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" Remora " projet proposé par l’assocition An Daol Vras - La Cantine numérique Brest

Cette initiative fait partie des 45 projets soutenus par la Ville de Brest dans le cadre de l’Appel à Projets Multimédia 2015.

L’association An Daol Vras – la Cantine numérique Brest sollicite un soutien au titre du projet Remora à hauteur de 2300 € pour un budget total de 154 495€. Cette aide nous permettra de financer les trois prototypes mobile, le fixe et un prototype marin pour les fêtes nautiques Brest 2016.

1. Porteurs du projet

An Daol Vras – la Cantine numérique Brest

L’association An Daol Vras est le porteur du projet Remora. Elle gère et anime le tiers-lieu la Cantine numérique Brest. Par ses activités, la Cantine favorise la mise en réseau, l’échange et l’émergence d’activités issues du décloisonnement et du partage des savoirs entre les différents acteurs du territoire (entrepreneurs, développeurs, créateurs, chercheurs, étudiants, institutionnels, associations du numérique...).
Créé en 2013 et labellisée dans la foulée par le Réseau des Cantine, la Cantine en 2014, c’est :
• 150 événements programmés ;
• 2 344 visiteurs reçus dans ses locaux ;
• 222 personnes formées ;
• 5 startups hébergées ;

Le n’Infolab est un collectif informel au sein de l’association. Un Infolab est aux données ce que sont les Cantines numériques et les fablabs au numérique et à la fabrication : un espace de médiation ouvert aux citoyens, amateurs comme professionnels, aux entreprises et aux acteurs des territoires, pour inventer et expérimenter de nouvelles dynamiques. Concept créé par la FING en 2013, l’Infolab peut prendre toutes sortes de formes adaptées pour faire émerger une culture de la donnée.

S’inscrivant dans cette mouvance, le n’Infolab de Brest a par exemple
- réuni des gens de tous horizons pour discuter dans le cadre d’Apéros Infolab,
- mis en données le Startup Weekend Brest 2015 organisé par la Cantine Numérique,
- débattu avec les collectivités et Keolis opérateur du réseau Bibus, d’open data appliquées au transport (ouverture des données temps réel des transports urbains de Brest),
- organisé des réunions hebdomadaires à la Cantine afin de sensibiliser, initier et former à tout ce qui touche aux données (visualisation, traitement, collecte…).

Partenaires du projet

Cityzen Data développe et opère une plate-forme de gestion de données issues de capteurs. Cette brique technologique constitue un élément incontournable des chaînes de valeurs de l’Internet des Objets, tant grand public qu’industriel. La mise à disposition clef en main de sa solution permet à ses clients de se focaliser sur leurs domaines d’expertise et de réduire ainsi le temps d’accès à leurs marchés.

Amstratgraph cultive la passion des cultures numériques et de l’innovation avec une solide expérience dans la veille stratégique et divers domaines d’expertise mis au service du développement économique régional et international : sciences du vivant, cosmétique, pharmaceutique, chimie, agroalimentaire, luxe, analytics, e-réputation, médias sociaux, etc.

2. Le projet Remora

Remora est un dispositif mobile ou fixe permettant la récolte de données diverses. Il est connecté et permet donc la collecte, l’analyse et la visualisation des données en temps réel pour diverses
applications orientées smart city : transport, santé...

Les données obtenues par le biais du crowdsourcing (par la foule/citoyens/utilisateurs) seront ouvertes (open data) et donc disponibles à tous ceux qui souhaitent les exploiter ou les consulter. Avec ces dispositifs, l’individu produit entre autre de la donnée environnementale in situ à partir de capteurs et ces données sont mutualisées afin d’enrichir une représentation collective de certains phénomènes.

Notre volonté est que les dispositifs mobiles soient accessibles technologiquement au plus grand nombre. C’est pourquoi nous nous efforçons de travailler avec des composants électroniques ouverts qui favorise le Do It Yourself (DIY ou fais-le toi-même) comme Arduino ou Raspberry Pi.

Pourquoi le nom de Remora ?
Le remora est un genre de poissons à ventouse célèbre pour leur association phorétique avec les requins. « La phorésie est un type d’interaction entre deux organismes où un individu (le phoronte) est transporté par un autre (l’hôte). Il s’agit d’une association libre (les sources de nourriture de l’un et l’autre partenaires étant indépendantes) et non-destructrice (le transport en question n’occasionne pas de dommages physiologiques particuliers). L’espèce transportée est dite « phorétique » [1].
Le dispositif mobile étant fixé à l’aide d’une ventouse sur un véhicule, il nous a donc paru évident qu’il faisait partie du genre remora. Le dispositif fixe nous est apparu indispensable pour d’autres usages (piéton, point de rencontre…)

Les données des Remoras

Suivant qu’ils sont fixes ou mobiles, les remoras sont équipés de capteurs qui permettent la mesure et collecte sur les points suivants :
• Capteur COV : Les composés organiques volatils sont émis par de nombreux objets et mobiliers (peintures, pesticides, matériaux de construction). En concentration trop importante, il peut avoir des conséquences graves sur la santé.
• Capteur CO : Résultant du mauvais fonctionnement d’appareils de chauffage, du
tabagisme ou de la pollution automobile, le monoxyde de carbone peut entraîner la mort assez rapidement en concentrations anormales. Le CO est la première cause de mortalité par intoxication.
• Capteurs de particules fines (poussière) : Provoquées par des activités culinaires, les produits de nettoyage, la fumée de tabac ou l’air extérieur, les particules fines peuvent avoir un impact non négligeable sur la santé à long terme.
• Capteur d’ozone : Il mesure la concentration en ozone (ppm). L’ozone est un gaz polluant émis dans l’air par les activités industrielles. Nocif pour la santé, il peut entraîner des crises d’asthme et altérer les fonctions pulmonaires.
• Capteur UV : Il mesure l’intensité du rayonnement UV émis par le soleil. Les UV peuvent représenter un risque pour la santé (coups de soleil, cataractes, cancers de la peau).
• Capteur de luminosité : Il mesure l’intensité lumineuse (en lux).
• Capteur accéléromètre : il mesure les accélérations subies par le véhicule.
• Capteur de son : Il mesure le niveau sonore alentour.
• Capteur de température : Il mesure la température.
• Capteur d’humidité : Il mesure l’humidité.
• Capteur de pression atmosphérique : Il mesure la pression atmosphérique.
• Capteur de mouvement : Il détecte les mouvements sur 5 à 8 m de distance.
• Capteur de vents : Il mesure la vitesse du vent (m/s) et son orientation.
Cette liste de composants n’est pas définitive. Nous envisageons de rajouter des modules, capteurs en fonction des besoins et des usages que nous identifierons à l’avenir.

3. Les objectifs de Remora

L’OMS évalue à deux millions par an le nombre de décès prématurés liés à la dégradation de la qualité de l’air (30 000 en France).

Dans ce contexte, le projet Remora permet :
• de déployer à terme un réseau social de mesures géolocalisées de pollution, de flux ou autre à l’endroit où chacun vit et respire, afin de compléter et de préciser les mesures officielles ;
• d’émuler de nouveaux services urbains ou de politiques publiques sur la base des données produites et accessibles ;
• de démocratiser les outils de mesure afin de rendre chaque citoyen praticien et coproducteur de données pour son propre compte mais aussi à l’attention des pouvoirs publics et de quiconque trouvera un intérêt à les exploiter (associations, laboratoires de recherche, entreprises, etc.) ;
• de faire exister les données comme des biens communs (air, eau, etc.) à travers leur mesure (« mesurer, c’est faire exister ») ;

La question de l’appropriation citoyenne est essentielle dans le projet Remora. Elle passe par quatre canaux identifiés :
• l’utilisation de technologie accessible au grand public en « Do-It-Yourself » (raspberry, arduino).
• le partage des savoirs par l’organisation de BarCamp / Build Camp2 [2] afin que les acteurs de la vie citoyenne puissent construire leur propre Remora avec un accompagnement sur les technologies et leurs usages. Pour cela, nous nous appuierons sur le fort maillage des tiers-lieux notamment via le réseau des Cantines et des fablabs de Bretagne et de France.
• faire connaître les bases de données et qu’elles soient utilisées au mieux. De par les passerelles déjà créées avec les médias régionaux, la Cantine sensibilisera la presse pour faire connaître et mieux communiquer ce projet.
• la construction avec des acteurs de la vie citoyenne (maisons et comités de quartiers), et des acteurs professionnels concernés pour en faire connaître l’existence et les usages.

Usages

Des usages directs dans le domaine du transport et de la santé ont été identifiés. Voici quelques exemples d’usages, d’applications et de réutilisation des données issues des remoras qui pourraient intéresser des acteurs aussi bien publics que privés :
• Covoiturage temps réel pour trajets urbains et péri-urbain ;
• Cartographies de la ville : qualité de l’air, sonore, vent… ;
• Informations géolocalisées ;
• Alimentation de plateformes tierces (Etalab, SmartCityzen, OpenStreetMap...) ;
• Transition énergétique de la Bretagne : les cartographies alimentées par les données des remoras permettraient également de localiser les endroits les plus adéquats pour installer des dispositifs solaires ou éoliens en mobiliers urbains / ruraux (exemple : mini-éoliennes, Arbre à Vents de NewWind, revêtements intelligents) en déterminant de manière dynamique et par croisement de données des conditions d’éclairages, de températures ou de vents appropriés.

Élargissement du projet

Une fois mature, le projet intégrerait d’autres partenaires :
• par la documentation et la publication sous licences libres des plans et codes des Remoras ce qui permettra à toute personne intéressée de pouvoir le reproduire dans son pays, de les modifier et les améliorer.
• à la fois sur la montée en puissance technologique (partenariats avec des étudiants
d’écoles spécialisées ou des professionnels, bureaux d’études et entreprises régionales compétentes) ;
• sur les acteurs du maillage des territoires (local, régional, national) à travers les réseaux routiers pour élargir la masse des données ;
• version cycliste ;
• version nautique : dans le cadre des fêtes nautiques Brest 2016, nous prévoyons la réalisation d’un prototype marin qui permettra d’obtenir des données de trajet, de vitesse des bateaux mais aussi de pollution de l’eau ;
• Couverture réseaux (3G/4G) : identifier des zones libres d’ondes ou à l’inverse pour les professionnels demandeurs de réseaux fiables voire ultra-fiables, identifier des zones non-couvertes pour permettre à certains acteurs de proposer des solutions palliatives et alternatives ;

2. Calendrier - modalités opérationnelles

L’association a pour but de fonctionner avec des méthodes agiles sur le projet. Nous n’hésiterons
donc pas à faire des allers-retours fréquents pour nous assurer de la bonne conduite du projet et son adéquation au besoin des divers acteurs du territoire.

Trois phases principales ont été identifiées :

- Phase 1 : Preuve du concept
* Développement des prototypes : un fixe et trois mobiles ;
* Vérification des mesures des remoras fixe et mobiles :
test grandeur nature en concertation avec la métropole brestoise et ses services pour les implantations.
* Chiffrage exact et calendrier opérationnel définitif du projet ;
* Recherche de partenaires applicatifs et financiers.

Phase 2 : développement et appropriation locale
* Travail sur l’interface et le design des remoras ;
* Communication (site web dédié, relations presse et publiques, représentations dans certains salons, par exemple la MakerFaire…) ;
* Appropriation citoyenne : buildcamp et événementiels à Brest et dans les autres départements, travail en réseau avec les tiers-lieux bretons.

- Phase 3 : passage à l’échelle et agrégation d’autres jeux de données
* Démarche libre à terme : publication des plans des Remoras et du code pour réappropriation sur le territoire national et plus ;
* Prospection et partenariats avec des acteurs privés qui souhaiteraient agréger leur(s) jeu(x) de données.

Organisme porteur du projet :
association An Daol Vras – la Cantine numérique Brest
Coordonnées : 20 rue Duquesne, 29238 Brest

[2Un BarCamp est une rencontre, une non-conférence ouverte qui prend la forme d’ateliers- événements participatifs où le contenu est fourni par les participants qui doivent tous, à un titre ou à un autre, apporter quelque chose au Barcamp. C’est le principe pas de spectateur, tous participants. (Source : Wikipédia) Le Build Camp est un barcamp orienté construction, fabrication.

Posté le 27 mars 2016
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par Telecom Bretagne
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