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L’encyclopédie collaborative appliquée à un cours d’Histoire socioculturelle

Une contribution à Wikipédia comme projet de session !

En amont de la conférence "Wikipédia dans l’Education" qui se tiendra le lundi 4 mai à 17h30 au salon Colbert de l’hôtel de ville, voici un exemple d’usage pédagogique de l’encyclopédie collaborative.

Dans son cours « Histoire socioculturelle des peuples autochtones », Martin Baron a entrepris un projet particulier : publier les recherches des étudiants sur Wikipédia. Son objectif : trouver une activité pédagogique véritablement significative pour ses étudiants. Il comptait sur une activité plus motivante et plus concrète que la simple remise de travaux qui terminent la session sur une tablette ou dans le recyclage.

Contexte de la formation

Que font nos étudiants lorsque l’on donne un sujet de recherche ? Ils font une recherche sur Google et sur Wikipédia.

À l’occasion du cours « Histoire socioculturelle des peuples autochtones », les étudiants avaient à faire une recherche sur les Algonquins. Or, à la grande surprise des étudiants, rien n’existait sur Wikipédia.

Mon cheminement à la session d’hiver 2011

Au début de la session d’hiver 2011, j’ai rencontré Marie-Josée Tondreau, notre conseillère pédagogique TIC, pour soumettre mon idée. Elle a accepté de me soutenir dans ce projet sans hésiter. Elle m’a conseillé pour la présentation des travaux. Il faut savoir que des articles publiés sur Wikipédia ne prennent pas la même forme que des travaux plus traditionnels.

J’ai par la suite annoncé à mes étudiants mon intention de publier le résultat de leur recherche sur Wikipédia à la fin de la session.

Toutefois, en considérant la qualité inégale des travaux, je n’ai pas jugé bon de faire la publication à la fin de cette session d’expérimentation.

Mon cheminement à la session d’automne 2011

Je suis retourné voir notre conseillère TIC pour renouveler le projet. Les étudiants ont accepté d’embarquer dans l’aventure sans trop savoir ce qui les attendait. Ils devaient produire une recherche synthèse d’une à deux pages à simple interligne sur un sujet très précis. L’avantage ? Aucune recherche n’a été faite en surface. Les recherches ont été plus minutieuses et plus exigeantes. J’ai remarqué que les étudiants se sont davantage investis puisqu’ils savaient que le fruit de leurs démarches serait publié.

Le travail faisait partie d’un cheminement constant pendant la session (on pourrait utiliser le terme work in progress). Chaque partie du travail était évaluée par petit séminaire en cours de route (autocritique, évaluation de l’enseignant et évaluation des pairs). Ce fut vraiment très stimulant pour les étudiants et pour moi.

J’ai remarqué qu’en faisant régulièrement des révisions du travail, les possibilités de plagiat étaient écartées. De plus, les consignes d’édition d’article sur le site de Wikipédia étaient intégrées plus facilement par les étudiants.

À la fin de la session, Marie-Josée est venue nous aider pour publier les travaux des étudiants. Elle a soulevé la question du droit d’auteur pour les photos et images que les étudiants voulaient publier avec leurs textes. Certains étudiants ont dû faire des recherches supplémentaires de manière à respecter ces droits.

Lien entre motivation et réussite

Au début de la session, il m’a semblé que la motivation des étudiants était semblable à ce que j’observe habituellement. Mais plus la date de publication approchait (fin de la session), plus la motivation et la fébrilité étaient grandes.

Selon moi, les étudiants ont appris à critiquer les travaux des autres, mais aussi à s’autocritiquer. Ils se sont investis davantage dans leur production en raison des exigences plus spécifiques de recherche. Les rencontres fréquentes ont aussi eu un effet positif sur les étudiants ; ils étaient mieux orientés et encadrés.

Le plus remarquable : un déclic s’est produit vers la fin de la session et les étudiants ont commencé à utiliser, par eux-mêmes et de façon régulière, le logiciel d’aide à la rédaction Antidote pour améliorer leur rédaction.

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Martin Baron lors d’une séance de travail auprès de ses étudiants (Source)

Une répercussion non prévue

Lors de la publication des travaux, les étudiants ont réalisé spontanément la richesse et les écueils associés à Wikipédia. L’action de publier un article sur un site collaboratif d’information, devant un groupe, était un moment de grande fébrilité. Petite anecdote : des étudiants ont contacté les membres de leur famille au moment de la mise en ligne. Les étudiants ont également constaté à quel point les informations peuvent être critiquées si les références d’un article ne sont pas inscrites. Sans l’avoir anticipé, ce projet a permis de développer l’esprit critique des étudiants face aux informations sur Internet.

Une expérience qui se renouvelle

À la première session, je n’ai pas fait de publication des articles, ce qui nous a laissé (aux étudiants et à moi-même) une impression du devoir inachevé. Lors de la session suivante, j’ai appris à « lâcher prise » devant la qualité parfois insatisfaisante de certains articles. Les étudiants sont responsables de leur production ; ce sont eux qui assument les quelques imperfections. Dans un tel contexte, il faut accepter de publier leur production puisque les apprentissages se poursuivent au-delà de la remise finale.

Au cours des prochaines sessions, je prévois répéter l’expérience et amener les étudiants à ajouter et à modifier des données dans Wikipédia.

Je suis très heureux du résultat. Vous pouvez le constater, par vous-même sur la page Wikipédia.

Article issu du site Profweb en licence CC-BY-NC-ND
Posté le 16 avril 2015 par Gaëlle Fily
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