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Interview de Romain Trillard

En formation, il est possible d’entreprendre et d’innover ensemble

Romain, peux tu te présenter en quelques lignes ?

Mon parcours de professionnalisation, en particulier un stage de fin d’études à la MINUM : MIssion pour le développement NUMérique de Bretagne, m’a conduit à occuper un poste de Community project Manager à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ). En parallèle, je réalise un doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Européenne de Bretagne - Rennes 2. Mon projet s’inscrit dans les axes d’études du laboratoire PREFICS : Plurilinguisme, Représentations et Expressions Francophones, Information, Communication et Sociolinguistique. Je travaille plus précisément avec les membres du CERSIC, Centre d’Etudes et de Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication.

Peux-tu présenter le projet de l’UVSQ ?

En ce qui concerne mes missions à l’UVSQ, je m’occupe, en coopération avec le pôle Technologie de l’Information et de Communication pour l’Enseignement, futur Centre d’Innovation Pédagogique, la Direction de la Réussite et de l’Insertion Professionnelle et a posteriori avec l’ensemble des usagers, du projet : « Mon e-Portfolio, le réseau de l’UVSQ ». Il s’agît d’un réseau social généré à partir du logiciel open-source elgg. Il permet de créer des e-portfolio, portefeuilles numériques de compétences. Dans cette optique, la plate-forme embarque des référentiels transversaux, Portfolio Européen des Langues, C2i niveau 1 et le CV europass. Les savoirs ont également la possibilité d’être présentés à travers des articles de blog. Articles qui peuvent à leur tour être alimentés par des ressources repérées grâce à un lecteur de flux RSS, marquées en favoris ou avec des documents archivés en ligne. La plupart de ces fonctionnalités sont soutenues par des mécanismes d’évaluation articulés au fonctionnement du réseaux ou s’appuient sur d’espaces communautaires multifonctionnels. Toutes les informations peuvent ensuite être agrégées autour du profil initial avec une gestion avancée des niveaux d’accès aux informations, ce qui permet aux usagers de créer et maîtriser leur identité numérique.

Peux-tu nous décrire les objectifs poursuivis atour de la mise en place d’une plate-forme Elgg à l’UVSQ ?

Le projet s’adresse en particulier aux apprenants. Il cherche essentiellement à rationaliser et systématiser une approche expériences / compétences pour faciliter la construction et la gestion du parcours de professionnalisation des étudiants. Ensuite, il vise à les sensibiliser ou les accompagner aux pratiques, aux problématiques et aux potentialités de création et d’innovation liées aux TIC. Il a aussi la volonté de mettre en valeur la vie universitaire sous ses différents aspects. Aussi, il s’adresse aux enseignants, aux chercheurs et aux personnels de l’UVSQ. Sous cet angle, la plate-forme peut se décrire comme une volonté de représenter la qualité des enseignements, de la recherche et des projets de l’organisation à travers le profil de ses acteurs. Le projet vise enfin à offrir un cadre de développement propice à la gestion de projets coopératifs transversaux en interne comme avec les partenaires extérieurs.

En effet, le plate-forme a vocation à servir d’espace de médiation entre l’Université et son écosystème. La mise en place de la plate-forme s’est accompagnée de la création de l’association des anciens de l’Université. Ce cadre permet aux étudiants et aux anciens d’envisager l’utilisation du service tout au long de leur parcours professionnel. En conséquence, la plate-forme pose clairement la question de l’apprentissage tout au long de la vie et au-delà des liens entre les organisations socio-économiques et l’Université.

Comment se développe-t-il ?

Le projet se développe à un bon rythme grâce à l’intérêt porté par quelques acteurs de l’Université. Toutefois, les avancées restent conditionnées par l’appropriation des problématiques ouvertes par la mise en place de cette plate-forme. Or, les éléments au cœur du projet demeurent en périphérie du contexte universitaire. Une compétence s’analyse toujours dans un contexte et elle s’inscrit à la croisée de trois éléments : les connaissances, les savoirs faire et les savoirs être. Le système d’enseignement actuel à l’Université est très centré sur la notion de savoirs théoriques, d’où une certaine complexité à travailler sur l’approche tridimensionnelle compétence. Cette approche est encore plus complexe si nous la considérons dans sa perspective numérique. Les usages attendus supposent des changements pédagogiques et organisationnels assez importants. Or, le changement n’est pas quelque chose que tout le monde apprécie, par conséquent, le projet se développe selon quatre dynamiques : implications, intérêts, « angoisses » et résistances.

Quelles évolutions envisagez-vous ?

Le projet a été lancé en Septembre 2009, la plate-forme est toujours en mode béta. L’expérience a montré que nous avions encore pas mal de travail pour offrir un service de grande qualité sur les plans fonctionnel et ergonomique. Toutefois, l’effort ne peut pas être que technologique. A mon sens, nous devons mieux réussir la médiation des problématiques contextuelles à la plate-forme. Aussi, il apparaît nécessaire de créer un projet organisationnel à vocation sociétal ou socio-économique qui inclurait ces questions. En parallèle, il faudrait aussi passer par une programmation scientifique et de formation pédagogique adéquate et investir dans des tiers-lieux, par exemple, des learning center, formule que l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines va expérimenter à la rentrée.

Comment définis-tu ton rôle à l’université ?

Par définition, j’ai un rôle d’interface en interne entre les porteurs du projet et les usagers, en externe avec les partenaires socio-économiques et plus largement avec le monde de l’innovation numérique. J’essaie de voir comment adapter les problématiques les plus contemporaines au projet sur les grands axes liés aux usages : identité numérique, innovations, systèmes, contenus, réseaux ; e-learning, e-teaching, social learning ; productions coopératives des sciences, diffusion et valorisation de la recherche, droits de la propriété intellectuelle ; e-organisation, mémoire organisationnelle, dynamique de cluster et prospectives sectorielles et industrielles. En parallèle, ma démarche de recherche me permet d’analyser le projet dans ses différentes dimensions. Mon rôle s’inscrit donc dans une logique de recherche – action axée sur la création et l’étude des dynamiques d’un projet de développement organisationnel utilisant les TIC.

Le projet « Mon e-Portfolio, le réseau de l’UVSQ » est financé en partie par une subvention du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER)

Romain Trillard participera à la session « En Formation, il est possible d’entreprendre et d’innover ensemble » du Forum des Usages Coopératifs, et sera à la table des intervenants pour la matinée de jeudi sur "Réseaux sociaux, blogs, espaces collaboratifs : la co-production avec les étudiants"
Posté le 23 juin 2010 par Jean-Marie Gilliot
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