LES NOUVELLES CULTUREs-MEDIA
Vendredi 28 Mai 2004
Maison des Métallos 94, rue Jean Pierre Timbaud 75011 Paris
ENTREE LIBRE Inscription conseillée (cems@ehess.fr)
- Laurence ALLARD (Lille III-GERICO)
- Marie-Hélène BOURCIER (Lille III-GERICO)
- Dominique CARDON (France Télécom R&D)
- Hervé GLEVAREC (CLERSE - Lille 1)
- Eric MAIGRET (Paris III - Communication et Politique) Dominique
- PASQUIER (CEMS-EHESS)
- Animateur : Olivier DONNAT (DEP-ministère de la culture)
Ce colloque à double entrée a pour objectif une confrontation de réflexions théoriques et de travaux empiriques sur les nouvelles formes des pratiques culturelles liées à la croissance des médias et des technologies de communication. Il prend la forme d’une séance matinale et d’une série d’ateliers thématiques réunissant des chercheurs, des praticiens, des amateurs et des critiques.
En France, ces travaux sont de plus en plus nombreux mais ils avancent en ordre dispersé, et prennent trop souvent des formes média-centrées sans poser clairement les questions sociologiques qui font leur unité réelle : comment s’articulent subjectivité individuelle et rapports sociaux, comment se construisent les identités, les formes d’engagement et les logiques d’action dans un monde social où les médias (internet, radio, tv) sont des supports essentiels, comment se produisent les formes de légitimité et de reconnaissance. Il semble particulièrement intéressant d’analyser les interactions complexes qui se trament aujourd’hui entre les pratiques culturelles dites « nobles », comme par exemple celles des équipements culturels, et celles qui jouiss(ai)ent d’une faible position dans les hiérarchies culturelles et sont l’objet d’expériences a priori plus individuelles ou en tout cas moins organisées institutionnellement. Bref, une interrogation centrale est bien celle de savoir si le contenu des médias constitue quelque chose comme une "culture" ? Avec quels outils convient-il de la décrire étant donné ses modalités de pratique à la fois "privatives" et "associatives" (elle crée des liens et des types particuliers d’associations), domestiques et extrêmement "publiques" ?
Pour tout renseignement : loallard@aol.com ou glevarec@pop.univ-lille1.fr
ne telle réflexion sur les pratiques culturelles médiatiques ne peut se réduire à une analyse en termes de substitution, au demeurant souvent peu vérifiée - exemple classique des liens entre lecture et télévision - mais doit au contraire être posée en termes de transformation : en quoi la montée des médias audiovisuels affecte-t-elle les modes de relation à l’écrit ? Comment les nouvelles technologies de communication favorisent-elles le développement de certaines pratiques artistiques amateurs ? Quelles sont les ouvertures et les limites en matière d’éclectisme culturel ? Les ateliers proposés voudraient ainsi rassembler des chercheurs ou praticiens qui s’interrogent aujourd’hui sur ces pratiques liées aux industries culturelles et qui opèrent notamment dans la mise en perspective de la sociologie de la culture française et celle(s) des pays anglo-saxons, notamment autour des Cultural Studies, qui ont proposé d’analyser la culture de masse comme un champ de conflits culturels, de luttes symboliques et de ressources cognitives (dans les « textes » comme dans l’économie de leur production et leurs usages) permettant d’accéder aux formes de « définition de soi » et de définition du monde par les acteurs en présence. En plaçant la culture de masse au cœur des interrogations sur la modernité contemporaine, les Cultural Studies ont ouvert un espace d’exploration de la modernité culturelle, jusque dans le kaléidoscope d’objets culturels et de pratiques sociales jugées paradoxalement "exotiques" par la sociologie française. Le modèle français d’analyse des "biens symboliques" est fortement marqué par une alternative d’extériorité/intimité (le fameux "amour de l’art") avec les objets culturels et un modèle (justifié historiquement sans doute) d’interprétation par le style de vie : la culture est le moyen privilégié d’expression du statut social.



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