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Ce que les communautés Open Data peuvent apporter à l’Europe

Le développement d’une chaîne de valeur autour de la réutilisation des données et l’ouverture des données publiques est un axe majeur de la politique numérique de la Commission Européenne. Elle a ainsi engagé une révision de la directive sur la réutilisation des données publiques ou encore facilité l’accès à ses propres données.

Pourtant en avril 2014, l’italien Alberto Cottica interpellait la Commission et regrettait sur son blog qu’il n’y ait pas de communauté open data constituée au niveau européen. Les acteurs ne se connaissent pas, ne connaissent pas les solutions en présence, ils travaillent de manière isolée et développent des standards locaux et des projets redondants.

Le décloisonnement des actions par l’échange d’expériences, du type Erasmus, ne permettrait-il pas de développer des projets moins coûteux, plus efficaces et de partager les bonnes pratiques de manière plus fluide ? Des actions peuvent être menées au niveau européen pour peu que volonté et vision coïncident.

Début septembre, nous avons profité de la Nantes Digital Week pour prendre la proposition au mot et réunir des activistes européens pour coproduire une série de proposition concrètes visant à dynamiser une communauté européenne.

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Les productions d’Erasmus Open Data

Organisé par Libertic avec Atlantic2, Epsiplatform et Spaghetti Open Data, l’évènement Erasmus Open Data s’est tenu du 13 au 16 septembre sur Nantes et s’est déroulé en trois phases.

1. Les problèmes

La première journée consistait à faire connaissance, découvrir l’état des lieux dans chacun des pays représentés (Lituanie, Portugal, Pays-Bas, Royaume-Uni, Hongrie…) et les actions et projets des communautés en présence (Open Data Manchester, Transparency International, …) et répondre à la question « Pourquoi aurions-nous besoin d’une communauté européenne de l’open data » ?

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Résultat du premier jour de production, le manque de connexions génère :

  • Méconnaissance des projets respectifs
  • Fragmentation des initiatives (standards locaux)
  • Duplication des projets et coûts associés
  • Taille de marché au national donc limité
  • Opportunités manquées de développement
  • Illisibilité dans la diversité des initiatives européennes en faveur de l’open data
  • Manque de réutilisation des données européennes
  • Retard de compétences dans certains pays par rapport aux plus avancés
  • Manque d’opportunités de travaux collaboratifs

Chacun de ces éléments représentent des faiblesses sur lesquelles les communautés locales et nationales de l’open data peuvent agir. Mais de nombreuses questions sont induites : Qu’est-ce qu’une communauté européenne de l’open data ? Une communauté qui réutilise les données de l’U.E. et/ou qui réside en Europe ? Les chapitres de l’Open Knowledge Fundation ou l’Open Data Institute à travers l’Europe ne constituent-ils pas déjà une communauté européenne ?

Après échanges, l’accord a été qu’une communauté open data européenne est une communauté qui agit sur l’échelon européen, au bénéfice des habitants ou institutions européennes, soit en travaillant sur les données de la Commission, soit en réutilisant les données de divers pays/villes européens. Dans ces deux cas, l’identité et les frontières européennes sont un élément constitutif de l’action. Or les réseaux existants sont mondiaux avant que d’être européens et ils visent à favoriser le déploiement de leurs propres projets plutôt que des initiatives extérieures.
Finalement, c’est la citation d’un discours de Neelie Kroes assurant son soutien à l’initiative Erasmus Open Data qui a guidé la réflexion sur les objectifs d’une communauté européenne :

"Nous voulons travailler avec vous et vous voir travailler ensemble à travers les frontières et les langues." Neelie Kroes, OKFest 2014.

2. Des idées

Comment mieux travailler ensemble, coproduire des projets et générer des connexions à l’échelle européenne ? La seconde journée d’Erasmus Open Data a été consacrée à l’identification d’actions concrètes envisageables, au-delà des soutiens aux hackathons internationaux durant lesquels chaque équipe travaille de manière isolée et localement, et au-delà des programmes européens existants ne permettant pas l’échange de compétence sur les données de manière transversale. Comment faire en sorte que des projets tels que OpenPompei, qui répondent au souci de de transparence sur les données archéologiques, soient plus connus et développés, sachant qu’ils répondent à des problèmes rencontrés communément dans différents pays d’Europe ?

  • Galerie d’initiatives pour la mise en valeur des projets et organisations
  • Guichet unique d’accès à la liste des appels et programmes européens open data
  • Évènement annuel de promotion des échanges et connexions
  • Appels européens à usage thématique de données (corruption, environnement…)
  • Internats européens au sein d’organisations open data
  • Animations basée sur le dynamisme des relais locaux (bottom-up)

Des scénarios d’usages ont ensuite été développés pour décrire concrètement l’expérience des participants à ce type d’actions Erasmus et échanges européens. (Visualisations en cours et description sur ces notes collaboratives en ligne)

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3. Une lettre ouverte

Comme dans tout processus collaboratif, ce n’est pas tant les solutions proposées qui représentent une avancée mais le cheminement et les discussions qui ont mené à ces conclusions (slides présentés lors de l’évènement disponibles ici)

Au final, le rapprochement de ce collectif d’individus mobilisés autour de l’action commune Erasmus Open Data a déjà créé des liens et projets transnationaux en devenir, preuve que les rencontres stimulent les coproductions et favorisent le développement de projets et la résolution de problèmes à l’échelle européenne. Nous avons donc besoin de plus d’opportunités d’échanges et de coproduction qui bénéficient au public européen comme à l’Europe et la Commission Européenne dispose de programmes qui permettent de mener des actions en faveur de ce rapprochement pour peu qu’une volonté politique soit affichée en ce sens. Or celle-ci doit être plébiscitée par la communauté.

Pour prolonger et pérenniser cette expérience, nous co-rédigeons actuellement en ligne une lettre ouverte que nous adresserons à la Commission Européenne en lui proposant d’engager des actions concrètes en faveur du développement d’une communauté européenne de l’open data, engagée à travailler à l’international et partager expériences et bonnes pratiques pour faciliter le développement de projets.

Contribuez à la Lettre Ouverte

Vous êtes invités à contribuer et co-signer cette lettre ou inscrire votre territoire sur la liste des lieux intéressés pour accueillir des experts open data européens !


Via un article de libertic, publié le 23 septembre 2014
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par juleg29
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