@ Brest

Relier et partager autour du web

DRIFTZ // océan | connaissance(s) | apprentissage | partage | jeu

Rencontre avec Renaud Gaultier le porteur du projet DRIFTZ. Il a participé à la première édition du Ocean Hacktathon début octobre et a pu ainsi constituer une équipe autour de son projet.

Renaud Gaultier, plasticien, mais pas que. A 52 ans notre homme a un parcours atypique et transdisciplinaire. Il a monté le programme Innovation, Design, Entrepreneurship & Arts (I.D.E.A.) de Centrale Lyon, a travaillé pour les 2 coupes du monde qui ont eu lieu en France (foot et rugby) … et comme artiste il est passionné par la représentation numérique du monde et la nature.

A Brest il a trouvé l’espace océanique, des centres de recherches et une expertise dans le numérique. Les bases nécessaires pour la réussite de son nouveau projet.

Son projet ? Une œuvre numérique participative qui prend la forme d’un jeu, dont le gain est la connaissance. Plus communément nommé DRIFTZ (prononcez drifteuze).

----------------------------

Driftz ça part d’où ?
« En tant que plasticien je voudrais faire contribuer un maximum de personnes à un travail de partage de connaissances. L’océan est un espace d’exploration, de description, de compréhension. Une zone de friction, de partage de ressources, et aussi de gaspillage et de déprédation. Des lieux dont sont souvent exclus les citoyens. Or je pense que les décisions les meilleures seront prises par le plus grand nombre et grâce à leur connaissance des effets et de ce qui les cause.

DRIFTZ est une expérimentation d’une nouvelle vision de la société qui trouve ses racines dans le projet de l’Encyclopédie des Lumières. Partons à la conquête de l’océan ! Une conquête qui n’a rien de belliqueuse. Avec et pour un maximum de personnes afin d’arrêter de gâcher des ressources. Cette conquête doit se faire grâce à la connaissance et à son partage.

La meilleure des pédagogies c’est celle que l’on met en place soit même. Alors organisons là ! La masse des connaissances est incommensurable, disponible et les capacités de traitement sont puissantes.

Cependant sur le sujet de l’océan il y a encore beaucoup de données à capter, à organiser.

Je suis donc parti de cette problématique et tant qu’artiste je propose une œuvre numérique participative qui prendra la forme d’un jeu. Il s’agit de développer l’intelligence collective, il n’y a rien à gagner.

Driftz qu’est-ce que c’est ?
Driftz donnera la possibilité de jouer en faisant dériver un avatar, un Driftz, sur l’océan pour explorer les univers maritimes et partager ses découvertes. Cet avatar va fonctionner comme un agrégateur de données.

Driftz pose également des questions sur le plan des usages, des fonctionnalités technologiques et en particulier son appropriation par des populations non techniques.

Des entreprises, et aussi des laboratoires, pourraient profiter de cette œuvre numérique pour tester des comportements humains, la gestion du flux de données, le nettoyage de base de données…

 

Comment ça marche ?
Chaque personne créera son avatar. Son comportement sera modélisé dans l’eau et une fois que ce sera fait on va le transposer dans un espace numérique. Pour ne pas polluer les mers avec ces objets !

L’objet dérivera sur une représentation de l’océan qui aura été construite grâces aux données, cartographiques, météo, physiques, chimiques, … Il sera doté d’une identité formelle. Physique mais également sonore, chorégraphique … Je suis un plasticien donc je veux qu’à un moment donné, en temps réel, il soit possible d’avoir une image de l’ensemble de ces avatars qui évoluent.

On peut imaginer qu’avec des casques de réalité virtuelle il sera possible de s’immerger dans cet univers, entendre de la musique …

L’objet fonctionnera en « deep learning » et évoluera dans le temps. Il pourra muter visuellement grâce aux connaissances accumulées par l’apprenant.

 

 

 

 

Où en est le projet ?
Le premier prototype du jeu a été développé avec l’Open Factory de l’Université de Bretagne Occidentale pendant l’Ocean Hackathon en octobre 2016.

Conceptuellement le projet est balisé. Il est découpé en 6 grands chantiers qui sont transdisciplinaires et qui peuvent être financés séparément : 1/ l’avatar 2/ l’univers de dérive 3/ le protocole de jeu coopératif 4/ la base de données 5/ l’interface de navigation 6/ la gestion de projet.

La prochaine étape sera d’articuler un tour de table de potentiels co-porteurs du projet, qui sont des institutions techniques et scientifiques, des entreprises intéressées par les sujets du big data, de l’interface homme machine, et des institutions qui voudraient favoriser l’émergence d’un pôle de création immersive.

Je travaille sur le démonstrateur avec l’Open Factory de l’Université de Bretagne Occidentale.

Mais aujourd’hui je recherche des partenaires financiers. »

Qu’on se le dise !

 

publié le 28 novembre 2016
©© a-brest, article sous licence creative common info
flickr
Incubateur, campus de Rennes
par IMT Atlantique
Creative Commons BY-NC-SA