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’Conservatoire botanique’. Un modèle né à Brest qui s’exporte à l’international

 

C’est une première ! Le modèle de « Conservatoire botanique », né à Brest dans les années 1970, s’exporte à l’international. Un projet qui pourrait servir d’exemple pour d’autres régions du Chili et aussi d’autres pays... ?

Le Conservatoire botanique national de Brest, l’association ROBINSONIA et le ministère chilien de l’Environnement ont signé le 31 octobre un accord de partenariat pour la création des Jardin et Conservatoire botaniques de l’archipel Juan Fernandez au Chili, où le patrimoine naturel exceptionnel est menacé.

Le Jardin et le Conservatoire botaniques de l’archipel Juan Fernandez
Organisant régulièrement des missions pour étudier la flore de l’archipel, l’association ROBINSONIA a fait appel dès 1998 au Conservatoire botanique de Brest, l’un des 11 Conservatoires botaniques nationaux à recevoir le label du ministère français de l’Ecologie, spécialisé dans les plantes de l’ouest de la France et des îles océaniques. Partant du modèle, né à Brest, de « Conservatoire botanique » - organisme dédié à l’étude et la préservation de la flore et des milieux naturels menacés d’un territoire, ils ont présenté en 2013 au ministère chilien de l’Environnement un projet de Jardin et Conservatoire botaniques pour l’archipel Juan Fernandez. Objectif : freiner la perte de biodiversité et valoriser le patrimoine végétal de ce territoire .

Pour mener à bien ses quatre missions (étude, conservation, expertise et sensibilisation), les JCBJF s’appuieront sur un jardin botanique pour présenter les principales plantes de l’archipel, un espace conservatoire pour cultiver et multiplier les plantes les plus menacées et un centre de recherche et d’expertise pour réaliser des actions de terrain.

 

L’archipel Juan Fernandez, un joyau de la nature en péril
Situé à 700 km au large du Chili dans l’océan Pacifique sud, ce petit archipel de trois îles volcaniques (îles Robinson Crusoe, Alejandro Selkirk et Santa Clara) est né il y a moins de 4 millions d’années. Son climat, son jeune âge, son isolement, son histoire et ses légendes en font l’un des lieux les plus passionnants au monde.

C’est également un vrai laboratoire de l’évolution abritant un magnifique trésor vivant : des végétaux, des animaux et des milieux naturels endémiques.

Parmi les 206 plantes locales, 69 % d’entre elles sont spécifiques à l’archipel, c’est l’un des taux les plus importants de la planète et le plus élevé au Chili. Citons par exemple, Dicksonia berteriana, la fougère arborescente qui permis à Robinson de confectionner un parasol, Juania australis, un cocotier spécifique qui pousse en altitude, ou encore Lactoris fernandeziana, seul représentant de la famille des Lactoridacées.

 

Malheureusement, l’introduction d’animaux, d’environ 500 plantes exotiques et les aménagements humains (chemins, reforestation...) sont sources de fragilité. Dépourvues de défense pour résister aux dents des herbivores ou aux recouvrements par les plantes invasives, les plantes locales ne peuvent rivaliser.

Malgré le classement de l’archipel en Parc national (1935) puis en Réserve de biosphère UNESCO (1977), les mesures de gestion n’ont pas été suffisantes pour enrayer la disparition et la dégradation de ce patrimoine végétal unique.

Sa préservation et sa valorisation sont un défi prioritaire pour son développement durable.

 

publié le 5 novembre 2014
©© a-brest, article sous licence creative common info
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par Ronan Caroff
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