#233;hension et de sa capacit&#233; &#224; diss&#233;miner son contenu vers d'autres CV ou vers d'autres aires de population connect&#233;e (ou non). De ce point de vue, l'&#233;l&#233;ment technologique de gestion des archives est aussi important que l'est, par exemple, l'organisation de notre biblioth&#232;que personnelle pour permettre &#224; un voisin de la comprendre, non seulement du point de vue de l'organisation formelle des livres, mais aussi de ce qu'ils expriment de notre trajet personnel.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La CV cr&#233;e, finalement, un espace virtuel pour l'apprentissage informel, un environnement que nous ne pouvons rencontrer dans le monde r&#233;el. Il ne s'agit pas de processus d'apprentissage sp&#233;culatif ou intellectuel. Ce qui est d&#233;terminant est l'action collective, dans laquelle se partagent l'information, la connaissance et l'exp&#233;rience, d'une mani&#232;re plus ou moins formalis&#233;e, plus ou moins consensuelle. Les r&#233;flexions partag&#233;es et la m&#233;thode de travail dans un espace virtuel commun font se manifester des &#233;l&#233;ments de connaissance dispers&#233;s, qui se socialisent, s'&#233;changent, se combinent pour engendrer une connaissance op&#233;rationnelle. Les CV m&#251;res ou complexes sont &#233;galement appel&#233;es R&#233;seaux intelligents, pour les raisons suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; leur contenu est li&#233; &#224; des objectifs concrets (intelligence du projet) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; leur contenu ne r&#233;side pas seulement en ce que savent certains de leurs membres mais dans la g&#233;n&#233;ration et la gestion collective de la connaissance qui int&#233;resse la CV (intelligence du travail en collaboration)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; leur contenu d&#233;pend de l'ouverture du collectif vers les autres r&#233;seaux, pour &#233;changer information et savoir, que ces r&#233;seaux soient ou non dans la m&#234;me organisation. (intelligence des interactions en r&#233;seau.)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la difficult&#233; objective pour construire une religion de la CV au sens &#233;tymologique du terme, c'est-&#224;-dire &#171; relier &#187; l'activit&#233; exerc&#233;e dans l'espace virtuel avec ce qui se passe dans le monde r&#233;el. Cette difficult&#233; persiste m&#234;me quand se manifeste dans ce dernier l'&#233;mergence de mouvements sociaux organis&#233;s en r&#233;seaux. Cette difficult&#233; porte atteinte &#224; la construction du concept m&#234;me de &#171; valeur &#187;, qu'il soit pris dans son sens politique, &#233;conomique ou culturel, puisque, en r&#233;alit&#233;, &#171; vapeur &#187; s'appliquerait mieux &#224; notre &#233;poque. De mon point de vue la CV exprime clairement ce caract&#232;re diffus et s'en fait m&#234;me le porte parole.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le point pr&#233;c&#233;dent est crucial car il est li&#233; au transvasement qui peut se faire entre les activit&#233;s d'individus en CV aux caract&#233;ristiques et aux propos diff&#233;rents et une activit&#233; hors r&#233;seau qui instaure un mod&#232;le d'organisation sociale bas&#233;e sur des principes d'autogestion et d'auto organisation. Parfois, vouloir appliquer la m&#234;me &#233;chelle de valeur entre l'une et l'autre, entre le virtuel et le r&#233;el, nous fait perdre de vue jusqu'&#224; quel point ce que nous pourrions appeler &#171; philosophie de la CV &#187; sur le plan organisationnel (auto organisation, autogestion, transparence des comportements, registre historique ouvert &#224; la consultation et &#224; la diss&#233;mination de ses contenus, etc..) permet actuellement des relations sans fin, &#224; toutes les &#233;chelles : individuelles, professionnelles, d'entreprises, gouvernementales et non gouvernementales (ONG), institutionnelles, citoyennes, etc.. Ceci ne signifie pas, bien entendu, qu'un transvasement automatique des formes organisatrices de la CV au monde r&#233;el se produise n&#233;cessairement. Il en va de m&#234;me pour les formes organisatrices du monde r&#233;el qui entrent imm&#233;diatement en tension et en conflit quand on pr&#233;tend les imposer dans le monde virtuel comme mani&#232;re d'atteindre des buts par l'interaction et le travail collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La typologie des CV est illimit&#233;e, en fonction de leur simplicit&#233; de construction et de d&#233;veloppement : un objectif explicite, un groupe de gens qui se mettent d'accord pour d&#233;velopper cet objectif au moyen d'&#233;changes, une m&#233;thode de travail (qui inclut une possibilit&#233; de mod&#233;ration), un espace virtuel organis&#233; (qui va de la liste de diffusion jusqu'aux environnements virtuels hautement organis&#233;s, avec services d'assistance &#224; la communaut&#233;, consultants, mat&#233;riaux additionnels obtenus sur le web, r&#233;f&#233;rences bibliographiques, connections &#224; d'autres r&#233;seaux ou CV, chercheurs de mat&#233;riaux g&#233;n&#233;r&#233;s par la CV, etc), des dossiers transparents avec diff&#233;rents degr&#233;s d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le territoire susceptible d'&#234;tre colonis&#233; par une CV ne conna&#238;t pas de limites : des groupements spontan&#233;s ou plus ou moins anim&#233;s dans des cadres ouverts &#224; ceux qui s'organisent en entreprises et institutions ; dans les relations entre citoyens ou entre ceux-ci et les administrations publiques ; dans les cadres professionnels ou de loisirs ; pour ceux qui poursuivent des objectifs sociaux, &#233;conomiques, culturels ou scientifiques ; tout cela entretient une immense diversit&#233; de crit&#232;res concernant la provenance ou les caract&#233;ristiques des nouvelles CV. En r&#233;alit&#233;, comme nous l'avons dit plus haut, nous parlons d'une cellule de base de production d'information et de connaissance dans la soci&#233;t&#233; de la connaissance, c'est pourquoi nous insistons sur les traits politiques de ce type de production tel qu'il se d&#233;roule dans les CV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au caract&#232;re illimit&#233; de la typologie des CV s'ajoute un autre facteur : son gouvernement. Une question pos&#233;e depuis les r&#232;gles diffuses des premiers BBS proposant des CV organis&#233;es par th&#232;mes, au d&#233;but des CV relatives aux technologies et aux programmes informatiques permettant de cr&#233;er et faire fonctionner des CV dans l'espace virtuel du r&#233;seau, jusqu'aux CV d'une plus grande complexit&#233;, dont le r&#232;glement int&#233;rieur pr&#233;figure les &#233;l&#233;ments avanc&#233;s d'auto gouvernement, de consensus d&#233;mocratique et d'une nouvelle approche de la politique &#224; travers un contexte d&#233;lib&#233;ratif implicite qui &#233;merge fortement dans les moments critiques du fonctionnement d'une CV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#233;rateur a jou&#233; un r&#244;le historique essentiel dans ce gouvernement de la CV. Celui-ci &#233;merge progressivement comme une figure neuve parmi les mod&#232;les de coop&#233;ration asynchrone et d'auto organisation de ce qui, sinon, tendrait au chaos par accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#233;rateur, s'il est arm&#233; d'une m&#233;thodologie de travail claire, est une des rares personnes de la CV qui peut influer sur sa qualit&#233;, son rythme de fonctionnement et la tonalit&#233; des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, la soci&#233;t&#233; de la Connaissance se construit sur la capacit&#233; de cr&#233;er, traiter et transmettre information et connaissance. Cette capacit&#233; implique une nouvelle perception - ou conjugaison - de mots comme productivit&#233;, efficience et rentabilit&#233; des savoirs. L'organisation en Communaut&#233; Virtuelle tend &#224; optimiser la cr&#233;ation, la gestion et la diffusion de la connaissance collective, consid&#233;r&#233;e comme r&#233;sultat des pratiques des membres, ce qui suppose une augmentation de la libert&#233; d'action de chacun d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 avril 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Droits humains</title>
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&lt;p&gt;Dans le terme &#171; droits humains dans la soci&#233;t&#233; de l'information &#187;, il faut distinguer deux expressions-cl&#233; : droits humains et soci&#233;t&#233; de l'information. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;tablir le lien entre une tradition juridique et un concept strat&#233;gique d&#233;fini de mani&#232;re vague &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Droits de l'Homme plongent profond&#233;ment et largement leurs racines dans l'histoire car presque toutes les cultures, les religions et les philosophies int&#232;grent des principes de droits humains, m&#234;me si certaines pratiques s'av&#232;rent par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.a-brest.net/mot12.html" rel="tag"&gt;Creative commons&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le terme &#171; droits humains dans la soci&#233;t&#233; de l'information &#187;, il faut distinguer deux expressions-cl&#233; : droits humains et soci&#233;t&#233; de l'information.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tablir le lien entre une tradition juridique et un concept strat&#233;gique d&#233;fini de mani&#232;re vague&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Droits de l'Homme plongent profond&#233;ment et largement leurs racines dans l'histoire car presque toutes les cultures, les religions et les philosophies int&#232;grent des principes de droits humains, m&#234;me si certaines pratiques s'av&#232;rent par ailleurs incompatibles avec ces m&#234;mes droits. Toutefois, les droits humains font officiellement partie des pr&#233;occupations de la communaut&#233; internationale depuis le 10 d&#233;cembre 1948, jour o&#249; l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Nations Unies adopta la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) &#224; la suite de la Seconde Guerre Mondiale, pour s'assurer qu'une telle horreur ne se reproduirait jamais. La DUDH a depuis servi de fondement &#224; un grand nombre de conventions et de d&#233;clarations internationales, certaines ayant force d'obligation et d'autres &#233;tant des d&#233;clarations politiques, que les &#201;tats membres de l'ONU s'engagent &#224; respecter dans leur l&#233;gislation et leur pratique nationales [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, les droits humains ont &#233;t&#233; cit&#233;s et d&#233;finis dans la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme, le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, et le Pacte International relatif aux Droits &#172;&#201;conomiques, Sociaux et Culturels, comme des droits civiques et politiques des citoyens au m&#234;me titre que leurs droits &#233;conomiques, culturels et sociaux. Au cours de la Conf&#233;rence Mondiale des Nations Unies sur les Droits de l'Homme, qui s'est tenue &#224; Vienne en 1993, la communaut&#233; internationale r&#233;affirma les quatre principes qui r&#233;gissent le concept des droits humains : les droits humains sont universels (ils s'appliquent &#224; tous sans exception), indivisibles (ils ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s ind&#233;pendamment les uns des autres), inter-reli&#233;s (ils s'influencent les uns les autres) et interd&#233;pendants (un droit ne peut &#234;tre pleinement respect&#233; si tous les autres droits ne le sont pas) [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme soci&#233;t&#233; de l'information est n&#233; d'un projet universitaire remontant au milieu des ann&#233;es soixante-dix [3] et relanc&#233; par un projet am&#233;ricano-europ&#233;en de privatisation et de lib&#233;ralisation mondiales du secteur des t&#233;l&#233;communications. En 1994, le Vice-pr&#233;sident am&#233;ricain Al Gore annon&#231;a la cr&#233;ation d'une &#171; Infrastructure Mondiale de l'Information &#187;, et cette annonce fut suivie au niveau europ&#233;en par la publication vers le milieu des ann&#233;es quatre-vingt-dix d'un certain nombre de livres blancs et de rapports, dont le tr&#232;s c&#233;l&#232;bre Rapport Bangemann du Groupe d'Experts de Haut Niveau en 1994. &#171; Soci&#233;t&#233; de l'information &#187; s'est rapidement impos&#233; comme terme officiel consacr&#233; pour d&#233;signer les nombreux changements politiques, &#233;conomiques, scientifiques et sociaux li&#233;s &#224; la mondialisation et &#224; l'infrastructure des communications [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de la soci&#233;t&#233; civile, plusieurs ONG am&#233;ricaines et europ&#233;ennes en particulier, se consacrent depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt-dix aux probl&#232;mes sp&#233;cifiques rencontr&#233;s par les droits humains dans un environnement num&#233;rique, et notamment la protection du domaine priv&#233; et la libert&#233; d'expression. Cette pr&#233;dominance am&#233;ricano-europ&#233;enne des d&#233;buts a aujourd'hui c&#233;d&#233; la place &#224; un nombre toujours croissant de groupes de la soci&#233;t&#233; civile originaires du monde entier, qui m&#232;nent des campagnes d'analyse et de politique g&#233;n&#233;rale en faveur des droits humains fondamentaux dans un environnement num&#233;rique [5]. L'un des plus grands r&#233;seaux de ce type est le GILC (Campagne internationale pour la libert&#233; sur Internet), une organisation chapeautant actuellement plus de 60 organisations membres [6]. Toutefois, bien avant la naissance de la communaut&#233; consacr&#233;e aux &#172;&#171; cyberdroits &#187; et tourn&#233;e plus particuli&#232;rement vers Internet, plusieurs mouvements sociaux avaient soulev&#233; la question de la propri&#233;t&#233; de l'information et des m&#233;dias, et de l'acc&#232;s &#224; la communication [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le processus du Sommet Mondial sur la Soci&#233;t&#233; de l'Information (SMSI) fut lanc&#233; en 2002, l'une de ses principales contributions consista &#224; cr&#233;er et mettre &#224; disposition un espace mondial dans lequel tous ces groupes de la soci&#233;t&#233; civile pouvaient se rencontrer et se trouvaient oblig&#233;s de travailler ensemble puisqu'ils &#233;taient parties prenantes d'un processus officiel de l'ONU s'exprimant d'une seule voix - celle de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; [8]. Qu'il s'agisse d'apprendre des autres et de constituer un r&#233;seau &#224; l'&#233;chelle mondiale ou bien d'inscrire les droits humains au programme de la soci&#233;t&#233; de l'information [9], le processus du SMSI joua un r&#244;le essentiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dignit&#233;, libert&#233; et &#233;quit&#233; de tous les &#234;tres humains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de d&#233;finition unique du concept relativement large des &#171; droits humains dans la soci&#233;t&#233; de l'information &#187;, bien que de nombreux documents d&#233;signent les droits humains comme le fondement de l'&#226;ge de l'information. Le concept des droits humains dans la soci&#233;t&#233; de l'information renvoie au moins &#224; deux notions : la premi&#232;re fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'aide que la technologie peut apporter aux d&#233;fenseurs des droits humains. On ne compte plus en effet les exemples sur la mani&#232;re dont Internet a permis &#224; des groupes opprim&#233;s de communiquer, ou &#224; des d&#233;fenseurs des droits humains de d&#233;noncer des violations et faire campagne par-del&#224; les fronti&#232;res, informer le monde et b&#233;n&#233;ficier de soutien pour renforcer leur action [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde notion, qui nous int&#233;resse plus particuli&#232;rement ici, concerne la protection et le respect des Droits de l'Homme &#224; un moment o&#249; les nouveaux moyens de communication bouleversent radicalement notre mani&#232;re de vivre, de travailler et d'&#233;voluer. Les Droits de l'Homme sont sujets &#224; une interpr&#233;tation variable, et ils pr&#233;sentent l'avantage de pouvoir &#234;tre reconnus comme normes dans un contexte donn&#233;, &#224; un moment donn&#233;. Pour cela, il faut analyser de quelle mani&#232;re les d&#233;veloppements actuels ont une incidence, dans quelle mesure la quintessence d'un droit pr&#233;cis est potentiellement menac&#233;e et comment prot&#233;ger ce droit, et surtout dans quelle mesure le syst&#232;me de protection existant est adapt&#233; et efficace compte tenu des r&#233;alit&#233;s des nouveaux d&#233;veloppements technologiques. L'ensemble international des Droits de l'Homme est ainsi en &#233;volution perp&#233;tuelle pour se prot&#233;ger des nouvelles menaces et saisir les nouvelles occasions d'&#233;largissement qui se pr&#233;sentent. D'un point de vue historique, cette &#233;volution a toujours r&#233;sult&#233; de luttes sociales men&#233;es par diff&#233;rents groupes et dans des conjonctures historiques particuli&#232;res. La codification relativement r&#233;cente des droits des femmes et des droits des peuples autochtones en apporte un bon exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile pr&#233;sents au SMSI ont insist&#233; sur le fait que l'application du cadre des Droits de l'Homme &#224; la soci&#233;t&#233; de l'information impliquait de prendre la dignit&#233;, la libert&#233; et l'&#233;quit&#233; de tous les &#234;tres humains, et non des consid&#233;rations technologiques, comme point de d&#233;part de r&#233;f&#233;rence. Il faut donc d&#233;terminer les valeurs de base vers lesquelles nous souhaitons orienter la soci&#233;t&#233; de l'information, et nous assurer qu'elles continuent d'&#234;tre respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux d&#233;fis pos&#233;s par les nombreux changements de la soci&#233;t&#233;, que nous appelons la soci&#233;t&#233; de l'information, consiste en le respect de la dignit&#233;, la libert&#233; et l'&#233;quit&#233; des &#234;tres humains dans un environnement o&#249; la technologie se fait de plus en plus envahissante, o&#249; des mesures pour le contr&#244;le, la propri&#233;t&#233; et la surveillance de l'information sont de plus en plus strictes, et o&#249; l'in&#233;galit&#233; appara&#238;t de plus en plus &#172;marqu&#233;e [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; de l'information se caract&#233;rise par plusieurs tendances qui posent des probl&#232;mes voire, dans de nombreux cas, mettent s&#233;rieusement en danger une soci&#233;t&#233; de l'information bas&#233;e sur les droits humains. Parmi ces dangers, citons l'extension des r&#233;gimes pour la propri&#233;t&#233; et la gestion de l'information (copyright, brevets, accords commerciaux, mesures techniques de protection) ; les progr&#232;s rapides dans la surveillance, le profilage et la conservation des donn&#233;es personnelles (l&#233;gislation anti-terroriste, dispositifs d'identification de fr&#233;quences radio, IPV6, etc.) [12] ; et les nouveaux moyens de censure et de blocage des informations (pare-feu et filtres install&#233;s par les &#201;tats ; licences de fourniture d'acc&#232;s &#224; Internet), pour n'en mentionner que quelques-uns [13].&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cadre des Droits de l'Homme est en constante &#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance des droits humains comme principe de base de la soci&#233;t&#233; de l'information a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e, apr&#232;s de nombreuses n&#233;gociations, dans le compte-rendu officiel du sommet SMSI de Gen&#232;ve. La D&#233;claration de Principes [14] dans l'Article 1 &#233;voque une soci&#233;t&#233; de l'information &#171; respectant pleinement et mettant en &#339;uvre la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme &#187;. Le point de vue exprim&#233; par la D&#233;claration souligne aussi que les Droits de l'Homme sont universels, indivisibles, &#233;troitement li&#233;s et interd&#233;pendants, comme la D&#233;claration et le Programme d'Action de Vienne le r&#233;affirment. En d'autres termes, les droits humains dans la soci&#233;t&#233; de l'information ne se limitent pas uniquement &#224; des droits civiques et politiques, comme la libert&#233; d'expression, la libert&#233; de rassemblement, le droit &#224; un proc&#232;s &#233;quitable ou le droit au respect de sa vie priv&#233;e, mais ils comprennent des droits sociaux et &#233;conomiques comme le droit &#224; un niveau de vie d&#233;cent, le droit &#224; l'&#233;ducation, &#224; la sant&#233;, &#224; b&#233;n&#233;ficier des progr&#232;s scientifiques, etc. Il s'agit d'un point &#224; ne pas n&#233;gliger, dans la mesure o&#249; certains groupes de la soci&#233;t&#233; civile tendent &#224; consid&#233;rer les droits humains comme secondaires par rapport au d&#233;veloppement, plut&#244;t que comme un principe de base pour n'importe quelle soci&#233;t&#233;, ind&#233;pendamment de son niveau de d&#233;veloppement. En m&#234;me temps, quelques organisations de la soci&#233;t&#233; civile, notamment originaires des pays du Nord, ont une compr&#233;hension &#233;troite des droits humains, et elles se concentrent en priorit&#233; sur les droits civiques et politiques - ou seulement sur la libert&#233; d'expression [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;claration de Principes de Gen&#232;ve affirme que la soci&#233;t&#233; de l'information ne doit entra&#238;ner ni discrimination ni privation des droits humains, et que les &#201;tats doivent donc veiller &#224; ce que la soci&#233;t&#233; de l'information participe &#224; la d&#233;fense et au respect de tous les droits humains [16]. Toutefois, comme le pr&#233;cisa le Haut Commissaire par int&#233;rim des Nations Unies pour les Droits de l'Homme alors en fonction, il n'existe pas encore de r&#233;ponse concert&#233;e sur la mani&#232;re de relever ce d&#233;fi : &#171; Nous cherchons &#224; &#233;difier une Soci&#233;t&#233; de l'Information centr&#233;e sur les peuples et les individus, o&#249; la dignit&#233; humaine est strictement respect&#233;e, et qui reconna&#238;t les Droits de l'Homme comme principes de base. Comment s'assurer au mieux que ces principes se retrouvent dans la Soci&#233;t&#233; de l'Information ? Comment faire le meilleur usage possible des technologies d'information et de communication, qui sont les outils et les composantes essentiels de cet effort ? Ces questions attendent notre r&#233;ponse, notre engagement et notre action concert&#233;e &#187; [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue juridique, la nature transnationale d'Internet pose de nombreux probl&#232;mes de r&#233;glementation. Les accords internationaux sont en effet traditionnellement bas&#233;s sur le principe de la juridiction territoriale, alors qu'Internet est un lieu de communication &#224; l'&#233;chelle mondiale. L'un des d&#233;bats actuels les plus passionn&#233;s porte sur la question des droits humains et de la gouvernance d'Internet, et cherche &#224; d&#233;terminer dans quelle mesure les m&#233;canismes actuels de gouvernance d'Internet influent sur les Droits de l'Homme. De nombreux groupes de la soci&#233;t&#233; civile soutiennent entre autres que les droits humains comme la protection du domaine priv&#233;, la libert&#233; d'expression, l'acc&#232;s &#224; l'information et les connaissances appartenant au domaine public sont remis en question par les structures actuelles de gouvernance. En outre, il faut r&#233;former les structures existantes, &#233;tant donn&#233; que la gestion des noms de domaine est confi&#233;e &#224; une entit&#233; priv&#233;e domin&#233;e par un nombre limit&#233; de pays et bas&#233;e sur un contrat avec un seul gouverne&#172;ment (en l'occurence, celui des &#201;tats-Unis). Du point de vue des droits humains, les n&#233;gociations en cours doivent d&#233;boucher sur de futurs m&#233;canismes de gouvernance d'Internet respectueux des droits humains, tant par leur composition et leurs structures directrices que par l'&#233;valuation r&#233;guli&#232;re de leurs d&#233;cisions. &#171; Chaque &#201;tat a la responsabilit&#233; de s'assurer que les m&#233;canismes de gouvernance d'Internet sont conformes aux droits humains fondamentaux, qu'il existe des moyens pour faire respecter ceux-ci, et que les gouvernements peuvent &#234;tre tenus responsables des violations des droits humains, y compris devant des tribunaux internationaux. Les m&#233;canismes de gouvernance d'Internet peuvent et doivent contribuer &#224; la d&#233;fense des Droits de l'Homme en mettant en place un environnement favorable &#224; la protection et &#224; l'application des droits humains fondamentaux et des principes d&#233;mocratiques d'inclusivit&#233;, de transparence, de contr&#244;les et bilans, et le respect de la loi. &#187; [18]. La communication par Internet est progressivement accept&#233;e comme un bien commun au monde entier, ce qui implique que tous les pays devraient pouvoir participer de mani&#232;re effective aux d&#233;cisions concernant la jouissance de ce bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre d&#233;bat porte sur la campagne mondiale CRIS (Communication Rights in the Information Society). La campagne de CRIS a soulev&#233; les probl&#232;mes de la propri&#233;t&#233; du savoir et de la diversit&#233; des m&#233;dia dans le cadre de la soci&#233;t&#233; de l'information, et a r&#233;clam&#233; la reconnaissance d'un nouveau droit humain : le droit &#224; la communication. De nombreux groupes de d&#233;fense des Droits de l'Homme ont r&#233;pondu que ces questions pouvaient et devaient trouver des r&#233;ponses au sein du cadre existant des Droits de l'Homme. Le droit &#224; la communication ne devrait pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un droit nouveau et ind&#233;pendant, mais plut&#244;t comme une notion plus large, celle des droits de la communication, qui englobent la mise en pratique effective d'un ensemble de droits existants apparent&#233;s [19].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi mentionner la lutte pour s'assurer que travailler pour et avec les Droits de l'Homme dans la soci&#233;t&#233; de l'information ne se limite pas uniquement &#224; prot&#233;ger des droits humains fondamentaux d&#233;j&#224; &#233;tablis, mais consiste aussi &#224; veiller &#224; une mise en pratique et une promotion r&#233;elles des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les menaces que les progr&#232;s technologiques font peser sur le respect du domaine priv&#233;, il faudrait &#233;tablir un cadre juridique et politique strict qui doit &#234;tre cr&#233;&#233; en amont au moyen d'estimations de l'impact sur le respect du domaine priv&#233;, et pas uniquement une fois que les dangers se sont manifest&#233;s dans notre vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est urgent sur nous cherchions toujours &#224; amener les peuples et les pays au plus pr&#232;s des normes &#233;nonc&#233;es dans les trait&#233;s sur les droits humains, et &#224; &#233;valuer la mise en &#339;uvre et le respect des droits humains dans chaque pays au moyen de points de r&#233;f&#233;rence et d'indicateurs. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le processus du SMSI a fait preuve d'une faible volont&#233; politique &#224; relever ce d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Note de l'&#233;diteur] Les termes &#171; Droits humains &#187; et &#171; Droits de l'Homme &#187; sont utilis&#233;s dans la traduction fran&#231;aise pour rendre l'expression anglaise &#171; Human Rights &#187;, selon qu'ils renvoient &#224; l'architecture juridique internationale ou &#224; une conception plus philosophique et &#233;thique, pr&#233;alable aux &#233;volutions du droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
17 avril 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Logiciel libre</title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2469.html</link>
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&lt;p&gt;Nous vivons une p&#233;riode historique appel&#233;e &#171; &#232;re de l'information &#187;. Dans cette phase du d&#233;veloppement capitaliste, nous coexistons avec une r&#233;volution technologique qui comporte, comme &#233;l&#233;ment central, la technologie de l'information et de la communication. La r&#233;volution num&#233;rique, ou la soci&#233;t&#233; de l'information, est le r&#233;sultat de stimulations contradictoires provoqu&#233;es, d'une part, par les grands int&#233;r&#234;ts du capitalisme international qui cherche &#224; viabiliser ladite mondialisation de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons une p&#233;riode historique appel&#233;e &#171; &#232;re de l'information &#187;. Dans cette phase du d&#233;veloppement capitaliste, nous coexistons avec une r&#233;volution technologique qui comporte, comme &#233;l&#233;ment central, la technologie de l'information et de la communication. La r&#233;volution num&#233;rique, ou la soci&#233;t&#233; de l'information, est le r&#233;sultat de stimulations contradictoires provoqu&#233;es, d'une part, par les grands int&#233;r&#234;ts du capitalisme international qui cherche &#224; viabiliser ladite mondialisation de l'&#233;conomie et, d'autre part, par la capacit&#233; cr&#233;ative et l'esprit libertaire des hackers. Ce sont les hackers qui, volontairement dans la plupart des cas, ont pratiquement cr&#233;&#233; tout ce qui fait fonctionner l'Internet. Les protocoles TCP/IP [1], WWW (world wide web)[2], DNS[3], DHCP[4], FTP[5] et le courrier &#233;lectronique ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s par des hackers et mise &#224; la disposition de toute l'humanit&#233; pour un usage libre. Le d&#233;veloppement de l'Internet est le meilleur exemple de la capacit&#233; d'innovation des technologies libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont &#233;galement les hackers qui, dans les ann&#233;es 80, ont commenc&#233; &#224; mettre en place le &#171; Mouvement du logiciel libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, dans les ann&#233;es 90, les grandes corporations transnationales ont r&#233;agi dans une optique d'appropriation et de contr&#244;le de toute la technologie d&#233;velopp&#233;e. Dans cette strat&#233;gie, de gros investissements dudit &#171; capital risque &#187; sp&#233;culatif ont &#233;t&#233; consentis et le poids de ces m&#233;gacorporations est entr&#233; en jeu mais, et c'est contradictoire, ceux-ci ont contribu&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive &#224; l'expansion de la Toile mondiale et &#224; la consolidation de la r&#233;volution num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'Internet maintient jusqu'&#224; aujourd'hui son caract&#232;re original : libre, d&#233;centralis&#233;, multifonctionnel et, jusqu'&#224; pr&#233;sent, incontr&#244;lable, ce qui en fait un &#171; espace de dispute &#187;. D'un c&#244;t&#233;, les puissants int&#233;r&#234;ts politiques, financiers et commerciaux qui con&#231;oivent leur principale fonction comme celle de surveiller, contr&#244;ler, annoncer et vendre. De l'autre, les int&#233;r&#234;ts citoyens et d&#233;mocratiques qui aspirent &#224; le transformer en un instrument au service de la d&#233;mocratie, du d&#233;veloppement durable, de l'innovation, de la science, de la culture, de l'&#233;ducation et de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des &#233;l&#233;ments cl&#233; de cette dispute est le contr&#244;le par le langage du xxie si&#232;cle : le code source. Les corporations monopolistes d&#233;sirent &#171; contr&#244;ler &#187; l'innovation technologique gr&#226;ce &#224; l'emprisonnement de ces codes, conservant ainsi les programmes informatiques comme leur propri&#233;t&#233; et s'appropriant des &#339;uvres intellectuelles et culturelles (musique, films, livres). D'autre part, le mouvement pour la libert&#233; de savoir et le mouvement du logiciel libre, qui lib&#232;rent le savoir emprisonn&#233; par les vrais &#171; pirates &#187;, parient sur l'&#233;volution et l'innovation comme une forme de socialisation des b&#233;n&#233;fices de la r&#233;volution num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire du logiciel libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le contexte concret de l'informatique, un ph&#233;nom&#232;ne ancien se reproduit depuis les ann&#233;es 80 : le savoir, transmis par un code de langage &#233;crit, est gard&#233; jalousement par des &#233;l&#233;ments qui l'utilisent pour maintenir une structure de pouvoir tout au long des si&#232;cles. Dans les ann&#233;es 60 et 70, le d&#233;veloppement de l'informatique &#233;tait d&#251;, en partie, au fait que les techniciens partageaient leurs connaissances. Les codes des programmes informatiques &#233;taient partag&#233;s, de sorte que les id&#233;es des uns &#233;taient utilis&#233;es par les autres afin d'am&#233;liorer lesdits programmes. Actuellement, une grande partie des applications informatiques que nous utilisons ont un code inaccessible, qui n'appartient qu'&#224; leurs propri&#233;taires ; c'est pourquoi nous ne pouvons ni les copier ni partager leur d&#233;veloppement. Seuls les propri&#233;taires peuvent les modifier et les am&#233;liorer. Si cela les int&#233;resse, bien s&#251;r &#187;.[6] Le co&#251;t &#233;lev&#233; des logiciels utilis&#233;s par les &#173;ordinateurs et le &#173;verrouillage du libre savoir scientifique et technologique impos&#233; par les licences propri&#233;taires ont engendr&#233; des difficult&#233;s allant jusqu'&#224; emp&#234;cher certaines r&#233;gions de la plan&#232;te de b&#233;n&#233;ficier de cette r&#233;volution pour fournir une meilleure qualit&#233; de vie &#224; leurs habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Richard Stallman [7](RMS) a commenc&#233; &#224; travailler au laboratoire d'intelligence artificielle du MIT, en 1971, il a int&#233;gr&#233; une communaut&#233; qui partageait ses logiciels depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;. D'apr&#232;s RMS, &#171; le partage du logiciel n'&#233;tait pas limit&#233; &#224; sa communaut&#233; ; c'est une notion aussi ancienne que les premiers ordinateurs &#187;. Au d&#233;but, cette communaut&#233; ne qualifiait pas ses programmes de &#171; logiciels libres &#187; puisque, d'apr&#232;s RMS, cette expression n'existait pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de logiciel libre est apparu au cours des ann&#233;es 70, aux &#233;tats-Unis, en particulier dans les laboratoires du MIT - le Massachusetts Institute of Technology[8]. Richard Stallman ne se rappelle pas exactement quand l'expression a &#233;t&#233; adopt&#233;e mais &#171; ce terme &#233;tait d&#233;j&#224; courant au MIT &#187; quand a &#233;t&#233; lanc&#233;, en 1984, le Manifeste GNU [9] &#224; l'origine du Mouvement du logiciel libre. On ne conna&#238;t pas non plus l'/les auteur/s de cette expression mais celle-ci a pris de l'ampleur et de la notori&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; Richard Stallman qui l'a utilis&#233;e depuis le d&#233;but.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques raisons pour lesquelles il convient d'utiliser un logiciel libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Question macro&#233;conomique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil, par exemple, transf&#232;re vers l'ext&#233;rieur plus d'un milliard de dollars par an pour le paiement de licences de logiciels, dans un march&#233; int&#233;rieur qui d&#233;place chaque ann&#233;e trois milliards de dollars. Ceci signifie qu'un tiers de ce que mobilise l'industrie du logiciel au Br&#233;sil est transf&#233;r&#233;, sous forme de paiement de royalties, aux m&#233;gaentreprises monopolistiques de logiciels situ&#233;es &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233;, outre le fait qu'elle entra&#238;ne une augmentation du d&#233;ficit de la balance internationale des services, rend impossible le d&#233;veloppement des services informatiques au Br&#233;sil. Dans ce pays, seul 8,6% de la population est reli&#233; &#224; l'internet &#224; domicile et, selon les donn&#233;es officielles, plus de 53% de ces utilisateurs &#173;utilisent des logiciels ill&#233;gaux, c'est-&#224;-dire, sans l'autorisation des propri&#233;taires. Ils sont donc consid&#233;r&#233;s comme des d&#233;linquants en vertu des lois r&#233;gissant la propri&#233;t&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour maintenir l'actuel &#171; march&#233; l&#233;gal &#187; des logiciels, qui n'atteint que 4% de la population br&#233;silienne, nous devons transf&#233;rer vers l'ext&#233;rieur plus du double du budget annuel du programme &#171; Faim z&#233;ro &#187; [10], dans un pays o&#249; 22.000.000 de personnes ont faim et 44.000.000, 1/3 de la population, vivent en dessous du seuil de pauvret&#233;. Il est injustifiable, pour les pays en voie de d&#233;veloppement, d'adopter le mod&#232;le du logiciel propri&#233;taire dans les programmes de la soci&#233;t&#233; de l'information.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;curit&#233; et confidentialit&#233; des informations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions de la s&#233;curit&#233; et de la confidentialit&#233; sont aussi des facteurs importants dans le choix du logiciel libre. Une plate-forme technologique doit garantir la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information et la confidentialit&#233; des donn&#233;es des utilisateurs. Pour cela, il est imp&#233;ratif de disposer de l'acc&#232;s au code source des programmes. Sans code source, il est impossible de surveiller les programmes pour v&#233;rifier s'ils ne font que ce que le fabriquant a demand&#233; de faire, s'il n'y a pas de &#171; programme espion &#187; qui violerait la confidentialit&#233; des informations. En outre, sans code source il est impossible de corriger les erreurs du programme sans contacter le fabricant propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Autonomie et ind&#233;pendance technologique&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capital principal de la r&#233;volution num&#233;rique et de la soci&#233;t&#233; de l'information est justement le savoir num&#233;rique. Les exclus num&#233;riques sont ceux qui n'ont pas acc&#232;s au savoir num&#233;rique. Comment penser &#224; l'inclusion d'un quelconque pays dans la soci&#233;t&#233; du savoir, sans que les universit&#233;s, &#233;coles, entreprises, centres de recherches, gouvernements et soci&#233;t&#233;s n'aient une connaissance compl&#232;te de la technologie qui est diss&#233;min&#233;e ? C'est pourquoi n'importe quel programme d'inclusion num&#233;rique ou d'insertion dans la soci&#233;t&#233; de l'information n'est coh&#233;rent que s'il est r&#233;alis&#233; avec un logiciel libre. Les programmes d'inclusion num&#233;rique, r&#233;alis&#233;s avec un logiciel secret et propri&#233;taire sont, en v&#233;rit&#233;, des programmes d' &#171; exclusion &#187; du savoir num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons &#234;tre plus que de simples consommateurs de produits et de technologies propri&#233;taires. Les pays et leurs habitants ont le droit d'&#234;tre des sujets actifs de la soci&#233;t&#233; de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ind&#233;pendance des fournisseurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons le droit de savoir ce que nous utilisons ou achetons. Les d&#233;pendances technologiques caus&#233;es par les plates-formes propri&#233;taires inhibent la concurrence, rendent le contenu du produit achet&#233; tout &#224; fait opaque et instaurent une exclusivit&#233; de march&#233; pour la soci&#233;t&#233; qui a vendu le produit au consommateur. Le logiciel libre donne une plus grande ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du fournisseur de solution. Le citoyen qui utilise une solution logiciel libre a acc&#232;s au code source et aux quatre libert&#233;s de base du logiciel libre. Il n'est donc pas d&#233;pendant de celui qui a d&#233;velopp&#233; la solution originelle car il dispose du code source. L'utilisation d'un logiciel propri&#233;taire revient, par exemple, &#224; utiliser un m&#233;dicament sans avoir le droit d'en conna&#238;tre la formule chimique. Ou encore, &#224; acheter des aliments industriels sans avoir le droit d'en conna&#238;tre les ingr&#233;dients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Partage du savoir &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les pays moins d&#233;velopp&#233;s ou en voie de d&#233;veloppement aient la possibilit&#233; de franchir une &#233;tape historique de d&#233;pendance et de subordination sur la sc&#232;ne mondiale, les lois et trait&#233;s internationaux actuels de brevets, copyright et marques, prot&#233;g&#233;s par l'id&#233;ologie de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, doivent &#234;tre modifi&#233;s et assouplis. &#224; l'origine, le discours de l'id&#233;ologie de la propri&#233;t&#233; intellectuelle visait &#224; favoriser la libert&#233; de cr&#233;ation, stimuler les inventeurs et promouvoir les b&#233;n&#233;fices pour la soci&#233;t&#233;. Aujourd'hui, c'est devenu un march&#233; exclusif pour les pays centraux et leurs monopoles. Des solutions de rechange comme les licences &#171; copyleft &#187;[11], GPL - General Public License [12] et Creative Commons [13] fonctionnent dans la perspective de la libert&#233; et du partage du savoir, en donnant un sens positif et actuel, syntonis&#233; avec les nouvelles possibilit&#233;s offertes par la r&#233;volution num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;fis et perspectives du logiciel libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logiciel libre, m&#234;me s'il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; et inspir&#233; par les concepts libertaires des hackers, est avant tout une technologie. Le logiciel libre, en tant que technologie, n'est pas de gauche ni incompatible avec le capitalisme. Selon Manuel Castells [14], &#171; le logiciel libre est incompatible avec les corporations monopolistes, comme Microsoft. Il est &#233;galement incompatible avec les gouvernements r&#233;pressifs qui veulent contr&#244;ler la libert&#233;, qu'ils soient de droite ou de gauche. Mais il n'est pas incompatible avec IBM et ce n'est pas un organe r&#233;volutionnaire mondial. Il n'est pas incompatible non plus avec les gouvernements d&#233;mocratiques, qui veulent d&#233;velopper la cr&#233;ativit&#233; des jeunes. Mais je ne ferai pas d'analogie entre le logiciel libre et un mouvement de gauche. C'est quelque chose de beaucoup plus vaste que &#231;a. Ses valeurs sont des valeurs de transformation sociale et je les trouve plus proches de l'anarchisme. L'id&#233;ologie qui sous-tend le logiciel libre est, &#224; mon avis, anti-autoritaire et pour la libert&#233;. D'apr&#232;s moi, ces id&#233;es sont r&#233;volutionnaires. Mais il faut les diff&#233;rencier de l'expression politique organis&#233;e de gauche. Le mouvement logiciel libre est plus &#233;tendu que le mouvement anticapitaliste et il peut trouver des alli&#233;s dans le capitalisme. Ce qu'il y a de commun, c'est l'id&#233;e de libert&#233; et ils sont dispos&#233;s &#224; l'accepter. Cela est tr&#232;s r&#233;volutionnaire et donc, au fond, les grandes puissances mondiales ne sont pas dispos&#233;es &#224; accepter cette libert&#233;. &#187;[15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de pr&#233;ciser que les millions de hackers d&#233;veloppeurs de logiciels ne le font pas tous par id&#233;ologie ou comme un acte libertaire conscient. La majorit&#233; d'entre ne sont pas non plus des militants sociaux ; ce sont des &#171; techniciens b&#233;n&#233;voles &#187; qui respectent les principes des licences et du partage du savoir, qui peuvent se mettre au service tant des grandes multinationales que des organisations sociales &#171; altermondialistes &#187;, qui d&#233;sirent construire un &#171; autre monde possible &#187;, inspir&#233;es par le mouvement du Forum social mondial.[16]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement vrai que la grande majorit&#233; des organisations sociales et la quasi-totalit&#233; des partis de gauche n'ont pas encore incorpor&#233; les d&#233;fis de l' &#171; &#232;re de l'information &#187; dans leur programme de lutte et leur pratique quotidienne. D'apr&#232;s le Ministre de la culture et musicien br&#233;silien, Gilberto Gil [17], s'exprimant sur son exp&#233;rience au 5e Forum social mondial, &#171; un de ces paradoxes est la coexistence quotidienne entre le discours politique le plus archa&#239;que, la forme la plus byzantine et le contenu le plus byzantin, le programme le plus ancien et le plus d&#233;pass&#233;, l'attitude la plus ancienne et la plus d&#233;pass&#233;e et les formes contemporaines, les contenus, les programmes et les attitudes les mieux syntonis&#233;s avec notre &#233;poque. La coexistence entre l'analogique et le num&#233;rique, entre la faucille et le marteau et les &#233;changes virtuels. On trouve de l'espace, et probablement du sens, dans tout cela, peut-&#234;tre parce que l'impulsion premi&#232;re du changement, de la transformation et du progr&#232;s se trouve, ou s'est trouv&#233;e un jour, dans la gen&#232;se de tous les mouvements de contestation de l'ordre &#233;tabli et de construction d'ordres nouveaux. L'impulsion fondamentale de d&#233;passement, d'aventure et de p&#232;lerinage que l'on trouve, aujourd'hui et hier, dans chaque pas en avant de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes et les organisations qui constituent le Forum social mondial ont donc une base commune, m&#234;me si les langues, les visions, les m&#233;thodes et les pratiques sont diff&#233;rentes. Voil&#224; ce qui explique la coexistence pacifique et stimulante entre des programmes si disparates, par exemple, le programme de cette rencontre sur la r&#233;volution num&#233;rique et les nouveaux r&#233;seaux, et les programmes des partis marxistes traditionnels &#187;.[18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous qui voulons une nouvelle soci&#233;t&#233; de l'information plus juste et solidaire et qui luttons pour y parvenir, le principal d&#233;fi est d'extrapoler l'univers de ce d&#233;bat bien au-del&#224; de la sph&#232;re &#233;lististe de &#171; l'information society &#187; et de sensibiliser les organisations sociales qui luttent pour des changements structurels sur cette plan&#232;te pour qu'elles actualisent leur discours, leurs pratiques et programmes politiques, en y incluant les questions de la r&#233;volution num&#233;rique avec la priorit&#233; qui lui revient au xxie si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous ne r&#233;ussissons pas &#224; accomplir cette t&#226;che, les r&#233;alisations et le mouvement du logiciel libre lui-m&#234;me seront phagocyt&#233;s par le capitalisme mondialis&#233;, et les pratiques transformatrices de ce mouvement dispara&#238;tront vite. Une &#171; nouvelle soci&#233;t&#233; de l'information est possible &#187; mais elle n'est pas garantie en tant que cours unique de l'histoire. Elle d&#233;pendra du r&#233;sultat des diff&#233;rentes disputes auxquelles nous devrons faire face et, partant, de notre capacit&#233; d'&#233;largissement des th&#232;ses et pratiques libertaires du logiciel libre &#224; la soci&#233;t&#233; &#173;mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Annexes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finitions du logiciel libre et du logiciel &#224; code source ouvert (open source)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine du terme &#171; Free software &#187; vient de l'anglais et comme dans cette langue, free signifie libre comme dans freedom (libert&#233;) mais aussi gratuit, son histoire est parsem&#233;e de nombreuses erreurs d'interpr&#233;tation quant &#224; son sens v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme logiciel libre appliqu&#233; correctement fait r&#233;f&#233;rence &#224; &#171; libre &#187; de libert&#233; et n'a rien &#224; voir avec le prix ou la gratuit&#233;. Un logiciel libre peut &#234;tre distribu&#233; gratuitement mais il peut &#233;galement &#234;tre vendu. Il n'y a pas de contradiction entre logiciel libre et logiciel commercial. La contradiction se situe entre le logiciel libre et le logiciel propri&#233;taire [19], deux concepts antagoniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un logiciel libre, selon la d&#233;finition de la &#171; Free Software Foundation &#187; [20], doit forc&#233;ment contenir les quatre libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de &#171; logiciel libre &#187; est une question de libert&#233; et non de prix. Pour le comprendre, pensez &#224; la &#171; libert&#233; d'expression &#187; et non &#224; &#171; une bi&#232;re gratuite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; logiciel libre &#187; fait r&#233;f&#233;rence &#224; la libert&#233; pour tous les utilisateurs d'ex&#233;cuter, de copier, de distribuer, d'&#233;tudier, de modifier et d'am&#233;liorer le logiciel. Plus pr&#233;cis&#233;ment, elle fait r&#233;f&#233;rence aux quatre libert&#233;s pour les utilisateurs du logiciel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'ex&#233;cuter le programme, pour tous les usages (libert&#233; 0.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'&#233;tudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter &#224; ses besoins (libert&#233; 1) ; pour cela, l'acc&#232;s au code source est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; de redistribuer des copies, donc d'aider son voisin, (libert&#233; 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'am&#233;liorer le programme et de publier ses am&#233;liorations, pour en faire profiter toute la communaut&#233; (libert&#233; 3) ; pour cela, l'acc&#232;s au code source est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme est un logiciel libre si les utilisateurs ont toutes ces libert&#233;s. Ainsi, vous &#234;tes libre de redistribuer des copies, avec ou sans modification, gratuitement ou non, &#224; tout le monde, partout. &#234;tre libre de faire ceci signifie (entre autre) que vous n'avez pas &#224; demander ou &#224; payer pour en avoir la permission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous devez aussi avoir la libert&#233; de faire des modifications et de les utiliser &#224; titre personnel dans votre travail ou vos loisirs, sans en mentionner l'existence. Si vous publiez vos modifications, vous n'&#234;tes pas oblig&#233; de pr&#233;venir quelqu'un de particulier ou de le faire d'une mani&#232;re particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'utiliser un programme est la libert&#233; pour tout type de personne ou d'organisation de l'utiliser pour tout type de syst&#232;me informatique, pour tout type de t&#226;che et sans &#234;tre oblig&#233; de communiquer ult&#233;rieurement avec le d&#233;veloppeur ou tout autre entit&#233; sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; de redistribuer des copies doit inclure les formes binaires ou ex&#233;cutables du programme (tout comme le code source) &#224; la fois pour les versions modifi&#233;es ou non modifi&#233;es du programme. (Diffuser des programmes sous une forme ex&#233;cutable est n&#233;cessaire pour une installation commode des syst&#232;mes d'exploitation libres). Il y a une exception s'il n'y a pas moyen de produire une version binaire ou ex&#233;cutable (puisque certains langages ne supportent pas cette caract&#233;ristique), mais le public doit avoir la libert&#233; de distribuer de telles formes s'ils ont un moyen d'en produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir la libert&#233; d'effectuer des modifications et de publier des versions am&#233;lior&#233;es, vous devez avoir l'acc&#232;s au code source du programme. Par cons&#233;quent, l'accessibilit&#233; du code source est une condition requise pour un logiciel libre &#187;.[21]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; open source &#187; ou &#171; &#224; code source ouvert &#187; a &#233;t&#233; d&#233;crite pour la premi&#232;re fois en juin 1997 par Bruce Perens [22], dans un document pr&#233;par&#233; pour la conf&#233;rence des d&#233;veloppeurs Debian [23] de cette ann&#233;e-l&#224;. &#224; cette occasion, Perens a supprim&#233; les r&#233;f&#233;rences originelles des documents pour cr&#233;er la &#171; d&#233;finition du code source ouvert &#187;[24]. Plus tard, en 1998, certains membres de la communaut&#233; du logiciel libre ont lanc&#233; l'&#171; Initiative du code source ouvert &#187; - Open Source Initiative (OSI)[25].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les leaders du mouvement logiciel libre et du mouvement code source ouvert repr&#233;sentent des mouvements s&#233;par&#233;s qui diff&#232;rent du point de vue tant de la philosophie que de la politique. M&#234;me s'ils d&#233;crivent la m&#234;me cat&#233;gorie de programmes informatiques, ils les pr&#233;sentent de fa&#231;on diff&#233;rente. Un des arguments utilis&#233;s par les leaders de l'OSI est que l'expression &#171; code source ouvert &#187; supprime la confusion de l'interpr&#233;tation de &#171; free &#187; comme &#233;tant gratuit. Cette initiative se veut plus attrayante pour les leaders du march&#233; et pour les grandes entreprises commerciales de programmes informatiques. Les arguments sont centr&#233;s sur les questions technologiques, la qualit&#233; du produit et les possibilit&#233;s d'&#233;conomie cr&#233;&#233;es par le logiciel libre, laissant de c&#244;t&#233; les principes de libert&#233; et &#233;thique mis en place d&#232;s le d&#233;but par la communaut&#233; du logiciel libre. Ce mouvement s'exprime de fa&#231;on plus importante aux &#201;tats-Unis mais il n'est pas tr&#232;s repr&#233;sentatif ailleurs.L'expression &#171; &#224; code source ouvert &#187;, en dehors de l'original anglais, est moins diffus&#233;e ; son sens et sa compr&#233;hension sont plus difficiles hors de la communaut&#233; technique, que l'expression &#171; logiciel libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concepts associ&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression logiciel libre est tr&#232;s souvent confondue ou mentionn&#233;e avec d'autres cat&#233;gories de logiciels. Pour que les choses soient bien claires, il faudra d&#233;crire ces autres cat&#233;gories, leurs similitudes et leurs diff&#233;rences, par rapport au logiciel libre : [26]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel du domaine public : le logiciel de domaine public n'est pas soumis aux droits d'auteur. N'importe qui peut faire une version modifi&#233;e ou une copie non libre (propri&#233;taire) &#224; partir du programme originel. Un logiciel libre n'&#233;quivaut pas, du point de vue conceptuel, &#224; un logiciel de domaine public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel semi libre : le logiciel semi-libre est un logiciel qui n'est pas libre, mais qui s'accompagne de la permission pour les personnes physiques de l'utiliser, de le copier, de le distribuer, et de le modifier (y compris pour la distribution des versions modifi&#233;es) dans un but non lucratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel propri&#233;taire : le logiciel propri&#233;taire est un logiciel qui n'est ni libre, ni semi-libre. Son utilisation, sa redistribution ou sa modification sont interdites, ou exigent une autorisation sp&#233;cifique, ou sont tellement restreintes que vous ne pouvez en fait pas le faire librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel freeware : le terme &#171; freeware &#187; n'a pas de d&#233;finition claire commun&#233;ment accept&#233;e, mais elle est utilis&#233;e couramment pour des paquetages qui autorisent la redistribution mais pas la modification (et dont le code source n'est pas disponible). Ces paquetages ne sont pas des logiciels libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel shareware (partagiciel) : le partagiciel est un logiciel qui s'accompagne de la permission de redistribuer des copies, mais qui mentionne que toute personne qui continue &#224; en utiliser une copie est oblig&#233;e de payer des royalties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sharewares ne sont pas des logiciels libres ou m&#234;me semi-libres car le code source n'est pratiquement jamais fourni et il ne vous est pas permis d'effectuer une copie et de l'installer sans vous acquitter du paiement d'une licence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel commercial : le logiciel commercial est un logiciel d&#233;velopp&#233; par une entreprise dont le but est de gagner de l'argent sur l'utilisation du logiciel. &#171; Commercial &#187; et &#171; propri&#233;taire &#187; ne sont pas synonymes. La plupart des logiciels commerciaux sont propri&#233;taires mais il existe aussi des logiciels libres commerciaux et des logiciels propri&#233;taires non commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Logiciel libre &#224; code source ouvert (Free and Open Source Software - FOSS et Free/Libre and Open Source Software - FLOSS) : d&#233;finition largement utilis&#233;e r&#233;cemment en Europe. On y essaie d'inclure et de m&#234;ler les concepts du mouvement logiciel libre et du mouvement code source ouvert sans entrer dans le d&#233;bat sur les diff&#233;rences politiques et philosophiques existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Biblioth&#232;ques num&#233;riques</title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2468.html</link>
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		<dc:date>2006-06-04T16:11:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		<dc:creator>a-brest</dc:creator>
		



		<dc:subject>Creative commons</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; l'explosion documentaire provoqu&#233;e par le r&#233;seau informatique, le r&#244;le des biblioth&#232;ques dans l'organisation, la conservation et la mise &#224; disposition des documents garde une place fondamentale. Contre l'illusion technique d'un univers documentaire &#171; auto-organis&#233; &#187;, ouvert &#224; tous, dans lequel l'information circule librement, approcher la question &#224; partir de l'exp&#233;rience des biblioth&#232;ques nous permet de concevoir, au contraire, un &#233;quilibre entre innovations techniques et conditions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.a-brest.net/mot12.html" rel="tag"&gt;Creative commons&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; l'explosion documentaire provoqu&#233;e par le r&#233;seau informatique, le r&#244;le des biblioth&#232;ques dans l'organisation, la conservation et la mise &#224; disposition des documents garde une place fondamentale. Contre l'illusion technique d'un univers documentaire &#171; auto-organis&#233; &#187;, ouvert &#224; tous, dans lequel l'information circule librement, approcher la question &#224; partir de l'exp&#233;rience des biblioth&#232;ques nous permet de concevoir, au contraire, un &#233;quilibre entre innovations techniques et conditions sociales de cr&#233;ation et diffusion des documents. L'acc&#232;s au savoir pour tous a besoin de &#171; biblioth&#232;ques &#187; dans l'univers num&#233;rique... et les biblioth&#232;ques changent de nature et de fonction en se confrontant &#224; la n&#233;cessit&#233; de remplir leurs missions sociales et culturelles dans le cyberespace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;finition socio-technique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le sens traditionnel, une &#171; biblioth&#232;que &#187; est un lieu dans lequel les livres sont :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; conserv&#233;s pour les g&#233;n&#233;rations futures afin d'offrir une continuit&#233; &#224; la production culturelle et constituer la m&#233;moire collective ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; organis&#233;s : la &#171; classification &#187; participe de l'&#233;mergence de nouveaux savoirs et facilite le rep&#233;rage de documents ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; et ouverts &#224; la lecture par tous et en tout lieu. Un usager d'une biblioth&#232;que peut consulter les livres &#171; sur place &#187; ou utiliser le &#171; r&#233;seau des biblioth&#232;ques &#187; afin d'obtenir dans sa propre ville des documents qui ne sont pas pr&#233;sents dans la collection locale.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les biblioth&#232;ques fonctionnent depuis longtemps &#171; en r&#233;seau &#187;, pour se partager le travail en cr&#233;ant des &#171; catalogues collectifs &#187;, et pour garantir l'Acc&#232;s Universel aux Publications. D&#232;s l'invention des ordinateurs, les centres documentaires les ont mis &#224; profit pour cr&#233;er des &#171; banques de donn&#233;es &#187;, v&#233;ritables points d'acc&#232;s aux r&#233;f&#233;rences, notamment dans le domaine scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biblioth&#232;ques se trouvent ainsi responsables devant les lecteurs (leur permettre d'acc&#233;der &#224; toute l'information du monde) et devant les documents (garantir qu'ils seront lisibles demain, et qu'ils seront d&#233;crits dans une banque de donn&#233;es classifi&#233;e). Leur exp&#233;rience peut nous servir de cadre de travail pour penser aux &#171; documents num&#233;riques &#187; dans la dur&#233;e et dans l'organisation du libre-acc&#232;s au savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1990, le monde des biblioth&#232;ques fait na&#238;tre le concept de &#171; biblioth&#232;ques num&#233;riques &#187; et choisit de leur conf&#233;rer aussi bien des pr&#233;occupations techniques que des missions sociales et culturelles. Christine Borgman[1] rel&#232;ve en 1999 deux approches distinctes qui sont utilis&#233;es parmi les professionnels des biblioth&#232;ques. Elle d&#233;crit &#171; un ensemble de ressources et de capacit&#233;s techniques pour cr&#233;er, rechercher et utiliser l'information &#187; mais souligne aussi que &#171; les biblioth&#232;ques num&#233;riques sont con&#231;ues et organis&#233;es pour (et par) une communaut&#233; d'usagers, et ses moyens sont utilis&#233;s pour r&#233;pondre aux besoins d'information et aux usages de cette communaut&#233; &#187;. Une approche qui fut aussi propos&#233;e par le Virginia Tech Institute en 98 : &#171; une biblioth&#232;que num&#233;rique ne se r&#233;sume pas &#224; une collection num&#233;ris&#233;e et des outils de gestion de l'information. C'est aussi un ensemble d'activit&#233;s qui lient ensemble les collections, les services et les usagers tout au long du cycle de la cr&#233;ation, diffusion, usage et conservation des donn&#233;es, de l'information et des connaissances &#187; [2] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage de l'informatique dans les biblioth&#232;ques num&#233;riques ne se limite plus &#224; la cr&#233;ation de catalogues ou de portails d'acc&#232;s, mais couvre le stockage, la &#172;recherche et la fourniture dans un format toujours lisible, des documents eux-m&#234;mes, dans leur diversit&#233;. Pour l'Association of Research Libraries, &#171; les collections des biblioth&#232;ques num&#233;riques ne se contentent pas de r&#233;f&#233;rences, mais concernent tous les artefacts num&#233;riques qui ne peuvent pas &#234;tre pr&#233;sent&#233;s ou repr&#233;sent&#233;s sous forme imprim&#233;e &#187;[3]. La biblioth&#232;que num&#233;rique est aussi une biblioth&#232;que &#171; multim&#233;dia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Num&#233;riser et archiver&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;veloppement des r&#233;seaux, la lecture des documents se fait de plus en plus au travers du num&#233;rique. Les biblioth&#232;ques se sont donc rapidement pos&#233; la question de la &#171; num&#233;risation &#187; des documents imprim&#233;s, mais aussi de la transformation des films ou des enregistrements sonores, afin de faciliter leur diffusion. Elles ont aussi rapidement r&#233;alis&#233; qu'il existait, en croissance rapide, un ensemble de documents qui &#233;taient d'embl&#233;e num&#233;riques, notamment les sites web. Un autre aspect de leur travail s'est attach&#233; &#224; organiser la pr&#233;servation de ceux-ci, &#224; assurer leur duplication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La num&#233;risation d'ouvrages imprim&#233;s a &#233;t&#233; lanc&#233;e d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt dix dans de tr&#232;s nombreuses biblioth&#232;ques et centres d'archives dans le monde. Ainsi, le programme Gallica de la Biblioth&#232;que nationale de France propose plus de 70 000 ouvrages du 19&#232;me si&#232;cle, 80 000 images et des dizaines d'heures d'enregistrements sonores [5]. Le programme &#171; Google Print &#187;[6], annonc&#233; a grands renforts m&#233;diatiques en d&#233;cembre 2004, se propose de num&#233;riser des centaines de milliers d'ouvrages de cinq biblioth&#232;ques des &#201;tats-Unis. Cette annonce a fait couler beaucoup d'encre, notamment en France, o&#249; le Pr&#233;sident de la Biblioth&#232;que nationale de France a saisi l'occasion pour &#233;largir Gallica vers un programme europ&#233;en multilingue de num&#233;risation [7]. L'acc&#232;s &#224; la culture du pass&#233; devient, au travers de la num&#233;risation, non seulement un enjeu &#233;conomique, mais aussi &#171; g&#233;opolitique &#187; [8] : il y a plusieurs regards sur le monde, et ceux-ci sont inscrits dans les livres. Pour construire la Paix, il faut faire cohabiter dans l'univers num&#233;rique toutes les formes linguistiques, mais aussi les diverses trajectoires historiques. La Chine et l'Inde, en lan&#231;ant un partenariat avec Internet Archive et l'Universit&#233; du Michigan [9] ; le monde arabe, malgr&#233; les pillages et destruction de la &#172;Biblioth&#232;que de Bagdad, lieu d'invention de l'&#233;criture ; et l'Afrique pour les manuscrits du 13&#232;me si&#232;cle trouv&#233;s &#224; Tombouctou [10], ont des projets de num&#233;risation qui peuvent r&#233;-&#233;quilibrer une vision trop &#171; occidentale &#187; de la culture et de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger est grand cependant que le financement par les pays d&#233;velopp&#233;s ou les organisations internationales ne se traduise par un flux &#224; sens unique de culture et de connaissance. Notamment parce que le statut juridique des &#339;uvres num&#233;ris&#233;es n'est pas clairement &#233;tabli. La num&#233;risation donnerait de nouveaux droits &#224; l'entreprise qui l'a r&#233;alis&#233;e, ce qui se traduirait par une nouvelle mainmise sur le patrimoine. L'exemple du Codex Leicester de L&#233;onard de Vinci est significatif : achet&#233; par Bill Gates, le manuscrit est dans un coffre de banque, la seule version disponible est num&#233;rique, et le copyright a &#233;t&#233; attribu&#233; &#224; Corbis. Si nous n'y prenons garde, la num&#233;risation peut se traduire par une nouvelle privatisation du domaine public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre pan de l'activit&#233; de constitution de biblioth&#232;ques num&#233;riques consiste &#224; &#171; archiver le web &#187;. A l'instar d'Internet Archive [4], de nombreux programmes publics et priv&#233;s visent &#224; constituer des &#171; collections &#187; d'images num&#233;riques du pass&#233; pourtant proche de l'internet. Nous sommes alors confront&#233;s &#224; plusieurs probl&#232;mes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; comment s&#233;lectionner la partie du web qui sera archiv&#233;e (&#233;chantillonnage) ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; un tel archivage doit-il se faire en liaison avec les &#233;diteurs des sites web, ou bien une biblioth&#232;que peut-elle consid&#233;rer que ces documents disponibles peuvent &#234;tre archiv&#233;s par ses soins au nom de l'usage l&#233;gitime (fair use) ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; comment collecter ces documents dispers&#233;s sur des millions de machines ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; comment transformer ces documents (pages web) afin de permettre au lecteur de demain d'approcher l'exp&#233;rience qui a pu &#234;tre celle d'un lecteur au moment de la parution (reproduire le plus fid&#232;lement possible non seulement le contenu des sites, mais aussi leur &#172;apparence) ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; comment permettre &#224; un lecteur de lire des documents qui n'existent plus sur l'internet, en raison de la disparition de sites, mais qui ne sont pas encore du domaine public ? On peut penser que de nombreux auteurs souhaitent que les &#339;uvres qu'ils laissaient librement sur l'internet au moment de leur cr&#233;ation puissent rester libres dans les archives des &#172;biblioth&#232;ques.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette question de l'archivage du web pose aussi un probl&#232;me plus fondamental de d&#233;finition du document dans son passage au num&#233;rique [11]. Un des mythes de l'internet consiste &#224; remplacer le &#171; document &#187;, que l'on peut lire et relire, par le &#171; flux d'information &#187;, toujours renouvel&#233;, plus proche de la &#171; communication audiovisuelle &#187;. Ce mythe s'appuie sur une &#233;volution bien r&#233;elle des pratiques sociales autour de l'&#233;criture/lecture : blogs, mail, s&#233;quences vid&#233;o, podcasts, sites &#233;volutifs, wiki... Le statut des auteurs change. Comment garder trace de ce bouleversement ? Comment rendre disponibles les id&#233;es et les actions des ann&#233;es ant&#233;rieures ? Bref, comment transformer le flux de l'internet d'aujourd'hui en documents qui resteront lisibles demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux strat&#233;gies pour retrouver les documents num&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que l'ordinateur devient l'outil privil&#233;gi&#233; de la cr&#233;ation de nouveaux documents, tant sur la table de l'&#233;crivain(e) que pour le chercheur universitaire, tant pour le montage vid&#233;o que pour la cr&#233;ation musicale, le nombre de documents &#233;dit&#233;s (en l'occurence plac&#233;s sur le web) se multiplie sans commune mesure par rapport aux p&#233;riodes ant&#233;rieures. La question de l'identification des documents r&#233;pondant au besoin d'un lecteur, que ce besoin soit scientifique, politique ou culturel, prend alors une place pr&#233;pond&#233;rante. Comment retrouver une aiguille dans cette prolif&#233;ration d'information ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux strat&#233;gies sont mises en place :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les &#171; moteurs de recherche &#187; (Google, Yahoo !, MSN) utilisent le contenu des documents pour effectuer la recherche. Ceci favorise les recherches pr&#233;cises, quand la question comporte de nombreux mots (par exemple la recherche d'une citation). Mais cela rend plus difficile la recherche sur des concepts.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les classifications des biblioth&#232;ques num&#233;riques, et de plus en plus des outils propos&#233;s dans le cadre du &#171; web s&#233;mantique &#187;[12], visent &#224; &#233;laborer des &#171; langages documentaires &#187; dans lesquels on peut &#171; naviguer &#187; afin d'y trouver les documents qui se trouvent regroup&#233;s par proximit&#233; de sens.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces deux strat&#233;gies sont compl&#233;mentaires[13]. Si la premi&#232;re s'appuie sur le calcul et donc la puissance informatique, la seconde demande une intervention humaine. La premi&#232;re est soumise aux impr&#233;cisions du langage, aux manipulations par les services de &#171; r&#233;f&#233;rencement &#187;, et aux choix cach&#233;s des algorithmes ; la seconde souffre de visions souvent trop sp&#233;cifiques et partiales de la classification des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque classification (depuis la Dewey des biblioth&#232;ques, jusqu'&#224; l'annuaire de Yahoo !) est le reflet de regards sur le monde, des pr&#233;occupations &#171; actuelles &#187; du groupe qui la cr&#233;e, la d&#233;veloppe et l'utilise. Les classifications utlis&#233;es sur l'internet sont principalement, aujourd'hui, li&#233;es aux besoins et aux conceptions des pays d&#233;velopp&#233;s. Disposer d'un syst&#232;me de classement &#233;volutif, complet, &#224; multiples facettes, et r&#233;ellement mondial demande beaucoup d'investissement humain. Or nous disposons avec l'internet, de la capacit&#233; &#224; faire coop&#233;rer de nombreuses personnes pour ces t&#226;ches. Les projets coop&#233;ratifs comme l'Open Directory Project [14] ou la folksonomie [15] permettent aux lecteurs eux-m&#234;mes de participer au classement des documents num&#233;riques. Un nouveau r&#244;le des biblioth&#232;ques num&#233;riques, devient alors de trouver les moyens techniques et humains pour animer cette dynamique, pour garantir que les points de vue du monde entier soient bien respect&#233;s, et pour faciliter les traductions des concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le calculatoire des moteurs de recherche est pour sa part biais&#233; par les contraintes &#233;conomiques qui p&#232;sent sur ces entreprises. Associer les recherches documentaires et les revenus publicitaires devient une n&#233;cessit&#233; qui p&#232;se en retour sur l'&#233;quilibre de notori&#233;t&#233; des documents retrouv&#233;s. Les documents qui apparaissent en premier dans une liste de r&#233;ponses sont &#224; leur tour cit&#233;s, ce qui les rend plus connus encore. C'est un effet de type &#171; m&#233;diatique &#187; qui tend &#224; diviser les documents entre un petit nombre tr&#232;s souvent lus et cit&#233;s et les autres qui resteront presque inconnus. La question de la diversit&#233; culturelle et linguistique et celle de la qualification de la science (le contr&#244;le par les pairs - peer review) ne peuvent &#234;tre prises en compte par le mod&#232;le algorithmique des moteurs de recherche. Et cela plus encore quand il s'agit de documents longs, comme les livres [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les grands moteurs de recherche, nous voyons &#233;merger un r&#233;el &#171; nouveau m&#233;dia &#187; sur l'internet. Or ce m&#233;dia, outil de promotion, de vente d'espace publicitaire et amplificateur du &#171; succ&#232;s &#187; d'audience, se pr&#233;sente uniquement sous l'angle d'un outil &#171; technique &#187; destin&#233; &#224; mieux exploiter les ressources du web. Sous cette apparente banalit&#233; nous pouvons cependant d'ores et d&#233;j&#224; rep&#233;rer les glissements qui vont favoriser les documents produits en anglais, dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Les documents &#171; grand-public &#187; vont &#234;tre privil&#233;gi&#233;s par le syst&#232;me de d&#233;compte des liens (le page rank de Google) au d&#233;triment de la recherche et des &#339;uvres critiques... Bref, loin de constituer un moyen d'acc&#233;der &#224; toute l'information, le risque est grand de ne favoriser qu'une partie de l'information, celle qui a les moyens de constituer de l'audience gr&#226;ce aux diverses techniques marketing visant &#224; faire appara&#238;tre les sites en d&#233;but de liste. Cette nouvelle domination m&#233;diatique en &#233;mergence a de quoi inqui&#233;ter les pays en d&#233;veloppement. D'autant qu'aucune r&#232;gle de limitation de la concentration, aucune loi anti-monopole n'est &#233;tablie pour ce secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biblioth&#232;ques, parce qu'elles permettent de lire des documents rep&#233;r&#233;s et classifi&#233;s en dehors des r&#232;gles du march&#233; et en dehors des pressions religieuses ou id&#233;ologiques, sont des outils essentiels pour &#233;largir au monde entier, et surtout en direction des femmes, le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance. C'est parce qu'elles sont des services ouverts &#224; tous (et toutes) que les biblioth&#232;ques ont toujours cherch&#233; &#224; promouvoir la lecture, la r&#233;flexion, la pens&#233;e, pour toutes les cat&#233;gories de la population. Pour assurer ces missions, et finalement am&#233;liorer le niveau de vie et de conscience des individus et des pays, les biblioth&#232;ques s'appuient sur des &#171; limitations et exceptions &#187; dans le cadre des lois sur les Droits de Propri&#233;t&#233; Intellectuelle. La lecture publique, l'usage des &#339;uvres sous copyright dans les &#233;coles et les universit&#233;s, la diffusion de la science... sont rendus possibles par de nombreuses r&#232;gles d'usage pr&#233;sentes dans les lois et la jurisprudence sur le droit d'auteur ou le copyright. Ainsi en est-il de la notion de &#171; fair use &#187; (usage l&#233;gitime) qui permet aux biblioth&#232;ques de faire consulter &#224; leur public, sur place ou &#224; domicile, les ouvrages, les musiques ou les films et reportages qu'elles ont r&#233;guli&#232;rement acquis. Les achats des biblioth&#232;ques sont un moteur &#233;conomique essentiel pour un grand nombre d'ouvrages, notamment les documents critiques, sp&#233;cialis&#233;s, de haut niveau, ou dans les langues minoritaires au sein d'un pays donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ces exceptions et limitations sont profond&#233;ment bouscul&#233;es par le passage au num&#233;rique et plus encore par la diffusion des documents par la voie &#233;lectronique en r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IFLA (International Federation of Library Associations) recense ainsi [14] :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'instauration de nouvelles couches l&#233;gales sur les lois de copyright, comme le &#171; droit des bases de donn&#233;es &#187; (l'organisation des informations en base de donn&#233;es conf&#232;re une propri&#233;t&#233;, m&#234;me si les informations ne sont pas soumises &#224; copyright) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les Mesures Techniques de Protection (DRM), qui emp&#234;chent les lecteurs d'utiliser les exceptions l&#233;gales (par exemple la copie priv&#233;e) ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les licences non-n&#233;gociables qui outrepassent les r&#232;gles sur les usages l&#233;gitimes (chaque document num&#233;rique propose une &#171; licence &#187;, contrat priv&#233; dont les termes, r&#233;dig&#233;s uniquement par l'&#233;diteur, deviennent sup&#233;rieur &#224; la Loi).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que les r&#232;gles de conservation des documents &#233;lectroniques sont mises &#224; mal par les pratiques des &#233;diteurs. Or seuls des organismes ind&#233;pendants, d&#251;ment mandat&#233;s, peuvent garantir l'impartialit&#233; et la compl&#233;tude de l'archivage et de la pr&#233;servation des documents. Les exemples abondent dans l'histoire de documents ayant disparu quand leur usage quitte la sph&#232;re &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons aussi que les biblioth&#232;ques participent &#224; l'extension des usages collectifs de l'internet. Elles sont des lieux qui h&#233;bergent des t&#233;l&#233;centres ou des lieux de cr&#233;ation multim&#233;dia. Outils d'&#233;ducation populaire, les biblioth&#232;ques permettent &#224; de nombreuses personnes de faire l'apprentissage collectif de la lecture des documents &#233;lectroniques. Or les r&#232;gles de droit, comme les pratiques du commerce, ne consid&#232;rent que des usages &#171; individuels &#187; des documents. Une telle conception restreinte touche en particulier les femmes dans les pays o&#249; elles sont soumises &#224; une pression qui limite leur acc&#232;s &#224; l'&#233;cole et &#224; la connaissance, et pour lesquelles les biblioth&#232;ques sont des refuges culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, comment maintenir et &#233;largir aux pays en d&#233;veloppement et aux couches de la population qui ont peu acc&#232;s &#224; la lecture, le service que rendent les biblioth&#232;ques dans l'univers num&#233;rique ? Cette question constitue un enjeu fondamental pour un d&#233;veloppement mondial soutenable. C'est aussi une question de sant&#233; publique (acc&#232;s aux connaissances qui permettent de faire face aux pand&#233;mies), de construction de la Paix (par l'inter-compr&#233;hension des peuples et des cultures), et d'extension de la d&#233;mocratie et des Droits de l'Homme. C'est une des raisons qui conduisent les biblioth&#233;caires, notamment l'IFLA, &#224; participer &#224; la d&#233;marche de la soci&#233;t&#233; civile mondiale pour &#233;crire un &#171; Trait&#233; pour le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance &#187; [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois enjeux des biblioth&#232;ques num&#233;riques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rep&#233;r&#233; trois axes autour desquels il semble n&#233;cessaire de concevoir la construction de biblioth&#232;ques num&#233;riques. Ces trois axes recouvrent les activit&#233;s traditionnelles des biblioth&#232;ques et ce faisant montrent que l'exp&#233;rience acquise avec les livres et les revues dans les derni&#232;res d&#233;cennies peut aussi servir dans une situation en &#233;volution tr&#232;s rapide, plus marqu&#233;e par la communication que par la gestion de l'information documentaire, comme c'est le cas de l'internet &#172;actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la conservation et la num&#233;risation : comment choisir les documents &#224; num&#233;riser, comment garantir la couverture de toutes les id&#233;es et de toutes les langues ? Comment archiver les flux d'informations qui circulent sur l'internet au profit des g&#233;n&#233;rations futures ? Comment conserver au sein des biens communs les documents du domaine public qui sont num&#233;ris&#233;s ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la recherche documentaire : comment articuler les mod&#232;les des moteurs de recherche et ceux des classifications afin d'&#233;viter que la connaissance ne devienne qu'un enregistrement de la &#171; popularit&#233; &#187; de telle ou telle id&#233;e ou conception ? Comment d&#233;velopper le multilinguisme et la navigation par concepts promis par le &#171; web s&#233;mantique &#187; en associant tous les internautes du monde entier ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'acc&#232;s aux documents : comment maintenir les limitations et exceptions &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle qui permettent aux biblioth&#232;ques de participer &#224; la libre circulation des connaissances dans l'univers num&#233;rique ? Comment &#233;viter que de nouveaux droits et techniques de propri&#233;t&#233; associ&#233;s aux documents num&#233;riques ne viennent r&#233;duire la capacit&#233; de tous et toutes &#224; acc&#233;der &#224; la connaissance ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En regardant l'internet avec le regard des biblioth&#233;caires, nous pouvons mieux percevoir le besoin de garder des traces de son activit&#233; bouillonnante. Nous pouvons mieux placer la r&#233;flexion dans la dur&#233;e et nous trouver moins soumis aux emballements m&#233;diatiques. Nous pouvons enfin mesurer dans le domaine des id&#233;es l'importance de la mise en &#339;uvre de normes de description (les m&#233;tadonn&#233;es) et l'interop&#233;rabilit&#233; (la traduction, la coop&#233;ration dans la description documentaire et la n&#233;cessit&#233; de reformater en permanence les documents pour qu'ils restent lisibles au fur et &#224; mesure de l'&#233;volution technique) qui sont au fondement des techniques de l'internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, nous rencontrons une conception sociale de l'information et de la connaissance, qui construit &#224; la fois du patrimoine (les &#339;uvres du pass&#233;) et de l'acc&#232;s aux informations les plus actuelles (les publications scientifiques). Nous relativisons les visions strictement commerciales de la production de culture et de connaissance en nous pla&#231;ant du point de vue des biens communs informationnels et de leurs effets sur le d&#233;veloppement des personnes et des pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes et R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Borgman, C. L. (1999). What are digital libraries ? Competing visions. Information Processing &amp; Management, 35 (3), 227-243. cit&#233; par Mentor Cana, Socio-technological definition of &#8220;digital library&#8221;, 4 juin 2004 &lt;a href=&#034;http://www.kmentor.com/socio-tech-info/archives/000694.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.kmentor.com/socio-tech-info/archives/000694.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#171; The &#8220;digital library&#8221; is not merely equivalent to a digitized collection with information management tools. It is also a series of activities that brings together collections, services, and people in support of the full life cycle of creation, dissemination, use, and preservation of data, information, and knowledge. &#187; Digital Library Definition for DLI2, 5 juin 1998 &lt;a href=&#034;http://scholar.lib.vt.edu/DLI2/defineDL.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://scholar.lib.vt.edu/DLI2/defineDL.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#171; digital library collections are not limited to document surrogates : they extend to digital artifacts that cannot be represented or distributed in printed formats. &#187; Definition and Purposes of a Digital Library, In : Realizing Digital Libraries, Boston, may 1995. &lt;a href=&#034;http://www.arl.org/arl/proceedings/126/2-defn.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.arl.org/arl/proceedings/126/2-defn.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#171; The Internet Archive is building a digital library of Internet sites and other cultural artifacts in digital form. Like a paper library, we provide free access to researchers, historians, scholars, and the general public. &#187; &lt;a href=&#034;http://www.archive.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.archive.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://gallica.bnf.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;http://print.google.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://print.google.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Quand Google d&#233;fie l'Europe, plaidoyer pour un sursaut, Jean-No&#235;l Jeanneney. - Ed.Fayard, coll. &#171; Mille et une nuits &#187; , 114 p., 9 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Google Bubble - Politique et technologie : les enjeux de la num&#233;risation. Herv&#233; Le Crosnier. &lt;a href=&#034;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] The million books project. &#171; language independent digital library, widely available through free access on the Internet, will improve the global society in ways beyond measurement &#187;. &lt;a href=&#034;http://dli.iiit.ac.in&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dli.iiit.ac.in&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Les manuscrits de Tombouctou. &lt;a href=&#034;http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=14224&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=14224&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Document : forme, signe et m&#233;dium, les re-formulations du num&#233;rique. Roger T. P&#233;dauque. Article. 08 juillet 2003. Working paper. &lt;a href=&#034;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/05/11/index_fr.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/05/11/index_fr.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Le &#171; web s&#233;mantique &#187; est un projet lanc&#233; par Tim Berners-Lee qui vise &#224; faire coop&#233;rer de nombreux robots s'appuyant sur des langages documentaires (th&#233;saurus, ontologies, dictionnaires...) r&#233;partis sur le web. Extraire automatiquement des connaissances &#224; partir des documents, classifier, traduire, &#233;changer des informations... sont certainement des mythes difficiles &#224; r&#233;aliser. Mais les retomb&#233;es dans la gestion des documents num&#233;riques des outils du web s&#233;mantique seront rapidement importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Moteurs de recherche et biblioth&#232;ques num&#233;riques. Herv&#233; Le Crosnier. juin 2005 &lt;a href=&#034;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=461&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=461&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Open directory projet &lt;a href=&#034;http://dmoz.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dmoz.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] &#171; Folksonomy is a neologism for a practice of collaborative categorization using freely chosen keywords. More colloquially, this refers to a group of people cooperating spontaneously to organize information into categories. &#187; &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Folksonomy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://en.wikipedia.org/wiki/Folksonomy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Google and God's Mind The problem is, information isn't knowledge. Michael Gorman. Los Angeles Times, 17 d&#233;cembre 2004 (M. Gorman est Pr&#233;sident de l'American Library Association). &lt;a href=&#034;http://www.scils.rutgers.edu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.scils.rutgers.edu/&lt;/a&gt; lesk/spring05/lis553/ala-jan05.txt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Joint statement of IFLA/FIAB et eIFL to the 4th session of the Permanent committee on cooperation for development related to intellectual property, 14-15 avril 2005. &lt;a href=&#034;http://www.eifl.net/services/ipdocs/pcipd_joint_ifla_eifl.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.eifl.net/services/ipdocs/pcipd_joint_ifla_eifl.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Geneva Declaration on the Future of the World Intellectual Property Organization. &lt;a href=&#034;http://www.cptech.org/ip/wipo/genevadeclaration.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cptech.org/ip/wipo/genevadeclaration.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
27 mars 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les enjeux du multilinguisme</title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2467.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.a-brest.net/article2467.html</guid>
		<dc:date>2006-06-04T16:07:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		<dc:creator>a-brest</dc:creator>
		



		<dc:subject>Autre...</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;part, l'id&#233;e que le pr&#233;sent glossaire soit multilingue &#233;tait l'une des pierres angulaires de la conception du projet : il est impossible de parler de multiculturalit&#233; dans un ouvrage r&#233;dig&#233; dans une seule langue et qui refl&#232;te par cons&#233;quent l'idiosyncrasie d'une seule culture. Ainsi, il &#233;tait pr&#233;vu de faire appel &#224; des experts du monde entier, parlant le portugais, l'anglais, l'espagnol ou le fran&#231;ais, quatre des langues actuellement les plus repr&#233;sentatives en la mati&#232;re &#224; l'&#233;chelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.a-brest.net/mot14.html" rel="tag"&gt;Autre...&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;part, l'id&#233;e que le pr&#233;sent glossaire soit multilingue &#233;tait l'une des pierres angulaires de la conception du projet : il est impossible de parler de multiculturalit&#233; dans un ouvrage r&#233;dig&#233; dans une seule langue et qui refl&#232;te par cons&#233;quent l'idiosyncrasie d'une seule culture. Ainsi, il &#233;tait pr&#233;vu de faire appel &#224; des experts du monde entier, parlant le portugais, l'anglais, l'espagnol ou le fran&#231;ais, quatre des langues actuellement les plus repr&#233;sentatives en la mati&#232;re &#224; l'&#233;chelle internationale. Chaque auteur devait d&#233;finir un concept dans sa langue maternelle,concept qui devait &#234;tre par la suite enrichi gr&#226;ce &#224; un d&#233;bat entre tous les auteurs participants. Les articles termin&#233;s auraient alors &#233;t&#233; traduits dans les quatre langues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation s'est compliqu&#233;e lorsque l'on a pris conscience que tous les auteurs ne parlaient pas forc&#233;ment une autre langue que la leur. L'id&#233;e est alors venue de faire appel &#224; une &#233;quipe de traducteurs, non seulement pour la traduction des articles une fois la phase de r&#233;daction termin&#233;e, mais &#233;galement pour la traduction de la premi&#232;re version des articles. Cette version permettant aux 27 auteurs et 3 coordinateurs de pouvoir &#233;changer et communiquer entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union Latine s'est propos&#233;e pour coordonner le fastidieux travail de traduction tout au long du d&#233;roulement du projet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le processus de traduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de traduction &#233;tait compos&#233;e de professionnels issus de diff&#233;rents pays. La plus grande difficult&#233; &#224; &#233;t&#233; de faire en sorte de maintenir la pluralit&#233; du projet -en consid&#233;rant notamment que ces quatre langues sont parl&#233;es dans une vaste zone g&#233;ographique. Nous sommes parvenus &#224; respecter la diversit&#233; au niveau de l'origine, cependant nous avons pu encore une fois confirmer le fait que les personnes int&#233;ress&#233;es par les langues et plus particuli&#232;rement par la traduction sont en majorit&#233; des femmes. Ainsi, ont particip&#233; au projet des traductrices du Br&#233;sil, de Cuba, des &#201;tats-Unis, de France, de Grande Bretagne, du Paraguay et du &#173;Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion de la phase de traduction n'a pas &#233;t&#233; une t&#226;che facile. Les origines vari&#233;es des traductrices nous ont oblig&#233; &#224; maintenir un contact exclusivement par messagerie &#233;lectronique. Chaque texte re&#231;u dans sa premi&#232;re version &#233;tait imm&#233;diatement envoy&#233; aux traductrices pour traduction vers les trois autres langues. Une fois traduit, l'article &#233;tait publi&#233; sur le site internet du projet. Tous les autres auteurs pouvaient alors y avoir acc&#232;s et le d&#233;bat sur chaque concept pouvait commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux &#233;changes entre les auteurs et les coordinateurs du projet, les articles ont pu &#234;tre am&#233;lior&#233;s en ajoutant ou en supprimant des id&#233;es ou encore en modifiant simplement la structure interne du texte pour le rendre plus accessible au grand public. La nouvelle version des articles &#233;tait par la suite envoy&#233;e aux traductrices respectives afin qu'elles effectuent les modifications n&#233;cessaires dans les autres langues. &#192; la fin de cette &#233;tape, les articles &#233;taient pr&#234;ts pour la publication en ligne et l'impression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci a globalement &#233;t&#233; la mani&#232;re de travailler. Cependant, en rentrant un peu plus dans les d&#233;tails du d&#233;roulement de la phase de traduction, nous avons pu remarquer que cet ouvrage constitue en soi la preuve palpable de l'utilit&#233; des nouvelles technologies de l'information dans la soci&#233;t&#233; actuelle. En effet, un projet semblable n'aurait pas pu voir le jour -tout au moins dans une si courte p&#233;riode de temps- il y a de &#231;a quelques ann&#233;es, lorsque l'on ne disposait pas de l'outil internet. La condition vitale qui &#233;tait de pouvoir compter sur la &#173;participation de sp&#233;cialistes et de traducteurs du monde entier serait rest&#233;e &#224; l'&#233;tat de simple projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Internet, multilinguisme et multiculturalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, comme on l'avait imagin&#233;, ce projet a &#233;t&#233; r&#233;alisable en partie gr&#226;ce &#224; l'internet. Cependant, m&#234;me si la communication par l'internet et le travail en &#233;quipe &#224; distance ont de nombreux avantages, ils pr&#233;sentent &#233;galement quelques inconv&#233;nients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois listes de discussions ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es pour permettre une communication plus fluide entre les coordinateurs, mais &#233;galement avec les auteurs et les traducteurs. La premi&#232;re &#233;tait exclusivement destin&#233;e au travail de coordination, la seconde servait de moyen de communication entre les coordinateurs, les auteurs et les traductrices, et enfin, la troisi&#232;me a &#233;t&#233; mise &#224; l'enti&#232;re disposition des traductrices pour qu'elles puissent y r&#233;soudre les &#233;ventuels probl&#232;mes de langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, l'un des probl&#232;mes techniques majeurs est, bien entendu, l'acc&#232;s &#224; l'internet. Comme tout le monde le sait, dans la plupart des pays du Sud il n'est pas facile d'acc&#233;der &#224; cet outil, que ce soit pour des questions techniques ou de co&#251;t. C'est pourquoi, en raison de ce type de difficult&#233;s, les listes n'ont pas toujours rempli leur fonction de communication : certaines traductrices ne poss&#233;dant pas d'acc&#232;s direct &#224; l'internet, elles ne recevaient pas les messages urgents en temps r&#233;el, tels que des modifications de derni&#232;re minute &#224; apporter ou des interventions des auteurs &#224; traduire rapidement afin de permettre un meilleur &#233;change entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier probl&#232;me de communication entre les auteurs, nous a permis de prendre conscience d'un autre d&#233;tail &#171; technique &#187;. En effet, n'ayant pas de r&#233;ponses rapides de la part des traductrices et afin d'acc&#233;l&#233;rer les &#233;changes d'id&#233;es entre les membres de l'&#233;quipe, nous avons d&#233;cid&#233; d'utiliser un logiciel de traduction automatique au niveau interne dans les listes de discussion. Cet outil a certes simplifi&#233; les probl&#232;mes de communication lorsque le lecteur final de ladite traduction avait quelques connaissances de la langue d'origine, mais lorsqu'il n'en poss&#233;dait aucune, ces traductions n'avaient pas de sens, voire pire, elles v&#233;hiculaient des contresens. L'intervention des coordinateurs et des traductrices &#233;tait, par cons&#233;quent, indispensable pour &#233;claircir les doutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation met en &#233;vidence l'erreur manifeste qui consiste &#224; croire que le traducteur sera t&#244;t ou tard remplac&#233; par une machine. Nous en sommes encore tr&#232;s loin. De toute fa&#231;on, il sera difficile de concevoir un programme capable d'identifier les petites - ou grandes- nuances des toutes les cultures de notre plan&#232;te, et encore plus difficile, capable d'entrer en contact avec les auteurs des textes trait&#233;s pour &#233;claircir certains termes ambigus, comme nous l'avons fait lors de ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement pr&#233;ciser que certains auteurs -de par la mondialisation- ne vivent plus dans leur pays d'origine et parlent diff&#233;rentes langues. Souvent m&#234;me, au niveau professionnel, ils s'expriment mieux dans leur langue &#171; d'adoption &#187; car ils ont fait leurs &#233;tudes ou travaill&#233; dans un pays de langue &#233;trang&#232;re. Certains auteurs ont r&#233;dig&#233; leurs articles dans ces langues &#171; adopt&#233;es &#187;. N&#233;anmoins, s'il est certain qu'ils dominent le jargon professionnel, ils font parfois quelques fautes de grammaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, l'auteur est souvent tellement immerg&#233; dans le sujet qu'il traite, qu'il ne se rend pas compte que son texte n'est pas suffisamment clair pour les lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, face aux fautes de grammaire ou aux ambigu&#239;t&#233;s terminologiques, le traducteur joue un r&#244;le tr&#232;s important ; un logiciel de traduction automatique n'aura jamais ni la capacit&#233; intellectuelle d'un traducteur pour interpr&#233;ter ces fautes, ni la facult&#233; de se fier &#224; son intuition et le r&#233;sultat sera un texte inintelligible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous souhaitons souligner que ce sont justement les interventions des traductrices, demandant des &#233;claircissements terminologiques sur la liste de discussion commune, qui ont entra&#238;n&#233; le plus de d&#233;bat entre les auteurs. Dans ces d&#233;bats, chaque auteur d&#233;fendait son point de vue sur les termes en question, ce qui a confirm&#233; la n&#233;cessit&#233; d'un tel ouvrage pour parvenir &#224; certains &#171; accords &#187; concernant des concepts en pleine cr&#233;ation et en constante modification, sans pour autant oublier les diff&#233;rences qu'implique la diversit&#233; &#173;culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re multiculturel de cet ouvrage est en grande partie d&#251; aux traductrices. Aurions-nous pu r&#233;ellement parler de multiculturalit&#233; si l'ouvrage avait &#233;t&#233; traduit automatiquement ? Chaque auteur fa&#231;onne l'idiosyncrasie de son peuple par rapport &#224; un concept appartenant &#224; un th&#232;me aussi large que ladite Soci&#233;t&#233; de l'Information, mais jusqu'&#224; quel point les nouvelles technologies de cette nouvelle soci&#233;t&#233; auraient-elles &#233;t&#233; capables de refl&#233;ter parfaitement les diff&#233;rentes cultures pr&#233;sentes dans ces textes ? Nous avons pu remarquer que seules l'exp&#233;rience des traducteurs et la communication constante avec les auteurs permettent d'obtenir un texte clair et pr&#233;cis dans une langue diff&#233;rente. Tr&#232;s souvent, c'est m&#234;me la participation des traducteurs qui permet d'enrichir le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons &#224; remercier encore une fois les traductrices pour leur consid&#233;rable travail dans la r&#233;alisation de ce projet multilingue et multiculturel, ainsi que pour leur disposition &#224; collaborer et s'engager dans cet &#173;exercice de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 avril 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Diversit&#233; culturelle</title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2466.html</link>
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		<dc:date>2006-06-04T16:04:44Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Quel sera l'impact d'un r&#233;seau sur les formes culturelles d'un r&#233;seau informatique mondial permettant l'expression ouverte et la circulation de tous types de documents ? La construction des soci&#233;t&#233;s de l'information inclusives relance le d&#233;bat sur la diversit&#233; culturelle en renouvelant la perception commune et l'&#233;volution de ce terme aux contours mal d&#233;finis. Attachons-nous au sens des deux termes diversit&#233; et culture. &lt;br class='autobr' /&gt; La diversit&#233; est souvent per&#231;ue comme une disparit&#233;, une variation, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel sera l'impact d'un r&#233;seau sur les formes culturelles d'un r&#233;seau informatique mondial permettant l'expression ouverte et la circulation de tous types de documents ? La construction des soci&#233;t&#233;s de l'information inclusives relance le d&#233;bat sur la diversit&#233; culturelle en renouvelant la perception commune et l'&#233;volution de ce terme aux contours mal d&#233;finis. Attachons-nous au sens des deux termes diversit&#233; et culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La diversit&#233; est souvent per&#231;ue comme une disparit&#233;, une variation, une pluralit&#233;, c'est-&#224;-dire, le contraire de l'uniformit&#233; et de l'homog&#233;n&#233;it&#233;. Dans son sens premier et litt&#233;ral, la diversit&#233; culturelle r&#233;f&#233;rerait donc tout simplement &#224; la multiplicit&#233; des cultures ou des identit&#233;s culturelles. Mais cette vision est aujourd'hui d&#233;pass&#233;e, puisque pour de nombreux experts, la &#171; diversit&#233; &#187; ne se d&#233;finit pas tant par opposition &#224; &#171; homog&#233;n&#233;it&#233; &#187; que par opposition &#224; &#171; disparit&#233; &#187;. Elle est synonyme de dialogue et de valeurs partag&#233;es. En effet, le concept de diversit&#233; culturelle, &#224; l'instar de celui de biodiversit&#233;, va plus loin en ce qu'il envisage la multiplicit&#233; des cultures dans une perspective syst&#233;mique o&#249; chaque culture se d&#233;veloppe et &#233;volue au contact des autres cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la culture, elle puise ses origines du mot latin cultura qui d&#233;signait le soin apport&#233; aux champs et aux b&#233;tails. &#192; partir du XVIe si&#232;cle, elle signifiera l'action de cultiver, c'est-&#224;-dire former, acception dont d&#233;coule le sens qu'on lui donne aujourd'hui, &#224; savoir ce qui forme et fa&#231;onne l'esprit. La culture devient donc cet ensemble de significations, de valeurs et de croyances qui d&#233;termine notre fa&#231;on de faire et structure nos modes de pens&#233;e [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enjeu &#233;conomique et culturel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; diversit&#233; culturelle &#187; a d'abord &#233;t&#233; utilis&#233; en r&#233;f&#233;rence &#224; la diversit&#233; au sein d'un syst&#232;me culturel donn&#233;, pour d&#233;signer la multiplicit&#233; des sous-cultures et des sous-populations, de dimensions variables, partageant un ensemble de valeurs et d'id&#233;es fondamentales. Ensuite, il a &#233;t&#233; utilis&#233;, dans un contexte de m&#233;tissage social, pour d&#233;crire la cohabitation de diff&#233;rents syst&#232;mes culturels, ou du moins l'existence d'autres groupes sociaux importants au sein de m&#234;mes fronti&#232;res g&#233;opolitiques. Dans les pays du Tiers-monde, la diversit&#233; des identit&#233;s culturelles va rapidement devenir, &#224; l'&#233;poque de la d&#233;colonisation, un argument politique en faveur de la lib&#233;ration et de l'ind&#233;pendance des pays colonis&#233;s. Elle va ensuite, &#224; partir des ann&#233;es 1960, impulser une nouvelle vision du d&#233;veloppement, le d&#233;veloppement endog&#232;ne. Il sera d'ailleurs suivi de la mise en exergue d'un nouveau lien, celui entre culture et d&#233;mocratie, lequel conduira &#224; donner priorit&#233; &#171; &#224; la promotion des expressions culturelles des minorit&#233;s dans le cadre du pluralisme culturel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le terme &#171; diversit&#233; culturelle &#187; tend &#224; remplacer la notion d'&#171; exception culturelle &#187; qui a &#233;t&#233; utilis&#233;e dans les n&#233;gociations commerciales mondiales depuis le cycle de l'Uruguay au sein du GATT, puis de l'OMC. Dans cette approche, la diversit&#233; culturelle vise &#224; garantir le traitement particulier des biens et des services culturels par le biais de mesures nationales ou internationales. L'UNESCO r&#233;dige actuellement (signature pr&#233;vue en novembre 2005) une &#171; Convention sur la protection et la promotion de la diversit&#233; des contenus culturels &#187;. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet reconna&#238;t la sp&#233;cificit&#233; des biens et services culturels et la l&#233;gitimit&#233; des politiques culturelles. Cependant, son article 20, qui traite des relations entre cette convention et les autres instruments internationaux, notamment l'OMC, a fait l'objet des d&#233;bats les plus vifs avec les &#201;tats-Unis. Dans l'&#233;tat actuel, la convention oblige les parties signataires &#224; prendre en consid&#233;ration les exigences de la diversit&#233; culturelle lorsqu'elles interpr&#232;tent et appliquent leurs obligations internationales ou lorsqu'elles souscrivent de nouveaux engagements, m&#234;me si la convention ne peut &#234;tre oppos&#233;e aux autres trait&#233;s. Une formule diplomatique arrach&#233;e apr&#232;s de longues n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection de la diversit&#233; culturelle d'un point de vue politique et &#233;conomique devient en effet pressante avec la mondialisation, qui se caract&#233;rise par la lib&#233;ralisation &#224; grande &#233;chelle des &#233;changes &#233;conomiques et commerciaux, et ce qu'on a appel&#233; la marchandisation de la culture. On notera par exemple qu'au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, le commerce des biens culturels a quadrupl&#233; et les nouvelles r&#232;gles internationales (OMC, OCDE) en mati&#232;re de commerce suppriment de plus en plus, au nom de la libert&#233; du march&#233; et du libre-&#233;change, les interventions de soutien ou de protection des &#201;tats en faveur des biens et services nationaux. La d&#233;claration ind&#233;pendante de la soci&#233;t&#233; civile au SMSI souligne l'urgence de la situation en ces termes : &#171; l'information et le savoir sont de plus en plus transform&#233;s en ressources priv&#233;es susceptibles d'&#234;tre contr&#244;l&#233;es, vendues et achet&#233;es, comme si elles &#233;taient de simples marchandises et non des composantes indispensables &#224; l'organisation et au d&#233;veloppement social. Ainsi, nous reconnaissons qu'il est urgent de trouver des solutions &#224; ces probl&#232;mes, auxquels les soci&#233;t&#233;s de l'information et de la communication sont confront&#233;es au premier chef &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'av&#232;nement des Technologies de l'Information et de la Communication, les grandes firmes commerciales ont profit&#233; des bouleversements induits pour faire adopter de dangereuses r&#233;visions sur les textes l&#233;gislatifs, dans le sens d'une propri&#233;t&#233; commerciale de la culture. Cette offensive d'une culture &#171; marchandis&#233;e &#187; tend &#224; d&#233;placer les lieux de d&#233;bats et de d&#233;cision des organismes multilat&#233;raux de l'ONU vers les entit&#233;s comme l'OMC et les accords et trait&#233;s de libre-&#233;change r&#233;gionaux ou bilat&#233;raux... L'enjeu des d&#233;bats internationaux sur la culture consiste donc &#224; garantir la survie de la diversit&#233; culturelle malgr&#233; les dangers li&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; de l'information. En tout cas, pour les repr&#233;sentants des peuples autochtones, l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s de l'information et de la communication doit reposer sur le respect et la promotion des droits des populations indig&#232;nes et de leur caract&#232;re distinctif, m&#234;me si l'id&#233;e de promotion reste difficilement acceptable pour les partisans du libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les tenants de la promotion de la diversit&#233; culturelle, au rang desquels on trouve le Canada, la France, le Groupe des 77 (le regroupement des pays en d&#233;veloppement), il s'agit surtout d'obtenir des &#201;tats-Unis la garantie, sanctionn&#233;e en droit, que la Convention ne soit pas subordonn&#233;e aux instruments commerciaux internationaux. En effet, pour les &#201;tats-Unis et autres partisans du libre-&#233;change, cette convention est une mauvaise id&#233;e [3], et les mesures &#233;voqu&#233;es ci-dessus rel&#232;vent purement et simplement d'une vision interventionniste de l'&#201;tat, qui n'est pas de nature &#224; favoriser le march&#233;. Les subventions aux entreprises culturelles, l'imposition de quotas de diffusion, les restrictions &#224; la propri&#233;t&#233; &#233;trang&#232;re des m&#233;dias seraient, selon eux, autant de freins au d&#233;veloppement naturel du march&#233;. En outre, m&#234;me si cela n'a rien d'officiel, la convention sur la diversit&#233; culturelle appara&#238;t pour nombre de nord-am&#233;ricains comme une tentative d'affaiblir la supr&#233;matie de leurs industries audiovisuelles &#224; travers le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vision &#233;thique de la diversit&#233; culturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se situant sur un plan &#233;thique, la D&#233;claration universelle de l'Unesco sur la diversit&#233; culturelle adopt&#233;e le 2 novembre 2001[4], reconna&#238;t la diversit&#233; culturelle comme &#171; patrimoine commun de l'humanit&#233; &#187;. Ainsi la lutte pour la sauvegarde des cultures menac&#233;es devient un devoir citoyen. La communaut&#233; scientifique a pris conscience du risque d'uniformisation de la culture dans une soci&#233;t&#233; globalis&#233;e, m&#234;me si celle-ci permet th&#233;oriquement la manifestation de la diversit&#233; culturelle. En effet, les technologies de l'information et de la communication, loin d'&#234;tre uniquement des outils, mod&#232;lent nos mani&#232;res de penser et de cr&#233;er. La culture devient de ce fait habit&#233;e par la technologie, dialoguant avec elle, la contenant parfois et se laissant souvent &#233;laborer par elle. Cette situation cr&#233;e une in&#233;galit&#233; et une d&#233;pendance de la culture envers la technologie, et emp&#234;che la manifestation de la diversit&#233; culturelle si n&#233;cessaire &#224; la soci&#233;t&#233; des savoirs [5]. De nombreux observateurs affirment d'ailleurs que la technologie a laiss&#233; dans l'ombre toute une partie de la population, celle qui continue &#224; vivre suivant les principes de la nature, celle qui ne croit pas &#224; l'&#201;tat, mais au pouvoir des anc&#234;tres, celle qui ne croit pas &#224; la science mais au savoir traditionnel. La diversit&#233; culturelle s'inscrit donc dans une logique qui consid&#232;re qu'il existe d'autres mani&#232;res de penser, d'exister, de travailler, que la mani&#232;re anthropo-centr&#233;e et ratio-centr&#233;e moderne. En effet, si la science et la technologie sont facilement transmissibles, toutes les cultures sont-elles pr&#234;tes pour autant &#224; accepter le formalisme math&#233;matique qui est &#224; la base de la construction des technologies et de leurs usages ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte du d&#233;bat sur l'&#233;dification de la &#171; soci&#233;t&#233; de l'information &#187;, cette adaptation passe bien entendu par la diversification des contenus, c'est-&#224;-dire, la cohabitation des contenus dits classiques et ceux issus de cultures minoritaires, des savoirs locaux et autochtones [6]. Mais comment int&#233;grer les cultures et savoirs autochtones sans les g&#233;n&#233;raliser, ni les particulariser [7] ? Comment les valider &#224; l'aide des crit&#232;res exog&#232;nes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de principe du SMSI, adopt&#233;e &#224; Gen&#232;ve en d&#233;cembre 2003, insiste sur le fait que &#171; les applications devraient &#234;tre conviviales, accessibles &#224; tous, abordables, adapt&#233;es aux besoins locaux en termes de cultures et de langues, et faciliter le d&#233;veloppement durable &#187;. C'est pour cela qu'il convient de penser le cyberespace autrement, de fa&#231;on &#224; permettre &#224; tous et &#224; chacun, d'acc&#233;der &#224; l'Internet dans sa propre langue, de penser &#224; des usages diff&#233;rents, adapt&#233;s &#224; toutes les populations notamment celles qui fonctionnent sur le mod&#232;le communautaire. Cette prise en compte donnerait naissance &#224; la production des appareils et des structures adapt&#233;s, un d&#233;ploiement qui ne peut se faire sans le d&#233;veloppement des industries culturelles locales et la mise en place de mod&#232;les sp&#233;cifiques aux diff&#233;rents contextes socio-&#233;conomiques. Mais cette expression des cultures s'inscrit dans un rapport de force qu'il convient de moduler. Pour le R&#233;seau International pour la Diversit&#233; Culturelle [8], il s'agit avant tout d'inscrire dans la Convention, &#171; des mesures efficaces qui permettraient aux pays en d&#233;veloppement de se doter d'outils efficaces de production et de diffusion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers une nouvelle approche de la diversit&#233; culturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la diversit&#233; culturelle est g&#233;n&#233;ralement comprise en se fondant essentiellement sur des distinctions binaires : culture moderne/ culture locale, la r&#233;alit&#233; de la diversit&#233; culturelle n'est pas binaire, mais d&#233;coule du respect et de l'acceptation des diff&#233;rences, du dialogue et de la recherche des valeurs communes pour sortir du monologisme qui caract&#233;rise la soci&#233;t&#233; de l'information. La D&#233;claration ind&#233;pendante de la soci&#233;t&#233; civile au SMSI de Gen&#232;ve en 2003 mentionne d'ailleurs que chaque culture poss&#232;de une dignit&#233; et une valeur qui doivent &#234;tre respect&#233;es et pr&#233;serv&#233;es [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau contexte, la diversit&#233; devient une mani&#232;re d'aborder la mise en forme de notre vivre ensemble, dont le fondement est l'acceptation d'une vision plurielle du monde [10]. L'on voit donc que la diversit&#233; culturelle est per&#231;ue ici comme int&#233;gration et non superposition ou juxtaposition de cultures et que la soci&#233;t&#233; de l'information dans laquelle elle s'exprime est avant tout une soci&#233;t&#233; des savoirs partag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la notion de diversit&#233; culturelle renvoie &#224; deux r&#233;alit&#233;s assez distinctes. Il y a d'abord une premi&#232;re conception centr&#233;e sur les arts et les lettres, qui renvoie &#224; l'expression culturelle d'une communaut&#233; ou d'un groupe et qui englobe la cr&#233;ation culturelle sous toutes ses formes. Il y a ensuite les modes de vie, les droits fondamentaux de l'&#234;tre humain, les syst&#232;mes de valeurs, les traditions et les croyances, qui renvoient &#224; une perspective davantage sociologique et anthropologique de la culture. Mais que l'on s'attache &#224; l'une ou l'autre conception, on peut convenir que le contexte social domin&#233; par les technologies de l'information et de la communication n&#233;cessite la mise en place de mesures &#224; la fois incitatives et contraignantes, pr&#233;valant sur les accords de l'Organisation Mondiale du Commerce. Les d&#233;bats actuels vont par exemple jusqu'&#224; demander que les pays d&#233;velopp&#233;s s'engagent &#224; augmenter la part de march&#233; national qu'ils consacrent aux professionnels, aux artistes et aux autres cr&#233;ateurs des pays en d&#233;veloppement. Mais cette proposition, qui rappelle fortement les d&#233;bats sur le Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication &#224; propos du r&#233;&#233;quilibrage des flux, suscite bien entendu l'opposition des &#201;tats poss&#233;dant les plus grandes industries culturelles. Pourtant, la question pos&#233;e ici est &#224; la base m&#234;me de l'&#233;dification d'une soci&#233;t&#233; de l'information accessible pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La d&#233;finition la plus largement r&#233;pandue semble &#234;tre celle adopt&#233;e &#224; la conf&#233;rence Mondiacult et qui d&#233;finit la culture comme cet &#171; ensemble des traits distinctifs, spirituels et mat&#233;riels, intellectuels et affectifs, qui caract&#233;risent une soci&#233;t&#233; ou un groupe social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Preliminary Report by the Director-Genral accompanied by the Preliminary Draft of a Convention on the Protection of the Diversity of Cultural Contents and Artistic Expressions (33C/23, August 2005) &lt;a href=&#034;http://portal.unesco.org/culture/en/ev.php-URL_ID=28182&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://portal.unesco.org/culture/en/ev.php-URL_ID=28182&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le 17 septembre 2003, en effet, le sous-secr&#233;taire d'&#201;tat adjoint des &#201;tats-Unis Richard Terrell Miller, chef de la d&#233;l&#233;gation des observateurs de ce pays au Conseil ex&#233;cutif, a d&#233;clar&#233; sans ambages que la d&#233;l&#233;gation am&#233;ricaine consid&#233;rait ce projet de convention sur la diversit&#233; culturelle comme &#171; une mauvaise id&#233;e, qui ne se justifie que si un partenaire veut contr&#244;ler le flux des produits et des cr&#233;ations culturelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] D&#233;claration de l'UNESCO sur la diversit&#233; culturelle. &lt;a href=&#034;http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001271/127160m.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001271/127160m.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Alain Kiyindou, Technologies de l'Information et de la Communication et partage des savoirs dans les soci&#233;t&#233;s rurales africaines, in Le partage des savoirs, logiques, contraintes et crises sous la direction de Jean-Paul Metzger, l'Harmattan 2004, pp101-108.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans son article VI, la D&#233;claration universelle sur la diversit&#233; culturelle stipule d'ailleurs &#224; ce sujet, qu' &#171; il ne peut y avoir de diversit&#233; culturelle sans la possibilit&#233; pour toutes les cultures d'&#234;tre pr&#233;sentes dans les moyens d'expression et de diffusion &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Les savoirs endog&#232;nes font souvent l'objet de s&#233;parations qui les dissocie des croyances, des valeurs et du contexte dans lequel ils sont produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] R&#233;seau International pour la Diversit&#233; Culturelle - International Network for cultural diversity - Red internacional para la diversidad cultural &lt;a href=&#034;http://www.incd.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.incd.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Dans son chapitre consacr&#233; &#224; la Diversit&#233; culturelle et linguistique, la d&#233;claration de la soci&#233;t&#233; civile stipule : &#171; La diversit&#233; culturelle et linguistique est une dimension essentielle des soci&#233;t&#233;s de l'information et de la communication centr&#233;es sur les personnes. Chaque culture poss&#232;de une dignit&#233; et une valeur qui doivent &#234;tre respect&#233;es et pr&#233;serv&#233;es. La diversit&#233; culturelle et linguistique se fonde, entre autres, sur la libert&#233; d'information, sur la libert&#233; d'expression et sur le droit pour quiconque de participer librement &#224; la vie culturelle de la communaut&#233;, aux niveaux local, national ou international. Cette participation s'exprime au travers d'activit&#233;s r&#233;alis&#233;es en tant qu'utilisateurs mais aussi producteurs de contenus culturels. Les TIC et les moyens de communication traditionnels ont un r&#244;le particuli&#232;rement important &#224; jouer dans le d&#233;veloppement et la promotion des cultures et des langues du monde entier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Comme l'&#233;crit l'administrateur du PNUD, M. Malloch Brown, dans la pr&#233;face au rapport sur le d&#233;veloppement humain (2004), &#171; si l'on veut que notre monde atteigne les objectifs de d&#233;veloppement du mill&#233;naire et finalement &#233;radique la pauvret&#233;, il doit commencer par relever victorieusement le d&#233;fi de savoir construire des soci&#233;t&#233;s int&#233;gratrices, qui respectent les diversit&#233;s culturelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carole Younes et Etienne Le Roy, M&#233;diation et diversit&#233; culturelle, pour quelle soci&#233;t&#233; ?, Karthala, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Verbunt, Diversit&#233; culturelle, soci&#233;t&#233; industrielle, Etat national, l'Harmattan, 1984.&lt;br class='autobr' /&gt;
Science et diversit&#233; culturelle, PUF 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseil de l'Europe, La diversit&#233; linguistique : D&#233;fi pour les villes et r&#233;gions europ&#233;ennes, &#201;ditions du Conseil de l'Europe, Strasbourg 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Fuchs, Diversit&#233; des langues et repr&#233;sentations cognitives, Ophyris, Paris, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commission Nationale Fran&#231;aise pour l'UNESCO. Actes du colloque international sur le plurilinguisme dans la soci&#233;t&#233; de l'information, UNESCO, Paris 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armand Mattelart. Diversit&#233; culturelle et mondialisation. La D&#233;couverte (Rep&#232;res), 2005&lt;br class='autobr' /&gt;
10 avril 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Enjeux de Mots&#034; - Pr&#233;sentation-d&#233;bat &#224; Montr&#233;al </title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2311.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.a-brest.net/article2311.html</guid>
		<dc:date>2006-03-28T06:24:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		<dc:creator>
		
			
			 
				Val&#233;rie Dagrain
			
		
		</dc:creator>
		




		<description>
&lt;p&gt;Soci&#233;t&#233; de l'information ou Soci&#233;t&#233; des savoirs partag&#233;s ? L'enjeu de l'acc&#232;s et de la participation citoyenne UQAM Pavillon J.A.De S&#232;ve 320, rue Sainte Catherine salle DS 1950 &lt;br class='autobr' /&gt; mardi 11 avril de 18 &#224; 20h &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'occasion du lancement du livre &#034;Enjeux de Mots :Regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information&#034; le Carrefour Mondial de l'internet Citoyen (CMIC) et l'Association mondiale des radios communautaires (AMARC) &lt;br class='autobr' /&gt;
vous convient &#224; une pr&#233;sentation-d&#233;bat (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soci&#233;t&#233; de l'information ou Soci&#233;t&#233; des savoirs partag&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enjeu de l'acc&#232;s et de la participation citoyenne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UQAM&lt;br class='autobr' /&gt; Pavillon J.A.De S&#232;ve&lt;br class='autobr' /&gt; 320, rue Sainte Catherine&lt;br class='autobr' /&gt; salle DS 1950&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mardi 11 avril de 18 &#224; 20h&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du lancement du livre &lt;a href=&#034;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=603&amp;nemo=edm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Enjeux de Mots&lt;/a&gt; :Regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information&#034;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le &lt;a href=&#034;http://lecarrefour.org/edm-intro/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carrefour Mondial de l'internet Citoyen (CMIC)&lt;/a&gt; et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'&lt;a href=&#034;http://www.amarc.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Association mondiale des radios communautaires (AMARC)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;vous convient &#224; une pr&#233;sentation-d&#233;bat avec les auteurs canadiens de l'ouvrage et Herv&#233; le Crosnier &#233;diteur et co-auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;union-d&#233;bat appuy&#233;e par :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'Institut d '&#201;tudes Internationales de Montr&#233;al (UQAM),&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la Chaire Beaverbrook de l'Universit&#233; McGill&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'&#201;cole de Biblioth&#233;conomie et Science de l'Information&lt;br class='autobr' /&gt; (EBSI) de l'Universit&#233; de Montr&#233;al ,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation-d&#233;bat veut rendre compte des principaux&lt;br class='autobr' /&gt;
enjeux de la-dite &#034;soci&#233;t&#233; de l'information&#034; et des actions men&#233;es par&lt;br class='autobr' /&gt;
les r&#233;seaux citoyens internationaux au lendemain du Sommet Mondial de la&lt;br class='autobr' /&gt;
Soci&#233;t&#233; de l'Information de Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au programme : un panel de six intervenants suivi d'un d&#233;bat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un vin fromage cl&#244;turera la soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les th&#232;mes trait&#233;s par les panelistes seront :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Le processus d'Enjeux de Mots : le d&#233;fi de l'intelligence&lt;br class='autobr' /&gt; collaborative dans un contexte multiculturel.&lt;br class='autobr' /&gt; Alain Ambrosi&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L' &#034;acc&#232;s universel&#034; revisit&#233; : la probl&#233;matique de l'accessibilit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; pour les personnes handicap&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt; Catherine Roy&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La libert&#233; d'expression(s) en question : les m&#233;dias &#224; l'heure&lt;br class='autobr' /&gt; d'internet&lt;br class='autobr' /&gt; Marc Raboy et Marcelo Solervicens&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Cybers&#233;curit&#233;, tra&#231;age des individus et vie priv&#233;e : avoir&lt;br class='autobr' /&gt; peur de qui ?&lt;br class='autobr' /&gt; St&#233;phanie Perrin&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'acc&#232;s au savoir et la propri&#233;t&#233; intellectuelle : la soci&#233;t&#233; civile en action au lendemain du SMSI&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; le Crosnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes cordialement invit&#233;(e) &#224; faire circuler cette information&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Droits de la communication</title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2308.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.a-brest.net/article2308.html</guid>
		<dc:date>2006-03-26T10:11:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		<dc:creator>a-brest</dc:creator>
		




		<description>
&lt;p&gt;Les droits li&#233;s &#224; la communication ont jou&#233; un r&#244;le essentiel dans l'&#233;tablissement du concept de droits humains universels n&#233;e au milieu du 20e si&#232;cle, ainsi que dans son affirmation dans la Charte des Nations Unies et la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH). Toutefois, on attribue g&#233;n&#233;ralement &#224; Jean d'Arcy d'avoir &#233;t&#233; le premier &#224; d&#233;fendre explicitement le &#171; droit &#224; la communication &#187;. En 1969, alors qu'il occupait le poste de Directeur de la Radio et des Services Visuels (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les droits li&#233;s &#224; la communication ont jou&#233; un r&#244;le essentiel dans l'&#233;tablissement du concept de droits humains universels n&#233;e au milieu du 20e si&#232;cle, ainsi que dans son affirmation dans la Charte des Nations Unies et la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH). Toutefois, on attribue g&#233;n&#233;ralement &#224; Jean d'Arcy d'avoir &#233;t&#233; le premier &#224; d&#233;fendre explicitement le &#171; &lt;i&gt;droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187;. En 1969, alors qu'il occupait le poste de Directeur de la Radio et des Services Visuels du Bureau d'Information Publique de l'ONU, il &#233;crivit :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le jour viendra o&#249; (la DUDH) devra prendre en compte un droit plus large que le droit de l'homme &#224; l'information, &#233;tabli pour la premi&#232;re fois il y a 21 ans dans l'Article 19. Il s'agit du droit de l'homme &#224; communiquer, et c'est l'angle sous lequel il faudra consid&#233;rer le futur d&#233;veloppement des communications si on veut vraiment le comprendr&lt;i&gt;e. &#187; [2]&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plates-formes intergouvernementales : NOMIC, UNESCO, et Commission MacBride&lt;&lt;/strong&gt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fut propuls&#233;e sur le devant de la sc&#232;ne g&#233;opolitique peu de temps apr&#232;s, et l'id&#233;e d'un &#171; &lt;i&gt;droit &#224; communiquer&lt;/i&gt; &#187; se retrouva rapidement au centre d'une controverse diplomatique internationale qui dura plusieurs ann&#233;es - une discussion sur ce qui allait devenir le &lt;i&gt;Nouvel Ordre Mondial de l'Information et de la Communication&lt;/i&gt;, ou NOMIC. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le r&#244;le des m&#233;dias et de la communication s'affirmait, de nombreux pays commenc&#232;rent &#224; s'inqui&#233;ter s&#233;rieusement de l'impact de ces derniers sur l'identit&#233; nationale, l'int&#233;grit&#233; culturelle et la souverainet&#233; politique et &#233;conomique. Le NOMIC, emmen&#233; par le Mouvement des Non-Align&#233;s (MNA) des pays de l'ONU, s'est plus particuli&#232;rement int&#233;ress&#233; &#224; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- la doctrine de la &#171; libre circulation &#187; de l'information, qui renfor&#231;ait la domination de l'Occident sur les m&#233;dias et le contenu des nouvelles ; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la concentration croissante dans le secteur des m&#233;dias et de la communication, qui se traduisait par l'achat par des &#233;trangers des m&#233;dias dans les pays les plus petits et les plus pauvres ; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'importance croissante des techniques de production et de diffusion m&#233;diatiques contr&#244;l&#233;es par l'occident, qui tenait les autres pays &#224; l'&#233;cart. &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La bataille se d&#233;roula tout d'abord &#224; l'UNESCO, le seul organisme de l'ONU habilit&#233; pour d&#233;battre de mani&#232;re coh&#233;rente de l'ensemble des questions soulev&#233;es, et elle dura dix ans. &#192; partir de 1973, le MNA commen&#231;a &#224; mettre en place une strat&#233;gie beaucoup plus sophistiqu&#233;e pour un &lt;i&gt;Nouvel Ordre Mondial de l'Information&lt;/i&gt;. Au cours de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale de l'UNESCO de 1976, le large foss&#233; entre le MNA et les pays occidentaux (dont les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni) apparut de mani&#232;re claire. On &#233;vita de justesse une &#233;preuve de force par la cr&#233;ation d'une &lt;i&gt;Commission Internationale pour l'&#201;tude des Probl&#232;mes de Communication&lt;/i&gt;, g&#233;n&#233;ralement appel&#233;e Commission MacBride, du nom de son pr&#233;sident, Se&#225;n MacBride. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de la Commission MacBride &#224; l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale de 1980, &#171; &lt;i&gt;Voix Multiples, Un Seul Monde&lt;/i&gt; &#187;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;refl&#233;tait un processus politique virulent, &#233;ludait de nombreuses questions et contenait de multiples mises en garde. Il &#233;tait malgr&#233; tout complet (bien que la question de l'&#233;galit&#233; entre les sexes n'ait pas &#233;t&#233; suffisamment fouill&#233;e) et large, et il proposait des recommandations concr&#232;tes, dont :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les besoins en communication dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique doivent &#234;tre satisfaits par l'extension des droits sp&#233;cifiques comme le droit d'&#234;tre inform&#233;, le droit &#172;d'informer, le droit au respect de la vie priv&#233;e, le droit &#224; participer &#224; la communication publique - tous des composants d'un nouveau concept : droit &#224; la communication. Afin de d&#233;velopper ce qui pourrait &#234;tre appel&#233; une nouvelle &#232;re de droits sociaux, nous sugg&#233;rons que toutes les implications du droit &#224; communiquer soient explor&#233;es plus avant. &#187; [3]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois, le NOMIC disposait d'un cadre g&#233;n&#233;ral, d'une justification d&#233;taill&#233;e, d'un ensemble de propositions, et d'un concept f&#233;d&#233;rateur &lt;i&gt;- le droit &#224; la communication. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Les conclusions de la Commission furent finalement approuv&#233;es - un moment d&#233;terminant pour le NOMIC, mais qui fut de courte dur&#233;e. Les chances d'aboutir &#224; un accord &#233;taient minces ; au lieu de rapprocher les parties, le processus mit plut&#244;t &#224; jour leurs diff&#233;rences et raffermit leurs positions, notamment celles des gouvernements occidentaux embourb&#233;s dans la g&#233;opolitique de la Guerre Froide. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis men&#232;rent une &#171; contre-offensive &#187; sur l'UNESCO, avec le soutien appuy&#233; du secteur priv&#233; des m&#233;dias et des lobbies. Ils accusaient principalement les pays les moins d&#233;velopp&#233;s d'essayer d'imposer un contr&#244;le gouvernemental des m&#233;dias, et ainsi de supprimer la libert&#233; de la presse - bien que le NOMIC ne manqu&#226;t jamais une occasion de soutenir la libert&#233; de la presse. Les &#201;tats-Unis (en 1984) et le Royaume-Uni (en 1985) se retir&#232;rent finalement de l'UNESCO, en partie &#224; cause du NOMIC. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la &#171; soci&#233;t&#233; de l'information &#187; nouvellement politis&#233;e se d&#233;veloppait, le NOMIC d&#233;clinait sous sa forme originale. Il r&#233;ussit n&#233;anmoins &#224; se maintenir au programme de l'UNESCO jusqu'en 1987, malgr&#233; une action limit&#233;e. Il disparut d&#233;finitivement avec l'adoption de la &#171; &lt;i&gt;Nouvelle Strat&#233;gie de Communication&lt;/i&gt; &#187; de 1989, alors que Federico Mayor &#233;tait Directeur G&#233;n&#233;ral de l'UNESCO. Pourtant, les d&#233;saccords qui animaient le NOMIC persist&#232;rent, et &#224; certains &#233;gards se renforc&#232;rent. Les sujets de discorde refirent surface dans de nouveaux appels - cette fois non gouvernementaux - en faveur des &#171; droits de la communication &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; du NOMIC : les engagements de la soci&#233;t&#233; civile&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, la principale le&#231;on &#224; tirer du NOMIC fut que l'&#233;volution vers la cr&#233;ation de nouveaux ordres mondiaux devait passer par la d&#233;mocratisation des m&#233;dias et de la communication, plut&#244;t que par des initiatives soutenues par les &#201;tats ou les professionnels du secteur. En pratique, il fallait un changement radical d'attitude en direction de la soci&#233;t&#233; civile, qui jusqu'alors avait &#233;t&#233; largement exclue. Les organisations et personnes qui avaient &#233;t&#233; impliqu&#233;es - principalement des organisations de journalistes et quelques universitaires - continu&#232;rent de d&#233;battre sous la forme de la &lt;i&gt;Table Ronde MacBride&lt;/i&gt;, qui se r&#233;unit chaque ann&#233;e de 1989 &#224; 1999 et permit &#224; de nouveaux acteurs de la soci&#233;t&#233; civile de participer &#224; la discussion. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nombre croissant d'ONG, dont certaines n'avaient pas du tout pris part aux d&#233;bats ant&#233;rieurs, voire les ignoraient (et parfois m&#234;me ne se connaissaient pas entre elles), commenc&#232;rent aussi &#224; s'interroger sur l'&#233;volution des m&#233;dias, du savoir et de la communication. Parmi celles-ci se trouvaient des associations de m&#233;dias communautaires, des organisations religieuses, des syndicats internationaux, des ONG du tout jeune Internet et des groupes de d&#233;fense cr&#233;&#233;s en r&#233;ponse &#224; diff&#233;rents probl&#232;mes (comme la surveillance d'internet, la concentration des m&#233;dias aux mains des m&#234;mes propri&#233;taires, la censure commerciale, les exc&#232;s en mati&#232;re de &lt;i&gt;copyright&lt;/i&gt; et de brevets), qui venaient s'ajouter aux inqui&#233;tudes plus classiques sur la censure et le contr&#244;le par le gouvernement. L'importance croissante des techniques num&#233;riques et la naissance d'Internet apport&#232;rent aussi de nouveaux arguments en faveur de la d&#233;mocratisation, alors que les contradictions sociales existantes se manifestaient au travers de ce que l'on a appel&#233; les &#171; fractures num&#233;riques &#187;. De nouveaux lieux de d&#233;bat virent le jour, o&#249; les plaidoyers anciens et r&#233;cents pouvaient se retrouver. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de la soci&#233;t&#233; civile s'est construit autour des pratiques sur le terrain et du travail de conviction dans les instances nationales et r&#233;gionales de d&#233;bat, m&#234;me si les initiatives qu'elle portait n'avaient pas encore le label des droits de la communication. Toutefois, une histoire du mouvement pour les droits de la communication &#171; d'en bas &#187; mentionnerait probablement plusieurs domaines d'activisme : le mouvement des t&#233;l&#233;centres, les communaut&#233;s Free/Libre/Open Source Software (FLOSS), les centres de m&#233;dias ind&#233;pendants, les organisations de femmes dans le domaine de la communication, les d&#233;fenseurs du contenu local et des langues locales, les fournisseurs de service internet &#224; but non lucratif - tous profitant du nouveau pouvoir que leur accordaient les nouveaux outils et techniques de mise en r&#233;seau. Ces organisations - financ&#233;es par des institutions de donateurs et des universitaires bienveillants - &#233;volu&#232;rent ind&#233;pendamment et aff&#251;t&#232;rent leurs critiques sur les nouvelles hi&#233;rarchies de l'information et de la communication. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt-dix, de nombreuses coalitions et initiatives, parmi lesquelles la &lt;i&gt;Charte Populaire de la Communication &lt;/i&gt;et la &lt;i&gt;Plateforme pour la d&#233;mocratisation de la communication,&lt;/i&gt; virent le jour en r&#233;action &#224; un contexte plus vari&#233; dans lequel s'inscrivaient nombre de ces inqui&#233;tudes. De nombreuses conf&#233;rences et r&#233;unions regroupant des tendances tr&#232;s vari&#233;es furent organis&#233;es pour rassembler toutes les forces en pr&#233;sence et &#233;changer des points de vue au niveau international. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, une nouvelle force &#233;mergea de la soci&#233;t&#233; civile, mais cette fois &#224; partir d'une perspective diff&#233;rente et b&#233;n&#233;ficiant d'une exp&#233;rience historique et d'une pratique acquise sur le terrain [4]. Beaucoup des acteurs se retrouv&#232;rent en octobre 2001 dans la &lt;i&gt;Campagne pour les Droits de la Communication dans la Soci&#233;t&#233; de l'Information&lt;/i&gt;, ou Campagne CRIS [5], d&#232;s la mise en place d'un autre lieu de d&#233;bat sur la gouvernance mondiale - le Sommet Mondial sur la Soci&#233;t&#233; de l'Information (SMSI).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; droit &#224; la communication &#187; et les &#171; droits de la communication &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les expressions &#171; &lt;i&gt;droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; &#187; ne sont pas synonymes, et leur histoire, leurs principes et leurs strat&#233;gies sont li&#233;s &#224; leur usage par diff&#233;rents groupes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons vu, l'expression &#171; &lt;i&gt;droit &#224; communiquer&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt; droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la (mauvaise) interpr&#233;tation du NOMIC, r&#233;pandue par ses opposants. M&#234;me aujourd'hui, dans le cadre du SMSI, certains soutiennent que les tentatives pour promouvoir &#171; &lt;i&gt; un droit &#224; communiquer &lt;/i&gt; &#187; ne sont en fait que des efforts &#224; peine voil&#233;s pour ressusciter le NOMIC [6]. Pour ces contradicteurs, une conception des &#171; &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; &#187; distincte d'un &#171; &lt;i&gt;droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187; est plus difficile &#224; critiquer &#233;tant donn&#233; qu'elle ne prend pas en consid&#233;ration les implications du NOMIC. &lt;br /&gt;
Au niveau politique, il y a aussi eu des appels en faveur de la cr&#233;ation d'un nouveau droit d&#233;pendant du droit international. Il reposerait sur le cadre juridique international existant, et &#233;tablirait le &#171; &lt;i&gt;droit de la communication&lt;/i&gt; &#187; comme un droit non &#233;quivoque de tous les peuples. Cette position reconna&#238;t clairement que de nombreux droits humains existants en sont des &#233;l&#233;ments cl&#233;s, mais un &#171; droit &#224; communiquer &#187; explicite les soutiendrait &#224; la fois au niveau conceptuel et dans la pratique. Toutefois, les sp&#233;cificit&#233;s de ce droit, sa formulation pr&#233;cise, la forme l&#233;gale sous laquelle il serait int&#233;gr&#233;, etc., n'ont pas &#233;t&#233; compl&#232;tement d&#233;termin&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le terme &#171; &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; &#187;, au pluriel, fait implicitement r&#233;f&#233;rence aux droits existants li&#233;s &#224; la communication. L'accent se d&#233;place subtilement vers la concr&#233;tisation des droits de la communication existants &lt;i&gt;sur le terrain&lt;/i&gt;, et non sur l'&#233;tablissement d'un nouvel accord mondial. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel en faveur de la concr&#233;tisation des droits de la communication, et la r&#233;affirmation que chacun a - ou devrait avoir - le droit &#224; communiquer, sont enti&#232;rement compl&#233;mentaires. Le &#171; &lt;i&gt;droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187; peut &#234;tre utilis&#233; comme un cri de ralliement informel pour le plaidoyer, mais il peut aussi &#234;tre utilis&#233; dans un sens juridique formel, dans lequel il trouverait sa place au c&#244;t&#233; d'autres droits fondamentaux garantis par le droit international. Les &#171; &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; &#187; renvoient imm&#233;diatement &#224; un &lt;i&gt;ensemble&lt;/i&gt; de droits humains existants, qui sont ni&#233;s &#224; de nombreux peuples, et qui ne peuvent prendre leur sens complet que lorsqu'ils sont consid&#233;r&#233;s globalement comme un groupe &#233;troitement li&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Campagne CRIS constitue l'alliance de la soci&#233;t&#233; civile la plus organis&#233;e qui cherche &#224; promouvoir le concept et la pratique des Droits de la communication. Mais au-del&#224; de cette formation, de nombreuses autres ont adopt&#233; le terme dans diverses plates-formes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; droit &#224; la communication &#187; re&#231;ut un soutien appuy&#233; &#224; diff&#233;rents niveaux pendant le processus du SMSI de la part d'acteurs influents. La question a acquis une certaine importance m&#234;me si des efforts pour la discr&#233;diter, et la crainte de la controverse, expliquent probablement son exclusion du texte final [7]. Le Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de l'ONU, Kofi Annan d&#233;clara que &#171; &lt;i&gt;des millions de personnes dans les pays les plus pauvres sont toujours exclues du droit &#224; la communication, consid&#233;r&#233; de plus en plus comme un droit humain fondamental&lt;/i&gt; &#187;[8]. Et la Commission Europ&#233;enne fit remarquer que &#171; &lt;i&gt;Le Sommet devrait renforcer le droit &#224; la communication et d'acc&#233;der &#224; l'information et au savoir&lt;/i&gt; &#187; [9].&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres ONG importantes, non membres de la Campagne CRIS, ont aussi soutenu le droit &#224; la communication. &lt;i&gt;Article 19&lt;/i&gt;, dans sa vue d'ensemble du droit &#224; communiquer, le d&#233;crit comme : &#171; &lt;i&gt;un terme g&#233;n&#233;ral, englobant un ensemble de droits existants apparent&#233;s. Ceci signifie que toute manifestation du droit &#224; la communication doit avoir lieu dans le cadre des droits existants. &#187; &lt;/i&gt;[10]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droits de la communication, ou libert&#233; d'expression&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;libert&#233; d'expression &#187;&lt;/i&gt; figure parmi les fondements sacro-saints de tous les droits humains. Elle est mentionn&#233;e dans de nombreux Trait&#233;s et Conventions internationaux, et garantie sous diff&#233;rentes formes dans presque toutes les constitutions et l&#233;gislations nationales. La r&#233;f&#233;rence la plus fr&#233;quemment cit&#233;e est l'Article 19 de la DUDH : &lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Tout individu a droit &#224; la libert&#233; d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas &#234;tre inqui&#233;t&#233; pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de r&#233;pandre, sans consid&#233;rations de fronti&#232;res, les informations et les id&#233;es par quelque moyen d'expression que ce soit. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La libert&#233; d'expression est-elle suffisante ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs des droits de la communication doivent expliquer pourquoi il faudrait aller au-del&#224; de la &#171; libert&#233; d'expression &#187;. En outre, &#233;tant donn&#233; que dans la pratique, un tel droit fondamental est toujours refus&#233; &#224; de nombreuses personnes, ne faudrait-il pas concentrer nos efforts sur la libert&#233; d'expression pour tous ? Est-ce que s'assurer du respect de la libert&#233; d'expression suffirait pour assurer les droits de la communication ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'expression tire sa l&#233;gitimit&#233; d'un id&#233;al dans lequel un groupe d'individus communique, chacun ayant un droit &#233;gal de concevoir, transmettre et recevoir des id&#233;es de la part des autres, et donc de parvenir rationnellement &#224; des d&#233;cisions d'int&#233;r&#234;t mutuel. Le probl&#232;me, c'est que nous ne vivons pas comme un groupe de personnes ayant toutes les m&#234;mes pouvoirs. &lt;i&gt;Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; avec des niveaux d'acc&#232;s au pouvoir extr&#234;mement vari&#233;s&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;une soci&#233;t&#233; dans laquelle la plus grande partie de la communication entre les personnes est fortement m&#233;diatis&#233;e et filtr&#233;e - par les m&#233;dias de masse, les gouvernements, les entreprises commerciales, les groupes d'int&#233;r&#234;t particuliers et de nombreux autres acteurs, tous rivalisant pour attirer notre attention, cherchant &#224; influencer et contr&#244;ler le contenu et la circulation des communications. Insister uniquement sur la libert&#233; d'expression n'indique rien sur le processus par lequel les moyens d'expression de la soci&#233;t&#233; - journaux, t&#233;l&#233;vision, radio, films, musique et mat&#233;riel &#233;ducatif - sont contr&#244;l&#233;s, ni dans l'int&#233;r&#234;t de qui ils agissent. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la libert&#233; d'expression - dans le sens o&#249; des lois emp&#234;chent une intervention directe de l'&#201;tat et d&#233;fendent la libert&#233; de parole - est impuissante face &#224; la domination par les voix les plus fortes, c'est-&#224;-dire celles qui peuvent influencer le plus les moyens de communication au sein de la soci&#233;t&#233;, qu'il s'agisse du gouvernement, des propri&#233;taires de journaux et de m&#233;dias, ou de groupes d'int&#233;r&#234;t puissants. &lt;br /&gt;
Comment la &#171; &lt;i&gt;libert&#233; de recevoir et transmettre des informations&lt;/i&gt; &#187; peut-elle alors se manifester si une personne peut &#224; peine lire ou &#233;crire, ou ne peut pas parler la langue officielle du pays ? Quelle est la r&#233;alit&#233; de la libert&#233; de &#171; &lt;i&gt;chercher et recevoir des informations&lt;/i&gt; &#187; si les gouvernements et les entreprises ne sont pas oblig&#233;s de les fournir ? Ou bien si vous n'avez pas les moyens de payer des documents p&#233;dagogiques, ou d'acc&#233;der &#224; des supports essentiels de communication, comme le t&#233;l&#233;phone ou (de plus en plus) Internet ? Ou encore si vous savez que vos moyens de communication sont &#172;espionn&#233;s ? Ce sont l&#224; les manifestations d'un acc&#232;s in&#233;gal au pouvoir, les sympt&#244;mes d'un monde dans lequel la communication devient seulement possible par le biais de m&#233;dias et de m&#233;canismes complexes et contest&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les d&#233;fenseurs de la libert&#233; d'expression se trouvent confront&#233;s &#224; la n&#233;cessit&#233; de transposer le concept d'un monde o&#249; vivent des individus &#233;gaux vers une soci&#233;t&#233; complexe et multiple avec une communication fortement m&#233;diatis&#233;e et des formes de pouvoir vari&#233;es et diverses. Aborder cette situation exige un ensemble suppl&#233;mentaire de concepts et d'instruments, qui sont au c&#339;ur du discours sur les &#171; d&lt;i&gt;roits de la communication&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner un cadre aux &#171; droits de la communication &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer les Droits &#224; la Communication comme le fait d'offrir les conditions n&#233;cessaires au plein exercice de la libert&#233; d'expression dans une soci&#233;t&#233; complexe et m&#233;diatis&#233;e dans laquelle le pouvoir et le contr&#244;le des ressources sont distribu&#233;s de mani&#232;re tr&#232;s in&#233;gale. Si la libert&#233; d'expression se trouve en effet au c&#339;ur des Droits de la Communication, ceux-ci visent au-del&#224; &#224; cr&#233;er &lt;i&gt;un environnement dans lequel la libert&#233; d'expression pourrait &#234;tre pleinement exerc&#233;e&lt;/i&gt; au niveau de la soci&#233;t&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Droits de la Communication reposent sur &lt;i&gt;l'action de communiquer&lt;/i&gt;, la r&#233;alisation d'une &lt;i&gt;interaction entre personnes&lt;/i&gt;. Ils assurent que la libert&#233; d'interagir avec d'autres consiste finalement &#224; g&#233;n&#233;rer un &lt;i&gt;cycle de communication&lt;/i&gt;, dont peuvent r&#233;sulter l'apprentissage, la compr&#233;hension et la coop&#233;ration. Une premi&#232;re approximation de l'objectif des droits de la communication peut donc se r&#233;sumer de la mani&#232;re suivante : &lt;i&gt;assurer la cr&#233;ation d'un cycle d'interaction r&#233;fl&#233;chi, cr&#233;atif et respectueux entre les personnes et les groupes de la soci&#233;t&#233;, qui en pratique d&#233;coule du droit de chacun &#224; avoir de mani&#232;re &#233;gale ses id&#233;es exprim&#233;es, entendues, &#233;cout&#233;es, consid&#233;r&#233;es et satisfaites.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droits habilitants&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Droits de la Communication reposent sur des aspects d'autres droits humains essentiels - des droits &#171; d'accompagnement &#187; ou &#171; habilitants &#187; - contenus dans la Charte Internationale des Droits de l'Homme et d'autres trait&#233;s et documents juridiques. Il s'agit du :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Droit de participer &#224; sa propre culture, et d'utiliser sa propre langue maternelle, y compris pour les minorit&#233;s ethniques, religieuses ou linguistiques ;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; l'information sur la gouvernance et les sujets d'int&#233;r&#234;t public (libert&#233; d'information) ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; la protection des int&#233;r&#234;ts moraux et mat&#233;riels des auteurs ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit au respect de l'honneur et de la r&#233;putation de chacun, et &#224; la protection contre les attaques ; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit au respect de la vie priv&#233;e ; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit de rassemblement et d'association pacifique ; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Droit &#224; une &#233;ducation primaire gratuite et &#224; l'introduction progressive d'une &#233;ducation secondaire gratuite.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Un aspect de chacun de ces droits se retrouve de plus en plus dans le processus de communication au sein de la soci&#233;t&#233; (l'intitul&#233; de chaque droit pourrait &#234;tre suivi par &#171; &lt;i&gt;en relation avec les m&#233;dias et la communication&lt;/i&gt; &#187;) et on pourrait consid&#233;rer les droits de la communication comme des droits &#171; de niveau sup&#233;rieur &#187;. Toutefois, on y ajoute des dimensions plus sp&#233;cifiques et parfois suppl&#233;mentaires. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : le droit &#224; des m&#233;dias divers et ind&#233;pendants et &#224; l'acc&#232;s aux m&#233;dias a &#233;t&#233; reconnu dans plusieurs lieux de d&#233;bat aussi divers que la Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme, la Cour Supr&#234;me du Sri Lanka, la Cour F&#233;d&#233;rale Constitutionnelle d'Allemagne, l'UNESCO et dans des R&#233;solutions du Conseil de l'Union Europ&#233;enne &lt;br /&gt;
La promotion des droits de la communication tente de lever des barri&#232;res sociales, historiques, &#233;conomiques et psychologiques, pour favoriser la cr&#233;ation d'un environnement de respect mutuel, et pour donner &#224; chacun les capacit&#233;s de communiquer et d'interagir. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Valeur Ajout&#233;e des droits de la communication&lt;br /&gt;
Cette interpr&#233;tation des droits de la communication comporte un certain nombre d'implications.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout d'abord, l'ensemble des droits de la communication repr&#233;sente plus que la somme de leurs composants. &lt;/i&gt;Les droits de la communication regroupent des aspects pertinents issus d'un ensemble de droits habilitants, et ils ne peuvent se r&#233;aliser qu'&#224; travers ceux-ci. Toutefois, les droits de la communication peuvent aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &lt;i&gt;m&#233;ta-droits&lt;/i&gt;, ce qui donne un sens nouveau et suppl&#233;mentaire &#224; ces droits habilitants.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la concr&#233;tisation des droits de la communication se traduit dans la pratique par la cr&#233;ation d'un climat de respect mutuel et de tol&#233;rance pas uniquement entre les individus qui d&#233;tiennent ces droits, mais aussi entre les diff&#233;rentes communaut&#233;s et cultures, groupes ethniques et nationalit&#233;s. Demander le respect des &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; soutient et renforce en m&#234;me temps la notion et la valeur de la diversit&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, les droits de la communication sous-entendent sans conteste des processus et la dynamique de la soci&#233;t&#233;. De par leur nature, les &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; remettent en question le fait de savoir si les structures sociales limitent et favorisent de mani&#232;re diff&#233;rente l'aptitude de diff&#233;rents individus et groupes &#224; communiquer efficacement au sein des soci&#233;t&#233;s. Le concept des droits de la communication nous oblige &#224; appliquer de mani&#232;re beaucoup plus compl&#232;te l'esprit de la &#171; &lt;i&gt;libert&#233; d'expression&lt;/i&gt; &#187; pour lever les contraintes subies par des pans entiers de la soci&#233;t&#233;, et encourager l'acc&#232;s et les aptitudes de ceux qui sont exclus. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droits de la communication : pourquoi maintenant ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les &#171; &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; &#187; en tant que concept sont-ils plus pertinents aujourd'hui que par le pass&#233; ? Comment, actuellement, se justifie un mouvement essayant de mettre en application et d'approfondir nos &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; ? &lt;br /&gt;
La pertinence des &lt;i&gt;droits de la communication&lt;/i&gt; s'est particuli&#232;rement affirm&#233;e au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, &#224; cause d'un certain nombre de facteurs et de tendances observ&#233;s au niveau mondial dans la sph&#232;re de l'information et de la communication, dont :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La pr&#233;dominance des grands m&#233;dias et la concentration des m&#233;dias&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les effets n&#233;gatifs des syst&#232;mes m&#233;diatiques sur l'identit&#233;/les identit&#233;s et la culture/les cultures&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#233;mergence des r&#233;gimes de &lt;i&gt;copyright&lt;/i&gt; et l'&#233;rosion du domaine public des connaissances mondiales &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les limitations des initiatives inspir&#233;es par le march&#233; dans les t&#233;l&#233;communications et les TIC&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#233;rosion des droits civiques dans l'environnement num&#233;rique, particuli&#232;rement apr&#232;s le 11 septembre (par exemple, la mise en place de contraintes fortes, &#224; l'&#233;chelle globale et dans tous les domaines, pour accentuer la surveillance &#233;lectronique). &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le concept des droits de la communication nous permet d'analyser et de comprendre toutes ces inqui&#233;tudes, et de concevoir des solutions globales. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble, ces dynamiques influencent grandement chaque &#233;tape du processus de communication dans la soci&#233;t&#233;. Ces tendances dessinent les contours d'une communication soci&#233;tale et d&#233;signent ses b&#233;n&#233;ficiaires par le processus de contr&#244;le sur la cr&#233;ation et la propri&#233;t&#233; des connaissances. Des processus monopolis&#233;s par les m&#233;dias de diffusion et de communication, qui les utilisent pour atteindre des objectifs politiques, &#233;conomiques et sociaux. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'imm&#233;diat, on peut craindre que chaque &#233;tape du cycle ne finisse par &#234;tre li&#233;e aux besoins du capital et du march&#233;. Le danger ultime est que le cycle du processus de communication soci&#233;tale soit interrompu, que le processus d'apprentissage social s'affaiblisse, et finalement que le processus de cr&#233;ativit&#233; soit transform&#233; et r&#233;duit &#224; une production &#224; court terme et non durable de profits destin&#233;s une petite minorit&#233;. La soci&#233;t&#233; se rendra alors compte qu'elle aura presque perdu sa capacit&#233; de cr&#233;ativit&#233;, de partage inclusif et &#233;quitable du savoir, de participation d&#233;mocratique dans les structures politiques, d'expression culturelle et identitaire diversifi&#233;e, et m&#234;me sa capacit&#233; d'apprendre des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es et futures. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#171; droits de la communication &#187; &lt;/i&gt;en tant que concepts et pratiques, ont le souffle et la profondeur qui permettent d'analyser et de comprendre ces dangers, tout autant que de concevoir des solutions pour y r&#233;pondre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Cybercriminalit&#233;</title>
		<link>https://www.a-brest.net/article2307.html</link>
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		<dc:date>2006-03-26T10:08:02Z</dc:date>
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		<dc:creator>a-brest</dc:creator>
		




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&lt;p&gt;Le terme &#171; cybercriminalit&#233; &#187; a &#233;t&#233; invent&#233; &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingt-dix, alors qu'Internet se r&#233;pandait en Am&#233;rique du Nord. Un sous-groupe des pays du G8 fut form&#233; suite &#224; une r&#233;union &#224; Lyon, en France, afin d'&#233;tudier les nouveaux types de criminalit&#233; encourag&#233;s par, ou migrant vers, internet. Ce &#171; groupe de Lyon &#187; employait alors &#171; cybercriminalit&#233; &#187; pour d&#233;crire, de mani&#232;re relativement vague, tous les types de d&#233;lits perp&#233;tr&#233;s sur internet ou les nouveaux r&#233;seaux de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le terme &#171; cybercriminalit&#233; &#187; a &#233;t&#233; invent&#233; &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingt-dix, alors qu'Internet se r&#233;pandait en Am&#233;rique du Nord. Un sous-groupe des pays du G8 fut form&#233; suite &#224; une r&#233;union &#224; Lyon, en France, afin d'&#233;tudier les nouveaux types de criminalit&#233; encourag&#233;s par, ou migrant vers, internet. Ce &#171; groupe de Lyon &#187; employait alors &#171; cybercriminalit&#233; &#187; pour d&#233;crire, de mani&#232;re relativement vague, tous les types de d&#233;lits perp&#233;tr&#233;s sur internet ou les nouveaux r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communications dont le co&#251;t chutait rapidement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En m&#234;me temps, et &#224; l'initiative des membres du groupe de Lyon, le Conseil de l'Europe commen&#231;a &#224; r&#233;diger un projet de &lt;i&gt;Convention sur la Cybercriminalit&#233;&lt;/i&gt; [1]. Cette convention, rendue publique pour la premi&#232;re fois en 2000, pr&#233;voyait un nouvel ensemble de techniques de surveillance que les organismes charg&#233;s de l'application de la loi estimaient n&#233;cessaires pour combattre la &#171; cybercriminalit&#233; &#187;. Comment la cybercriminalit&#233; &#233;tait-elle d&#233;finie ? La version finale de cette convention, adopt&#233;e en novembre 2001 apr&#232;s les &#233;v&#232;nements du 11 septembre, n'en proposait pas de d&#233;finition. Le terme &#233;tait plut&#244;t utilis&#233; comme une sorte de fourre-tout pour d&#233;signer les nouveaux probl&#232;mes auxquels se trouvaient confront&#233;s la police et les agences de renseignement, et d&#233;coulant des performances toujours meilleures des ordinateurs, de la baisse du co&#251;t des communications, et du ph&#233;nom&#232;ne Internet. La convention &#233;num&#232;re les diff&#233;rentes dispositions et les domaines exigeant une nouvelle l&#233;gislation :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titre 1 -&lt;i&gt; Infractions contre la confidentialit&#233;, l'int&#233;grit&#233; et la disponibilit&#233; des donn&#233;es et syst&#232;mes informatiques. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titre 2 -&lt;i&gt; Infractions informatiques [falsification et &#172;fraude].&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titre 3 -&lt;i&gt; Infractions se rapportant au contenu [pornographie].&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Titre 4 - &lt;i&gt;Infractions li&#233;es aux atteintes &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle et aux droits connexes.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Titre 5 -&lt;i&gt; Autres formes de responsabilit&#233; et de sanctions [aide et complicit&#233;, responsabilit&#233; des personnes morales].&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cybercriminalit&#233; : la bo&#238;te de Pandore&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dispositions relatives aux crimes sont en r&#233;alit&#233; tr&#232;s br&#232;ves, la majeure partie de la Convention traitant de droit proc&#233;dural et de coop&#233;ration internationale. Pour que les poursuites aboutissent, il fallait trouver de nouvelles techniques pour r&#233;unir des preuves, assurer leur int&#233;grit&#233;, et les partager par del&#224; les fronti&#232;res. Les injonctions de conservation rapide de donn&#233;es stock&#233;es, les mandats &#233;lectroniques, le recueil de donn&#233;es en temps r&#233;el, l'archivage des donn&#233;es relatives au trafic : autant de mesures qui impliquaient une intrusion dans les libert&#233;s civiques. Une d&#233;pendance croissante des trait&#233;s mutuels d'assistance l&#233;gale, m&#234;me quand il ne s'agissait pas d'un cas de double incrimination, ouvrait une bo&#238;te de Pandore d'accusations criminelles possibles selon tous les r&#233;gimes du monde. Alors que la &lt;i&gt;Convention sur la Cybercriminalit&#233;&lt;/i&gt; &#233;num&#232;re clairement les probl&#232;mes propres aux enqu&#234;tes criminelles au niveau mondial, elle ne propose toujours pas de solution pour prot&#233;ger la vie priv&#233;e et les droits humains.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, il r&#233;gnait une grande confusion. La notion de cybercriminalit&#233; &#233;tait appliqu&#233;e &#224; de nouveaux types de criminalit&#233;, comme la cyberpornographie - c'est-&#224;-dire la diffusion de photographies violant les lois de certains pays (mais pas tous) relatives &#224; la pornographie inacceptable et l'exploitation des personnes. Comme internet ignore les fronti&#232;res, il &#233;tait devenu beaucoup plus facile de diffuser des contenus &#224; l'&#233;tranger, parfois de mani&#232;re compl&#232;tement anonyme. P&#233;n&#233;trer dans les syst&#232;mes informatiques, ou les &#171; pirater &#187;, constituait aussi un nouveau crime, alors que de nombreux pays ne le consid&#233;rait pas encore comme une infraction criminelle. La &lt;i&gt;Convention sur la Cybercriminalit&#233;&lt;/i&gt; visait entre autres &#224; &#233;tablir et harmoniser les dispositions qui devaient &#234;tre int&#233;gr&#233;es dans la l&#233;gislation des pays signataires, afin de lutter de mani&#232;re bien coordonn&#233;e contre cette nouvelle activit&#233; criminelle. Les jeux d'argent en ligne soulevaient un autre probl&#232;me : des champs de courses virtuels fleurissaient sur internet, et bien que les pays aient des approches tr&#232;s diff&#233;rentes, suffisamment de pays d&#233;velopp&#233;s int&#233;graient les revenus tir&#233;s des jeux d'argent dans les budgets nationaux et les &#233;conomies du tourisme, de sorte que l'&#233;mergence de concurrents virtuels, op&#233;rant depuis des paradis fiscaux, suscitait une r&#233;elle inqui&#233;tude.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Archivage des donn&#233;es informatiques, cryptographie : deux grands probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; en question&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la &lt;i&gt;Convention sur la Cybercriminalit&#233;&lt;/i&gt; ne soit rendue publique, des d&#233;fenseurs des libert&#233;s civiques du monde entier se battaient d&#233;j&#224; contre diff&#233;rentes initiatives nationales visant &#224; introduire l'archivage obligatoire des donn&#233;es informatiques, ou le stockage des donn&#233;es de connexion sur les t&#233;l&#233;communications et le trafic Internet, &#224; des fins d'enqu&#234;tes criminelles. L'archivage des donn&#233;es de connexion faisait partie d'un ensemble de mesures de contr&#244;le pr&#233;sent&#233;es d&#232;s 1992 par le FBI comme n&#233;cessaires pour combattre le crime sur la nouvelle &#171; autoroute de l'information &#187; - comme on appelait alors Internet. Pendant toutes les ann&#233;es quatre-vingt-dix, des activistes d'internet, des experts techniques, et des entreprises priv&#233;es avaient &#339;uvr&#233; ensemble contre l'imposition de mesures de contr&#244;le de la cryptographie, y compris des projets de d&#233;p&#244;t des cl&#233;s aupr&#232;s d'un tiers de confiance, dans lesquels le gouvernement aurait d&#233;tenu une copie de toutes les cl&#233;s cryptographiques afin d'enqu&#234;ter et de trouver plus facilement des preuves sur les activit&#233;s criminelles. Le projet le plus c&#233;l&#232;bre fut le &#171; &lt;i&gt;Clipper Chip&lt;/i&gt; &#187; am&#233;ricain, qui pr&#233;voyait non seulement que le gouvernement d&#233;tienne les cl&#233;s de chiffrement, mais qui proposait aussi un algorithme ferm&#233; ou propri&#233;taire qu'aucun expert n'&#233;tait autoris&#233; &#224; analyser ni tester. La s&#233;curit&#233; est une course aux armements, dont les algorithmes et les mesures de surveillance n&#233;cessaires &#224; son succ&#232;s sont attaqu&#233;s aussi rapidement qu'ils sont mis en place. En cons&#233;quence, les seules mesures de s&#233;curit&#233; auxquelles les experts font confiance sont celles qui ont &#233;t&#233; expos&#233;es aux attaques et qui ont surv&#233;cu. &#192; l'origine, la cryptographie relevait du domaine des experts de l'arm&#233;e et de la s&#233;curit&#233; nationale, mais de plus en plus les civils se sont mis &#224; l'&#233;tudier et elle s'est r&#233;pandue dans l'usage public. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1991, le pacifiste et expert en cryptographie Phil Zimmerman d&#233;posa sur Usenet un logiciel de cryptographie appel&#233; &lt;i&gt;Pretty Good Privacy&lt;/i&gt;, ou PGP, le mettant ainsi &#224; la disposition de pays vers lesquels les &#201;tats-Unis refusaient d'exporter une cryptographie forte. Le gouvernement am&#233;ricain demanda une enqu&#234;te du Grand Jury, laquelle dura trois ans avant de se clore en janvier 1996 par un non-lieu. Phil Zimmerman devint un h&#233;ros au sein de la communaut&#233; d'internet, &#233;tant donn&#233; qu'il avait aid&#233; des dissidents politiques de pays comme la Lettonie &#224; crypter leurs communications et passer outre la surveillance de leur gouvernement. Toutefois, pendant trois ans, il encourut une peine de prison pour avoir export&#233; un produit cryptographique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce&lt;i&gt; statu quo&lt;/i&gt; sur l'exportation des produits cryptographiques se prolongea plusieurs ann&#233;es, parce que l'on se trouvait dans une impasse classique : s'il ne faisait aucun doute qu'un individu pouvait enti&#232;rement dissimuler un crime &#233;conomique &#224; l'aide d'une cryptographie forte et inviolable, il &#233;tait &#233;galement vrai qu'une entreprise avait besoin de se prot&#233;ger de l'espionnage industriel et des intrusions criminelles en utilisant le m&#234;me type de cryptographie forte. M&#234;me &lt;i&gt;Clipper chip&lt;/i&gt; fit long feu, et les &#201;tats-Unis et les autres pays du G8 assouplirent leurs mesures de contr&#244;le de la cryptographie, presque au moment de la naissance de la&lt;i&gt; Convention sur la Cybercriminalit&#233;&lt;/i&gt;. Toutefois, l'ambiance entre les d&#233;fenseurs d'internet et les experts s'&#233;tait quelque peu teint&#233;e de m&#233;fiance, suite aux tentatives gouvernementales pour mettre fin au respect de la vie priv&#233;e et au chiffrement sur Internet. Un bras de fer capital venait de s'engager, entre d'une part l'&#201;tat, qui souhaitait pouvoir prendre connaissance de tout ce qui circulait sur les r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communications, et notamment Internet, et d'autre part l'individu (repr&#233;sent&#233; par les groupes de libert&#233;s civiques), qui n'avait pas le sentiment que le gouvernement cherchait vraiment &#224; le prot&#233;ger, mais qu'il essayait plut&#244;t d'asseoir son pouvoir au commencement de la nouvelle &#232;re de l'information, en mettant en place des syst&#232;mes de surveillance qui allaient se multiplier et menacer nos libert&#233;s. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cybercriminalit&#233; n'est pas virtuelle&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais enfin, qu'est-ce que la cybercriminalit&#233; ? Et tout d'abord, qu'est-ce que le cyberespace ? Le terme a &#233;t&#233; invent&#233; par l'auteur de science-fiction William Gibson en 1982, et appliqu&#233; &#224; Internet par Howard Rheingold, de sorte qu'il a fini par d&#233;signer cette nouvelle infrastructure de communication. Toutefois, nous oublions parfois que le cyberespace n'a pas d'existence r&#233;elle. Concr&#232;tement, il existe un r&#233;seau, et de nombreux serveurs et &#233;quipements divers, mais les communications sur Internet semblent &#233;ph&#233;m&#232;res et insaisissables, et dans l'esprit du public, c'est la &lt;i&gt;gestalt&lt;/i&gt; qui agit. Ceci s'explique peut-&#234;tre par la fragilit&#233; de la relation entre l'individu moyen et son ordinateur ou son logiciel de courrier &#233;lectronique. Qui n'a jamais perdu un document parce qu'il avait oubli&#233; de l'enregistrer, ou n'a jamais eu &#224; d&#233;plorer la disparition de son agenda et de son courrier &#233;lectronique ? En r&#233;alit&#233;, un fin limier arm&#233; des bons outils peut retrouver et exhumer presque tout, parce que contrairement au monde analogique, le monde num&#233;rique laisse des traces pour chaque bit d'information et chaque octet envoy&#233;. Ces outils et comp&#233;tences ne sont pas &#224; la port&#233;e de l'utilisateur de base, ce qui explique pourquoi la notion de cyberspace, une sorte d'hyperespace magique depuis lequel les informations vont et viennent, semble parfaitement convenir. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de commencer &#224; r&#233;diger le projet de&lt;i&gt; Convention sur la Cybercriminalit&#233;&lt;/i&gt;, la plupart des organismes charg&#233;s de l'application de la loi accusaient aussi un certain retard technologique. Ils ignoraient comment enqu&#234;ter, comment saisir des preuves sur des ordinateurs sans les contaminer, comment pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; des donn&#233;es dans le cas o&#249; leur propri&#233;taire aurait envoy&#233; une commande&lt;i&gt; kill&lt;/i&gt; &#224; distance pour les d&#233;truire, comment remonter jusqu'aux auteurs d'un message, notamment s'agissant de messages crypt&#233;s ou utilisant un &lt;i&gt;anonymiseur&lt;/i&gt;. Il s'agit l&#224; de probl&#232;mes complexes, et le travail des organismes charg&#233;s de l'application de la loi se r&#233;sumait &#224; l'origine &#224; tenter de ralentir la cadence et attirer l'attention sur leurs propres besoins en moyens pour s'attaquer &#224; un nouveau probl&#232;me. Comme il est souvent plus facile d'obtenir de nouveaux moyens pour combattre un nouveau probl&#232;me plut&#244;t que l'intensification d'un probl&#232;me ancien, il n'est pas &#233;tonnant que de nouveaux termes aient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s. Toutefois, on peut s'interroger sur l'utilit&#233; du terme &#171; cybercriminalit&#233; &#187;, et il peut s'av&#233;rer trompeur. Les crimes se produisent en effet dans le monde r&#233;el, et impliquent g&#233;n&#233;ralement des personnes et de l'argent tout aussi r&#233;els. Il est important de se concentrer sur cet aspect du probl&#232;me plut&#244;t que sur les aspects plus &#233;ph&#233;m&#232;res comme les techniques d'envoi des communications.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; cybercriminalit&#233; &#187; se caract&#233;rise par trois aspects&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il y a le nouveau crime consistant &#224; pirater, s'introduire ou espionner les syst&#232;mes informatiques d'autres personnes ou organisations. Les opinions divergeaient quant &#224; savoir si le simple fait de regarder &#233;tait un crime, d'autant que les tout premiers &#171; bidouilleurs &#187; (&lt;i&gt;hackers&lt;/i&gt;)[2] d&#233;tectaient souvent des br&#232;ches dans la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes et avaient le sentiment d'&#234;tre des citoyens tout &#224; fait respectables en les signalant. Cela n'a de tout &#233;vidence rien &#224; voir avec le fait de p&#233;n&#233;trer dans un syst&#232;me dans un but criminel. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a les cas dans lesquels le crime est ancien mais le syst&#232;me est nouveau, comme dans le cas des tentatives d'escroquerie par internet. Les arnaques commerciales existent depuis toujours, les arnaques t&#233;l&#233;phoniques depuis des d&#233;cennies, et nous avons aujourd'hui les arnaques par internet. Il en va de m&#234;me pour la pornographie et le non-respect du &lt;i&gt;copyright&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me aspect concerne l'enqu&#234;te, dans laquelle l'ordinateur sert de r&#233;servoir de preuves, indispensables pour que les poursuites engag&#233;es dans le cadre de n'importe quel crime aboutissent. Ce qui autrefois &#233;tait consign&#233; sur le papier a toutes les chances d'&#234;tre aujourd'hui consign&#233; sous forme num&#233;rique, et peut &#234;tre d&#233;truit ou chiffr&#233; &#224; distance. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chien policier dot&#233; d'un bon flair semble habiter un univers parall&#232;le... Il peut vivre avec nous et marcher dans la m&#234;me rue que nous, mais il ressent les choses d'une mani&#232;re compl&#232;tement diff&#233;rente de celle d'un humain et vit dans un monde riche en informations de type chimique. L'homme a d&#233;sormais construit un monde o&#249; les puces de silicium g&#233;n&#232;rent de nouvelles informations, les envoient autour du monde dans des flux &#233;lectroniques num&#233;riques, et nous sommes incapables de les d&#233;tecter sans l'aide des ordinateurs. N&#233;anmoins, ce monde num&#233;rique parall&#232;le existe, et les bits num&#233;riques constituent un nouveau type de preuves. Les bits num&#233;riques repr&#233;sentent aussi un nouveau type de danger pour l'individu, parce qu'une personne capable de manipuler les preuves num&#233;riques peut cr&#233;er un nouveau personnage num&#233;rique, ou persona. Il s'agit d'un quatri&#232;me type de crime, plus subtil que les autres, et que l'on conna&#238;t mieux sous le nom d'usurpation d'identit&#233;. Si cette tendance persiste, &#171; cybercriminalit&#233; &#187; pourrait bien devenir un terme utile pour d&#233;crire les infractions commises contre la &lt;i&gt;persona num&#233;rique&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La persona num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'appelle-t-on &#171; &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; &#187;, et s'agit-il d'un terme utile ? L'expression est employ&#233;e depuis au moins une dizaine d'ann&#233;es, pour d&#233;signer l'impression qu'une personne laisse sur Internet. Le Dr. Roger Clarke l'a tr&#232;s bien expliqu&#233; dans le r&#233;sum&#233; d'un article consacr&#233; &#224; ce sujet. [3]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;persona &lt;/i&gt;num&#233;rique correspond au profil d'un individu &#233;tabli par la collecte, le stockage et l'analyse des donn&#233;es informatiques lui correspondant. Il s'agit d'un concept tr&#232;s utile et m&#234;me d'un concept n&#233;cessaire pour arriver &#224; comprendre le comportement du nouveau monde en r&#233;seau. Cet article pr&#233;sente la notion, retrouve ses origines et apporte des exemples de son application. Nous pensons que cette notion permettra de comprendre, ou de mieux comprendre, de nombreux aspects du comportement du r&#233;seau. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; num&#233;rique est aussi un ph&#233;nom&#232;ne potentiellement mena&#231;ant, d&#233;gradant, voire socialement dangereux. Sa dangerosit&#233; potentielle r&#233;clame une attention particuli&#232;re dans le domaine de la surveillance des donn&#233;es informatiques, c'est-&#224;-dire l'observation des personnes au moyen de leurs donn&#233;es personnelles. La surveillance des donn&#233;es informatiques constitue un moyen &#233;conomiquement efficace pour contr&#244;ler le comportement des individus et des soci&#233;t&#233;s. La mani&#232;re dont la &lt;i&gt;persona num&#233;rique&lt;/i&gt; participe &#224; la compr&#233;hension de techniques particuli&#232;res de &#171; &lt;i&gt;dataveillance&lt;/i&gt; &#187; comme la classification et le profilage par ordinateur fait d&#233;bat, et nous mettrons en &#233;vidence les risques propres &#224; une observation des&lt;i&gt; personae num&#233;riques&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onze ans plus tard, nous avons progress&#233; jusqu'&#224; un point d&#233;rangeant annonc&#233; dans l'article. Clarke identifie la &lt;i&gt;persona num&#233;rique&lt;/i&gt; comme une construction, utile pour comprendre l'ombre que nous projetons dans le monde num&#233;rique du cyberespace, et il &#233;tablit la distinction entre &lt;i&gt;personae&lt;/i&gt; passives, actives et autonomes : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La persona num&#233;rique est un mod&#232;le de la personnalit&#233; publique d'un individu bas&#233; sur des donn&#233;es informatiques et entretenu par des transactions, et visant &#224; servir de personnalit&#233; par procuration &#224; cet individu. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utiles pour construire l'identit&#233; des individus dans le but de s'adresser &#224; eux (les adresses &#233;lectroniques, par exemple) ou de les identifier comme personnes autoris&#233;es &#224; r&#233;aliser certaines actions (payer des factures en ligne, pr&#233;parer un voyage), les bits dessinent rapidement un ensemble d'habitudes et une personnalit&#233; aussi r&#233;elles que l'&#234;tre humain qui se cache derri&#232;re. Les gouvernements et les entreprises les utilisent d&#233;sormais pour &#171; conna&#238;tre leurs clients &#187; et l'on fait quasiment plus confiance aux preuves &#233;lectroniques et &lt;i&gt;personae &lt;/i&gt;num&#233;riques qu'aux individus eux-m&#234;mes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, des faiblesses dans la s&#233;curit&#233; montrent de plus en plus que cette confiance est peut-&#234;tre mal plac&#233;e. Le &#171; hame&#231;onnage &#187; (&lt;i&gt;phishing&lt;/i&gt;) [4] et les attaques de &lt;i&gt;pharming&lt;/i&gt;, ou la mystification de courrier &#233;lectronique et de sites web, convainquent les personnes de donner des informations personnelles par internet, et les fraudeurs utilisent ensuite ces informations pour faire croire &#224; un commer&#231;ant, un gouvernement, ou une banque qu'ils sont la vraie personne. Les voleurs poussent parfois plus loin la complexit&#233; du monde actuel, et il arrive qu'ils amalgament diff&#233;rents groupes de donn&#233;es informatiques pour cr&#233;er des personnes fictives mais paraissant r&#233;elles. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'importe-o&#249; dans le cyberespace, un nombre incalculable de ces personnages fictifs pourrait s&#233;vir, g&#233;n&#233;ralement avec des intentions criminelles, mais pas toujours. Les repr&#233;sentants des forces de l'ordre se font passer pour des enfants dans des salons de clavardage dans le but d'arr&#234;ter les p&#233;dophiles potentiels. Des clients fant&#244;mes testent les services &#224; la client&#232;le. Des &#172;adultes du monde entier se cr&#233;ent des &lt;i&gt;personae&lt;/i&gt; sur les sites de rencontres par internet, pour cacher leur v&#233;ritable identit&#233; jusqu'&#224; ce qu'ils aient suffisamment confiance en les inconnus avec qui ils parlent. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous nous acheminons vers un monde o&#249; la surveillance num&#233;rique des &#234;tres humains se d&#233;veloppe de mani&#232;re exponentielle, il faut nous demander o&#249; nous allons. Bient&#244;t, les puces d'identification par radio-fr&#233;quence (puces RFID) de nos v&#234;tements et de nos cartes d'identit&#233; communiqueront avec notre environnement, et des &#233;metteurs int&#233;gr&#233;s suivront nos moindres mouvements. Si quelqu'un r&#233;ussit &#224; imiter ces indices, un &#234;tre humain r&#233;el pourra se retrouver confront&#233; devant les tribunaux &#224; une &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; num&#233;rique, construite avec soin &#224; l'insu de l'individu concern&#233;. Les tentatives pour &#233;tablir le rapport entre ces indices et l'individu par la biom&#233;trie peuvent aider &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me, ou bien l'empirer. Les sp&#233;cialistes des libert&#233;s civiques s'inqui&#232;tent de l'omnipr&#233;sence des lecteurs biom&#233;triques dans notre vie quotidienne, affirmant qu'ils ne sont pas fiables et produisent beaucoup trop de faux positifs et de faux n&#233;gatifs. Une exp&#233;rience r&#233;cente consistant &#224; relever des empreintes digitales et &#224; les reproduire sur de faux doigts moul&#233;s &#224; partir d'oursons en g&#233;latine a confirm&#233; qu'il &#233;tait possible de duper les lecteurs d'empreintes digitales, mais elle n'a pas r&#233;ussi &#224; ralentir l'installation des syst&#232;mes [5].&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Clarke, dans son article sur la &lt;i&gt;Persona&lt;/i&gt; Num&#233;rique, se r&#233;f&#233;rait &#224; la construction de l'&#234;tre selon Jung, avec l'&lt;i&gt;anima&lt;/i&gt; tourn&#233;e vers l'int&#233;rieur face &#224; l'inconscient, et la &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; tourn&#233;e face au monde. &#192; mesure que la &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; num&#233;rique acquiert une importance sociale et &#233;conomique qui ne cesse de cro&#238;tre, elle attire l'attention des criminels. Alors que l'individu se trouve pris dans une course aux armements num&#233;riques pour le contr&#244;le de sa propre &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt;, plut&#244;t que de la laisser aux mains du march&#233; ou des criminels, que devient l'&lt;i&gt;anima&lt;/i&gt; ? Si l'individu est oblig&#233; de se dissocier de sa &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt;, uniquement en r&#233;action &#224; la surveillance et &#224; la menace constantes qui sont devenues notre lot quotidien, cela n'augure rien de bon pour notre sant&#233; mentale collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle</title>
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		<dc:date>2006-03-26T10:05:38Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Derri&#232;re l'expression &#171; Droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; se cache en r&#233;alit&#233; une bataille culturelle, politique et commerciale mondiale. Ne vivons-nous pas dans un monde o&#249; quelques groupes industriels des pays du Nord, s'accaparant un certain nombre de brevets ou de licences, parviennent &#224; imposer aux autres (la majorit&#233;) des limites &#224; l'usage des &#339;uvres et travaux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'heure actuelle, la tendance dominante vise &#224; rapporter la complexit&#233; des &#171; droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.a-brest.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt;Enjeux de mots&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re l'expression &#171; Droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; se cache en r&#233;alit&#233; une bataille culturelle, politique et commerciale mondiale. Ne vivons-nous pas dans un monde o&#249; quelques groupes industriels des pays du Nord, s'accaparant un certain nombre de brevets ou de licences, parviennent &#224; imposer aux autres (la majorit&#233;) des limites &#224; l'usage des &#339;uvres et travaux ? &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'heure actuelle, la tendance dominante vise &#224; rapporter la complexit&#233; des &#171; droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; &#224; leur seul aspect &#233;conomique. C'est ce qui explique que les n&#233;gociations centrales aient lieu sous l'&#233;gide de l'OMC (Organisation mondiale du Commerce), et non pas &#224; l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture) ou &#224; l'OMPI (Organisation mondiale de la Propri&#233;t&#233; intellectuelle). M&#234;me le Sommet mondial sur la Soci&#233;t&#233; de l'iInformation &#233;vite le sujet, alors qu'il s'agit d'un fondement juridique et social majeur pour la cr&#233;ation et transmission de la connaissance. Mais cette situation change, et de nombreux pays du Sud s'attachent, dans toutes les structures qui d&#233;battent de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, &#224; mettre en &#233;vidence leurs pr&#233;occupations. Ainsi, quinze pays proposent &#224; l'OMPI la r&#233;daction d'une &#171; Initiative pour le D&#233;veloppement &#187; [1], ce qui va dans le sens de l'action d'entit&#233;s de la Soci&#233;t&#233; civile qui veulent r&#233;diger un &#171; Trait&#233; pour le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance &#187; [2]. Ainsi, la protection de la &#171; diversit&#233; culturelle &#187; a-t-elle &#233;t&#233; d&#233;fendue au sein de l'UNESCO en refusant l'alignement de la cr&#233;ation sur les r&#232;gles du commerce [3]. Ainsi, les logiciels libres, les licences de type Creative Commons, la d&#233;fense d'un patrimoine num&#233;rique mondial et le r&#244;le central des biblioth&#232;ques dans la circulation de l'information num&#233;rique sont des id&#233;es d&#233;fendues au sein du SMSI tant par la Soci&#233;t&#233; civile que par nombre de pays en d&#233;veloppement.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que recouvrent les &#171; droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle constituent un faisceau de normes juridiques auxquelles on peut faire appel &#224; des fins de protection, d'indemnisation et de conservation des droits attach&#233;s &#224; une &#171; cr&#233;ation intellectuelle &#187; (invention, id&#233;e technique, &#339;uvre artistique, design d'objets ou marque d&#233;pos&#233;e, etc.). Ils recouvrent plusieurs secteurs : au centre la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire et artistique (droit d'auteur ou copyright) et la propri&#233;t&#233; industrielle (brevet, marque d&#233;pos&#233;e, dessins et mod&#232;les), mais aussi de plus en plus les r&#232;gles de droit et les trait&#233;s concernant les savoirs indig&#232;nes et traditionnels, la biodiversit&#233;, les droits des paysans, ou la sant&#233; publique. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une volont&#233; r&#233;cente, datant des ann&#233;es 1980, qui provoque le rassemblement de ces approches dans un unique cadre global traitant de toutes les &#339;uvres et travaux immat&#233;riels. Le terme aujourd'hui consacr&#233; dans le droit et dans les d&#233;bats mondiaux de &#171; Droits de la propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187;, est la traduction d'un choix politique et &#233;conomique qui vise &#224; consid&#233;rer la &#171; propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; comme un &#171; droit naturel &#187;, &#224; l'exemple de la propri&#233;t&#233; de la terre ou des moyens de production. Or ceci est largement contredit par l'histoire comme par l'analyse des cons&#233;quences dramatiques que pourraient avoir cette d&#233;marche si elle aboutissait. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de propri&#233;t&#233; intellectuelle a une longue histoire. Depuis le &#171; Statute of Anne &#187;, loi britannique, premi&#232;re tentative d'&#233;crire un &#171; droit d'auteur &#187; en 1710 [4] la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire a &#233;t&#233; con&#231;ue comme un droit d'&#233;quilibre entre les int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233; (&#171; encourager les hommes &#233;clair&#233;s &#224; composer et &#233;crire des livres utiles &#187; disait le Statut d'Anne) et ceux des auteurs. Ces derniers disposent du monopole d'exploitation de leurs &#339;uvres, qui ne peuvent &#234;tre &#233;dit&#233;es ou repr&#233;sent&#233;es sans leur consentement. Mais de nombreuses &#171; exceptions et exemptions &#187; sont pr&#233;sentes dans toutes les lois traitant de la cr&#233;ation. Celles-ci visent &#224; d&#233;fendre la capacit&#233; de la soci&#233;t&#233; &#224; utiliser la connaissance qui est incorpor&#233;e dans des &#339;uvres, et &#224; faciliter l'acc&#232;s aux &#339;uvres et leur circulation : exceptions pour l'&#233;ducation et les biblioth&#232;ques, droit de copie priv&#233;e, droit de citation, droit de caricature, droit de transcription pour favoriser l'acc&#232;s par les personnes handicap&#233;es, etc.. Ajoutons que, traditionnellement, la propri&#233;t&#233; litt&#233;raire et artistique concerne la forme de la cr&#233;ation, et non les id&#233;es qui sont contenues dans celle-ci. Elle englobe non seulement l'&#339;uvre d'art originale et l'&#233;criture cr&#233;atrice, mais &#233;galement les bases de donn&#233;es informatis&#233;es et les programmes informatiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette relation d'&#233;quilibre entre les cr&#233;ateurs et la soci&#233;t&#233; se manifeste pleinement dans l'existence d'un &#171; domaine public &#187;, dans lequel on trouve des &#339;uvres apr&#232;s un certain d&#233;lai (aujourd'hui 70 ans apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de l'auteur, 50 ans apr&#232;s leur diffusion pour les interpr&#233;tations musicales, 20 ans apr&#232;s leur d&#233;livrance pour les brevets, 70 ans apr&#232;s leur d&#233;p&#244;t pour les dessins et mod&#232;les, etc.). Ce &#171; domaine public &#187; s'enrichit aussi des travaux cr&#233;&#233;s pour la puissance publique (Lois, rapports, d&#233;cisions, comptes-rendus, etc.), des d&#233;couvertes scientifiques et des donn&#233;es exp&#233;rimentales (d&#233;cryptage du g&#233;nome humain, th&#233;or&#232;mes math&#233;matiques, etc.). Enfin on voit appara&#238;tre la notion d'un &#171; domaine public consenti &#187;, dans lequel les auteurs et cr&#233;ateurs eux-m&#234;mes d&#233;cident de verser leurs &#339;uvres au moment de leur cr&#233;ation. C'est par exemple le cas des logiciels libres, des licences d'usage de type Creative commons, des d&#233;p&#244;ts de donn&#233;es scientifiques, des banques de donn&#233;es de savoir-faire, des archives ouvertes pour la publication de la science, [5]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me des brevets, pour sa part, accorde des droits exclusifs de propri&#233;t&#233; sur l'objet du brevet, plus pr&#233;cis&#233;ment sur les &#171; revendications &#187; qui suivent la description technique de l'invention. Ce r&#233;gime offre &#224; son titulaire le droit moral d'emp&#234;cher toute autre personne d'utiliser, de fabriquer ou de vendre l'objet du brevet, ou d'en utiliser la technique ou le processus pendant une certaine dur&#233;e, en &#233;change de l'inscription de son savoir-faire dans un document technique. A l'origine, les brevets ont &#233;t&#233; con&#231;us non pas contre l'acc&#232;s &#224; la connaissance mais au contraire pour le servir. Ceci a permis aux pays alors &#233;mergents, comme les &#201;tats-Unis durant tout le 19e si&#232;cle, d'utiliser le savoir-faire ant&#233;rieur ou &#171; &#233;tranger &#187;, car les brevets doivent d&#233;signer les pays dans lesquels ils s'appliquent. Ainsi donc, le brevet est destin&#233; &#224; stimuler la cr&#233;ativit&#233; et l'invention. Il est un privil&#232;ge octroy&#233; &#224; des individus au b&#233;n&#233;fice de la soci&#233;t&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien-fond&#233; de la &#171; brev&#233;tisation &#187; ne fait pas l'unanimit&#233;. Les n&#233;gociations commerciales mondiales actuelles visent &#224; emp&#234;cher l'usage par les pays en d&#233;veloppement de cette opportunit&#233; &#233;conomique. Les pays d&#233;velopp&#233;s veulent &#233;tendre au monde entier les r&#232;gles qui leurs sont propres [6], ce qui pose un probl&#232;me d'&#233;quilibre pour les pays du Sud qui n'ont pas les capacit&#233;s d'investissement n&#233;cessaires dans cette course contre la montre. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La propri&#233;t&#233; intellectuelle face aux r&#233;seaux et au num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ordinateurs et plus largement la num&#233;risation de la culture et de la connaissance, d'une part, et les r&#233;seaux qui offrent la capacit&#233; &#224; faire circuler rapidement ces objets num&#233;riques &#224; l'&#233;chelle mondiale d'autre part, ouvrent un nouveau d&#233;fi aux r&#232;gles de propri&#233;t&#233; intellectuelle. Comment &#233;crire, &#224; l'&#233;chelle du monde, un nouvel &#233;quilibre qui permette de favoriser la cr&#233;ation et l'innovation tout en garantissant l'acc&#232;s de tous &#224; la connaissance, et le partage mondial des b&#233;n&#233;fices de la recherche ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux supports n&#233;s de l'&#233;mergence des TIC occasionnent une acc&#233;l&#233;ration des innovations et une mondialisation des &#233;changes. Par cons&#233;quent, l'urgence impose une autre approche, un nouveau droit de la propri&#233;t&#233; intellectuelle qui &#233;carte tout diktat des groupes industriels des pays du Nord. Les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle ne peuvent &#234;tre uniquement con&#231;us comme une extension du monopole d'exploitation d'une pens&#233;e ou d'une &#339;uvre intellectuelle, mais doivent prendre en compte d'autres int&#233;r&#234;ts. A titre d'exemple, l'acc&#233;l&#233;ration de l'innovation dans des secteurs comme ceux de l'informatique ou des biotechniques accentue les divergences de position entre les pays du Nord et ceux du Sud. Les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle doivent consacrer un droit de propri&#233;t&#233; au profit des cr&#233;ateurs, tout en le limitant par des obligations envers les utilisateurs, au nom du droit d'acc&#232;s &#224; l'information, droit fondamental. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de bien cerner les enjeux du d&#233;bat actuel, il faut commencer par avoir une vision claire de ce que recouvre l'expression &#171; droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187;. L'approche juridique nous offre deux types de visions : statique ou dynamique. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re consiste &#224; se contenter d'h&#233;ritage, de traditions, de privil&#232;ges [7]. Les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle apparaissent alors comme un ensemble de textes dont l'application suscite des interrogations. De nombreuses normes nationales, r&#233;gionales et internationales sont &#233;tablies qui s'attachent principalement &#224; renforcer le monopole sur les &#339;uvres et inventions des auteurs, des inventeurs, et plus encore des entreprises qui valorisent et distribuent ces cr&#233;ations. Cette tendance &#224; &#233;dicter des lois de contr&#244;le de la circulation de la connaissance, accentu&#233;e par la mise en place de &#171; mesures techniques de protection &#187; directement &#224; l'int&#233;rieur des documents num&#233;riques, correspond-elle aux d&#233;fis actuels de la soci&#233;t&#233; de l'information ? Cette conception occidentale de la question est contest&#233;e par les pays du Sud, victimes de la r&#232;gle du premier arriv&#233;, premier servi. Toute cr&#233;ation implique en amont une protection mais il convient de la mesurer, de l'&#233;quilibrer, afin de ne pas brider les processus de production ou d'acc&#232;s &#224; l'information en aval.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde vision, dynamique, consid&#232;re que les droits intellectuels doivent faciliter avant tout l'expression des id&#233;es, leur circulation &#224; travers les technologies de l'information et de la communication (TIC) et, &#224; l'arriv&#233;e, leur r&#233;utilisation syst&#233;matique. La soci&#233;t&#233; de l'information change les modalit&#233;s de la cr&#233;ation et surtout de la transmission des &#339;uvres. Les TIC, en ouvrant d'autres perspectives avec une diffusion plus large des &#339;uvres, cr&#233;ent de nouveaux mod&#232;les &#233;conomiques d'une main, et permettent un plus grand suivi des usages de l'autre. Ceci tant pour les personnes priv&#233;es que pour les industries et les pays en d&#233;veloppement. Dans ce contexte, les pays du Sud travaillent au renforcement et &#224; l'&#233;largissement des droits des utilisateurs. Ils pr&#233;conisent de faire preuve d'inventivit&#233; dans les m&#233;canismes juridiques &#224; mettre en place. De plus, selon eux, ce n'est pas parce qu'un groupe de pays industrialis&#233;s a le monopole mondial des brevets (97% des brevets sont d&#233;pos&#233;s par les pays d&#233;velopp&#233;s) que ces pays ont le droit d'exiger des pays en d&#233;veloppement un alignement sur leurs propres normes. Cela revient &#224; &#172;reproduire la &#172;domination en faisant concourir ces pays avec un handicap tr&#232;s lourd pour &#234;tre admis au sein d'un syst&#232;me mondial d'&#233;change. C'est aussi une question de contr&#244;le du savoir (y compris par la censure). Martin Khor consid&#232;re que pour favoriser le libre-acc&#232;s mondial &#224; la connaissance, il convient de limiter la &#171; port&#233;e du copyright et des brevets en faveur des consommateurs et de l'int&#233;r&#234;t public &#187; [8].&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;volution marchande qui d&#233;truit l'&#233;quilibre&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La controverse en cours est suscit&#233;e par l'attitude d'un grand nombre de groupes de pression - acteurs de la cr&#233;ation, nouveaux m&#233;tiers du num&#233;rique [9] - voulant agir sur les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. Leur action concert&#233;e conduit &#224; imposer l'id&#233;e d'une marchandisation de l'information, une vision strictement &#233;conomique de la propri&#233;t&#233; intellectuelle [10]. Cette &#233;volution se fait aux d&#233;pens des biens communs de l'information, et des exceptions &#224; l'usage qui favorisent la circulation de la connaissance. De plus, elle vise &#224; &#233;largir en permanence le champ de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, allant jusqu'&#224; toucher aux r&#232;gles fondamentales et aux secteurs vitaux pour l'humanit&#233; (m&#233;dicaments, g&#233;n&#233;tique, brevetage du vivant, semences agricoles, connaissances traditionnelles, donn&#233;es g&#233;ographiques et botaniques, etc.). Cela conf&#232;re aux questions relatives au droit de la propri&#233;t&#233; intellectuelle une importance nouvelle dans l'univers num&#233;rique, et plus largement dans toutes les techniques de l'&#232;re de l'information.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La course au profit pousse les groupes d'industriels des pays du Nord &#224; breveter tout ce qui peut &#234;tre imagin&#233; pour le futur. Ils placent ainsi de nombreux verrous sur les techniques en gestation, dont les savoir-faire sont souvent loin d'&#234;tre formalis&#233;s. La partie descriptive des brevets d&#233;pos&#233;s perd alors de son int&#233;r&#234;t pour la transmission du savoir technique. Le brevet sert plus &#224; prospecter tranquillement l'avenir qu'&#224; prot&#233;ger une innovation existante. De ce fait, il limite la recherche et le d&#233;veloppement [11]. Il accro&#238;t aussi de mani&#232;re in&#233;luctable le flux des paiements des pays du Sud vers les pays du Nord, au titre des royalties et des redevances aux d&#233;tenteurs des brevets. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche conduit &#224; multiplier les brevets qui portent directement sur la connaissance (algorithmes et logiciels informatiques, s&#233;quences g&#233;n&#233;tiques), les formes d'organisation du monde (brevet dits de &#171; m&#233;thode &#187;), les mol&#233;cules chimiques (et non seulement leur processus de fabrication), les savoirs ancestraux (la &#171; biopiraterie &#187;), les v&#233;g&#233;taux [12], les animaux [13] et plus largement tout le vivant. Avec le &#171; brevetage du vivant &#187;, consistant &#224; offrir &#224; une entreprise ou un individu la propri&#233;t&#233; sur un composant du vivant, on d&#233;couvre une version intellectuellement aberrante et humainement inacceptable de la propri&#233;t&#233; industrielle. Il faut garder &#224; l'esprit que jusque dans les ann&#233;es 90, le syst&#232;me des brevets concernait essentiellement les objets inanim&#233;s et les processus m&#233;caniques [14]. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant sur l'enregistrement de tels brevets, des entreprises transnationales veulent interdire aux pays du Sud l'utilisation des connaissances pour lutter contre les calamit&#233;s qui les accablent. L'illustration la plus parfaite reste le proc&#232;s intent&#233; par plusieurs multinationales du secteur pharmaceutique contre le gouvernement sud-africain lorsque ce dernier tenta de d&#233;mocratiser l'acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour les malades du sida [15]. Les exceptions qui existent encore dans les trait&#233;s internationaux comme le trait&#233; de l'OMC, par exemple sur les licences l&#233;gales des m&#233;dicaments pour des raisons de sant&#233; publique, sont remises en cause &#224; chaque n&#233;gociation, et d&#233;mantel&#233;es indirectement par le biais de n&#233;gociations bi-lat&#233;rales [16].&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine culturel, on assiste de m&#234;me &#224; une extension du champ des droits d'auteurs au del&#224; d'un r&#233;gime &#233;quilibr&#233;. De nouveaux secteurs sont grignot&#233;s (depuis les publications scientifiques jusqu'aux cours des enseignants), des productions m&#233;caniques se retrouvent sous l'&#233;gide du droit d'auteur (ex : les photographies automatiques, comme celles des satellites, pourtant si utiles pour pr&#233;venir les catastrophes). Les entreprises interm&#233;diaires, comme les m&#233;dias ou les &#233;diteurs scientifiques, s'appuient sur une interpr&#233;tation &#224; sens unique du droit d'auteur pour ajouter des contraintes envers le libre-acc&#232;s &#224; la culture, notamment dans l'&#233;cole, les universit&#233;s et les biblioth&#232;ques. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette extension de la propri&#233;t&#233;, en plus de l'extension des domaines couverts, suit deux axes : celui du temps (allongement des dur&#233;es de propri&#233;t&#233;) et celui des &#172;usages. Avec les &#171; mesures de protection technique &#187; (DRM : digital right management systems) ou le &#171; droit des diffuseurs &#187; (&#171; broadcast flag &#187;), les d&#233;tenteurs de droits veulent pouvoir suivre les usages priv&#233;s des documents num&#233;riques, ce qui constitue une grave menace pour la libert&#233; d'expression, la vie priv&#233;e et les Droits de l'Homme [17] . &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, tous les m&#233;canismes capitalistes de diffusion de l'information ont vis&#233; &#224; cr&#233;er artificiellement une raret&#233; de l'information. Il s'agit d'une strat&#233;gie d'accaparement. Or, dans le domaine de la connaissance, la possession par l'un ne signifie nullement d&#233;possession des autres. On peut tout &#224; fait poss&#233;der une information et l'&#233;changer sans pour autant en &#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la recherche d'un &#233;quilibre qui tienne compte de cette nature des biens immat&#233;riels qu'aspire l'action men&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale par la Soci&#233;t&#233; civile, rejointe par des &#201;tats en d&#233;veloppement, pour obtenir un &#171; Trait&#233; pour le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance &#187; [18]. Il s'agit de permettre &#224; tous, et notamment aux pays en d&#233;veloppement, d'utiliser les connaissances de l'humanit&#233; pour faire face aux maux du 21&#232;me si&#232;cle. Construire un domaine public universel de l'information [19] appara&#238;t comme une n&#233;cessit&#233; urgente. D&#233;sormais, la technique nous offre les conditions de sa r&#233;alisation. Il convient que les r&#232;gles juridiques et &#233;conomiques en permettent la r&#233;alisation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection des droits intellectuels ne doit pas &#234;tre un handicap dans un monde o&#249; tout un chacun pourrait produire, &#233;changer et acc&#233;der aux gisements intellectuels et ressources prot&#233;g&#233;s, c'est-&#224;-dire &#224; un domaine public ouvert, des ressources communes. Ce domaine public universel de l'information suppose une d&#233;finition claire et nette des droits reconnus aussi bien aux cr&#233;ateurs qu'aux utilisateurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute invention m&#233;rite r&#233;compense des efforts consentis. Les pays du Sud ne contestent nullement cette r&#233;alit&#233;. Toutefois, seules les innovations qui sont vraiment uniques, nouvelles ou cr&#233;atives m&#233;ritent d'&#234;tre prot&#233;g&#233;es. Une telle option &#233;quivaudrait &#224; r&#233;compenser la cr&#233;ation et l'innovation et non &#224; favoriser les d&#233;tenteurs de portefeuilles de droits de propri&#233;t&#233;s. L'&#233;poque des restrictions doit &#234;tre r&#233;solue parce que &#171; plus les gens acc&#232;dent librement &#224; des entit&#233;s intellectuelles, plus ils sont capables et d&#233;sireux de consacrer du temps &#224; acc&#233;der et &#224; cr&#233;er des entit&#233;s de valeur &#187; [20]. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;compense doit &#234;tre la r&#233;ponse &#224; tout effort innovant. Mais, tout ne doit pas &#234;tre brevetable. En principe, toute invention intellectuelle doit &#234;tre destin&#233;e au domaine public, sauf s'il est n&#233;cessaire de rendre possible leur appropriation temporaire, et m&#234;me alors, seulement si cela n'entra&#238;ne pas des discriminations inacceptables. L'attribution d'un droit de propri&#233;t&#233;, &#224; un juste prix, ne doit &#234;tre accept&#233;e que si l'investissement en cause est important &#224; l'exclusion de toute r&#233;tribution &#233;conomique syst&#233;matique. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance d'une valeur primordiale de biens communs informationnels librement accessibles et utilisable pour tous est loin d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e [21]. A l'heure actuelle, l'exemple le plus visible reste les logiciels libres. C'est le seul bien commun informationnel qui ait atteint sa maturit&#233;. Son utilisation se g&#233;n&#233;ralise peu &#224; peu, chez les utilisateurs priv&#233;s, mais aussi au sein m&#234;me des administrations et des services de nombreux pays ou collectivit&#233;s territoriales. Il faut aller plus vite et permettre &#224; tous d'acc&#233;der aux autres sources informationnelles. Pour cela, une solution passe par la r&#233;duction de la dur&#233;e de propri&#233;t&#233; avant l'accession au domaine public. Il est temps de la rendre suffisamment courte du fait que l'accessibilit&#233; est devenue plus facile et plus rapide de nos jours [22]. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit est une formalisation des rapports sociaux. A ce titre, les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle constituent une question politique qui doit &#234;tre discut&#233;e en tant que telle par les gouvernements et par la soci&#233;t&#233; civile. Compte tenu de l'importance de l'information pour la vie quotidienne, pour l'&#233;ducation des g&#233;n&#233;rations futures, pour le d&#233;veloppement &#233;conomique soutenable et la protection de la nature, il convient d'assurer sa protection par les &#201;tats en y associant les usagers, et les pouvoirs &#233;conomiques et scientifiques. Ce n'est pas le march&#233; qui doit dicter sa loi et on ne peut laisser s'installer une situation o&#249; quelques grands groupes se partageraient toute la connaissance du monde. Les soci&#233;t&#233;s de l'information ne seront r&#233;ellement inclusives que s'il existe un domaine public universel de l'information fonctionnant au b&#233;n&#233;fice de tous. La v&#233;ritable harmonisation des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle passe par un r&#233;-&#233;quilibrage entre les propri&#233;taires et les usagers, mais aussi entre les pays d&#233;velopp&#233;s et les pays en d&#233;veloppement. L'information doit servir &#224; l'humanit&#233; et le savoir demeure le lien du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1]	Le Br&#233;sil et l'Argentine, soutenus par quinze pays en d&#233;veloppement, ont obtenu de l'assembl&#233;e pleini&#232;re de l'OMPI d'octobre 2004 que soit ouvert un cycle de n&#233;gociation portant sur l'impact de la propri&#233;t&#233; intellectuelle sur le d&#233;veloppement (Proposition de l'Argentine et du Br&#233;sil en vue de l'&#233;tablissement d'un plan d'action de l'OMPI pour le d&#233;veloppement. 26 ao&#251;t 2004 - &lt;a href=&#034;http://www.wipo.int/documents/fr/document/govbody/wo_gb_ga/pdf/wo_ga_31_11.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wipo.int/documents/fr/document/govbody/wo_gb_ga/pdf/wo_ga_31_11.pdf&lt;/a&gt; ). Une premi&#232;re r&#233;union dite Inter-Sessional Intergovernmental Meeting (IIM) on a Development Agenda for WIPO s'est tenue du 11 au 13 avril 2005, avec une forte tension entre les divers pays.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2]	&lt;a href=&#034;http://www.cptech.org/a2k/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cptech.org/a2k/&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3]	Report by Garry Neil (INCD) on final round of UNESCO negotiations, 25 May - 5 June 2005.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.mediatrademonitor.org/node/view/213&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mediatrademonitor.org/node/view/213&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4]	&lt;a href=&#034;http://www.copyrighthistory.com/anne.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.copyrighthistory.com/anne.html&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5]	Tous ces exemples sont d&#233;velopp&#233;s dans les divers chapitre de ce livre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6]	Cette extension se fait par deux n&#233;gociations : SPLT (Substantive Patent Law Treaty) au sein de l'OMPI appuy&#233;e sur l'Accord sur les ADPIC (Aspects des Droits de Propri&#233;t&#233; intellectuelle relatifs au Commerce - TRIPS) au sein de l'OMC.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7]	Pour Ejan Mackaay, &#171; La propri&#233;t&#233; par le privil&#232;ge est illusoire &#187;.Voir &#224; ce propos : &#171; Les droits intellectuels entre propri&#233;t&#233; et monopole &#187;, Revue des Etudes Humaines, num&#233;ro 1, mai 1990. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8]	&lt;a href=&#034;http://mailman.greennet.org.uk/public/plenary/2005-February/004448.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mailman.greennet.org.uk/public/plenary/2005-February/004448.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9]	Anne Latournerie et Michel Vivant. Histoire et actualit&#233; de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, S&#233;minaire I3C du 11 mars 200&lt;br /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.i3c-asso.org/article.php3?id_article=360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.i3c-asso.org/article.php3?id_article=360&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le Crosnier, Herv&#233;. La propri&#233;t&#233; intellectuelle est en danger. S&#233;minaire ADBS, &lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=437&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vecam.org/article.php3?id_article=437&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ce point a &#233;t&#233; au centre des d&#233;bats du Parlement europ&#233;en concernant la &#8220;brevetabilit&#233; du logiciel&#8221;. Cf. Michel Rocard Document de travail sur la brevetabilit&#233; des inventions contr&#244;l&#233;es par ordinateur &lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europarl.eu.int/meetdocs/2004_2009/documents/DT/563/563744/563744fr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europarl.eu.int/meetdocs/2004_2009/documents/DT/563/563744/563744fr.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Quand un brevet est d&#233;pos&#233; sur un plante alimentaire, cela conduit &#224; faire dispara&#238;tre les &#8220;droits du fermier&#8221;, qui existaient auparavant dans les COV, Certificats d'Obtention v&#233;g&#233;tale. Cela condamne les paysans pauvres &#224; revenir en permanence acheter les graines chez les semenciers industriels. Shiva, Vandana. Le terrorisme alimentaire. Fayard, 2001.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Brian Thomas Fitzgerald . Monsanto files patent for new invention : the pig. 4 Ao&#251;t 2005.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.greenpeace.org/international/news/monsanto-pig-patent-111&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.greenpeace.org/international/news/monsanto-pig-patent-111&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
[14]	Tewolde Berhan Gebre Egziabher. Le syst&#232;me des brevets n'est pas adapt&#233; au vivant et aux processus biologiques. In : Pouvoir Savoir : le d&#233;veloppement face aux biens communs de l'information et &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle, C&amp;F &#233;ditions, 2005 &lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/piDev&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cfeditions.com/piDev&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Une campagne internationale a contraint les entreprises pharmaceutiques r&#233;unies &#224; retirer leur plainte. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Ga&#235;lle Krikorian. L'acc&#232;s aux m&#233;dicaments compromis par les politiques bilat&#233;rales de renforcement de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. In : Pouvoir Savoir : le d&#233;veloppement face aux biens communs de l'information et &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle, C&amp;F &#233;ditions, 2005 (&lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/piDev&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cfeditions.com/piDev&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Groupe de Travail &#8220;article 29&#8221; sur la protection des donn&#233;es, groupe d&#233;pendant de la Commission europ&#233;enne. Document de travail sur les questions de protection des donn&#233;es li&#233;es aux droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. &lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://europa.eu.int/comm/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/2005/wp104_fr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu.int/comm/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/2005/wp104_fr.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Geneva Declaration on the Future of WIPO - &lt;a href=&#034;http://www.cptech.org/ip/wipo/genevadeclaration.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cptech.org/ip/wipo/genevadeclaration.html&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Patrick Viveret avance l'id&#233;e d'un Domaine Public Mondial mais pour des raisons plut&#244;t &#233;conomiques et politiques. V. le compte rendu du S&#233;minaire I3C du 9 d&#233;cembre 2002, &lt;a href=&#034;http://www.i3c-asso.org/article.php3?id_article=348&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.i3c-asso.org/article.php3?id_article=348&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Philippe Aigrain. Droits intellectuels positifs et &#233;changes d'information : Pour sortir de la bataille des enclosures, Publi&#233; le mercredi 3 mai 2000 et mis en ligne le vendredi 23 mai 2003 : &lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.freescape.eu.org/biblio/printarticle.php3?id_article=133&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.freescape.eu.org/biblio/printarticle.php3?id_article=133&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Philippe Aigrain. L'information et les droits intellectuels entre biens communs et propri&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.framasoft.net/article3173.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.framasoft.net/article3173.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Philippe Aigrain. Cause commune. Fayard 2005. &lt;a href=&#034;http://causecommune.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://causecommune.org&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Larry Lessig. Free culture. Penguin Book, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233;e Putteman, &#171; Droits intellectuels et concurrence d&#233;loyale &#187;, Bruylant - Bruxelles 2000.&lt;br /&gt;
Pouvoir-Savoir. Le d&#233;veloppement face &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle et aux biens communs. Ouvrage collectif coordonn&#233; par Val&#233;rie Peugeot. C&amp;F &#201;ditions, 2004 &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/pidev&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cfeditions.com/pidev&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jo Evrard, Pierre Jadoul, &#171; Droits intellectuels : d&#233;veloppements r&#233;cents &#187;, &lt;br /&gt;
Actes du colloque organis&#233; par le centre de droit de la culture des Facult&#233;s universitaires Saint-Louis.&lt;br /&gt;
Florent Latrive, &#171; Du bon usage de la piraterie &#187;, Exils, 2004.&lt;br /&gt;
Vandana Shiva, &#171; La vie n'est une marchandise, les d&#233;rives des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187;, Collection &#171; Enjeux Plan&#232;te &#187;, Les &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articles&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin Coriat, &#171; Le nouveau r&#233;gime am&#233;ricain de la propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187;, avril 2002 : &lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=192&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=192&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Vivant, &#171; Propri&#233;t&#233; intellectuelle et nouvelles technologies. A la recherche d'un nouveau paradigme &#187;, Conf&#233;rence dans le cadre de l'Universit&#233; de tous les savoirs 2000. &lt;a href=&#034;http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=21&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=21&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les droits intellectuels dans la soci&#233;t&#233; de l'information &#187; sous la direction de Marie-Christine Janssens, compte-rendu de S&#233;verine Biderman (1999), 11-3 CPI 747&lt;br /&gt;
Dossier : Propri&#233;t&#233; intellectuelle : quels enjeux pour les pays en d&#233;veloppement ? in : Annuaire Suisse - Tiers monde 1998 ; IUED, Gen&#232;ve, 1998.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joost Smiers &#171; La propri&#233;t&#233; intellectuelle, c'est le vol ! &#187; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/09/SMIERS/15604&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2001/09/SMIERS/15604&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Le Monde diplomatique, octobre 2001 &#171; La propri&#233;t&#233; des auteurs : un droit pour des voleurs ? &#187; :&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/STROWEL/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/STROWEL/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est extrait du livre Enjeux de mots : regards multiculturels sur les soci&#233;t&#233;s de l'information. Ce livre, coordonn&#233; par Alain Ambrosi, Val&#233;rie Peugeot et Daniel Pimienta a &#233;t&#233; publi&#233; le 5 novembre 2005 par &lt;a href=&#034;http://cfeditions.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C &amp; F &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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