Service Démocratie Locale : Pouvez-vous présenter wikimédia France en quelques mots ?
Jean François GAFFARD : Le projet d’encyclopédie libre, collaborative Wikipedia a débuté en s’appuyant sur les ressources de son initiatieur Jimmy Wales et sur une communauté informelle. Rapidement, il a été nécessaire de s’organiser pour assurer le fonctionnement del’infrastructure qui permet de faire fonctionner l’encyclopédie. La base de l’infrastructure est constituée par Wikimedia Foundation, un fondation sans but lucratif basée en Floride qui est propriétaire du nom et du logo, des serveurs et qui loue la bande passante nécessaire. Elle assume aussi la corresponsabilité (avec les auteurs) éditoriale du contenu. Cette fondation est composé de 7 administrateurs et emploie moins d’une dizaine de salariés. Wikimédia foundation
Dans plusieurs pays dont la France avec Wikimedia-France, existent des associations nationales d’utilisateurs. Ces associations sont juridiquement indépendantes de la fondation avec laquelle elles passent un accord. Dans ce cadre, Wikimedia-France s’efforce de faire la promotion des projets de mise à disposition des contenus culturels sous licence libre de la Wikimedia Foundation. Elle est un interlocuteur de proximité pour les différents partenaires et peut initier ses propres projets et partenariats (Wikilivrets, version CD d’une sélection d’articles). Wikimédia
SDL : Vous participez à la rencontre Ecrits Ecrans Publics. Pouvez-vous nous en dire en dire un peu plus sur les projets que vous mettez en avant ?
JFG : Bien évidemment c’est le projet d’encyclopédie collaborative Wikipedia et ses satellites Wikicommons et wikisources que nous mettons en avant. Wikipedia est un projet jeune. C’est un projet de vulgarisation de la connaissance. C’est un projet populaire dans le sens où il n’est pas réservé à des experts qui diraient ce qui est la connaissance d’aujourd’hui et ce que devrait être la culture d’un honnête homme dans le monde d’aujourd’hui.
C’est un projet qui a des cotés subversifs dans le sens où il permet à des citoyens de s’emparer d’une technologie (le réseau Internet) pour en faire quelque chose qui ne correspond pas aux attentes des multinationales. (utilisation de logiciels libres, gratuité, absence de publicité). C’est par d’autres cotés un projet très légitimiste qui s’incrit dans l’économie de notre temps. Pour éviter la cacophonie, l’expertise est appelée à la rescousse, la vérifiabilité des source est demandée. L’infrastructure a un coût qui n’est pas virtuel. Pratiquement, il rend l’industrie des télécommunications encore plus indispensable.
Par son fonctionnement c’est aussi un projet de recueil de mémoire. mémoire confrontée à plusieurs, mémoire d’une époque, mémoire qui évolue et qui roule comme une vague au dessus de nous tous.
Chaque article conserve l’historique de sa conception et des discussions qui lui sont associées. Les articles se répondent d’une langue à une autre et d’une culture à une autre.
Wikipedia n’a que 6 ans mais avec le temps, l’évolution du contenu est déja intéressante à observer.
Enfin l’ effort d’écriture, de recherche et de confrontation des points de vue au sein même du processus d’écriture influe et conduit à une amplification de la culture de chacun.
Il y a une pédagogie du dialogue et de l’action qui est à l’oeuvre au sein de wikipedia.
Le projet interroge à la fois l’expert, le journaliste et le citoyen sur leurs rapports respectifs.
SDL : Quelles sont vos attentes de cette rencontre ?
JFG : Le partage autours des initiatives qui permettent aux citoyens de développer leur capacité d’expression est ce qui me paraît tout à fait intéressant dans ces journées de Brest.



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