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Réinventer le développement des territoires africains à partir des tiers-lieux (1/2)

Ce billet est la 1ère partie de mon intervention au TedLieux pendant la quinzaine des tiers-lieux Libres et Open Source qui a eu lieu du 07 au 18 avril 2014 à Saint-Etienne en France. Une intervention axée sur un retour d’expérience sur l"intiative Afriworkers et l’aventure Jerry en Cote d’Ivoire.

Un texte repris du blog de Florent Youzan "Mon regard d’africain sur le libre" avec son accord

L’histoire commence tout simplement par un constat : en Côte d’Ivoire, il y a environ 5 millions de diplômés sans emploi. Ce sont 5 millions de diplômés qui n’ont jamais travaillé. Pendant que certains parents s’interrogent sur l’avenir de ces 5 millions de diplômés sans emplois, nous, nous posons un autre regard sur ce constat. Pour nous, ce sont 5 millions de compétences non utilisées et 5 millions de potentialités non exploitées.

Nous réfléchissons à une place de marché, qui est Afriworkers, qui mutualise des compétences et agrège l’expérience des jeunes africains afin qu’ils puissent postuler à des missions à l’étranger. Ces jeunes restent donc en Côte d ’Ivoire et en Afrique, ils créent une équipe agile numérique avec des compétences différentes, et postulent à des offres d’emplois et de missions à distance, disponibles en Europe, en Asie et même en Afrique.

Nous nous rendons compte qu’au delà du web, il faut permettre à ces jeunes africains de se retrouver dans un endroit pour qu’il puisse échanger et partager leur expérience mais aussi pour qu’ils puissent aussi se former.

C’est ainsi qu’Afriworkersa rapidement évolué et a pu s’établir sur la ville d’Abidjan. Mais nous nous sommes rendus compte qu’au delà d’Abidjan qui est la capitale économique, il y a aussi à l’intérieur du pays des jeunes qui sont aussi diplômés et qui n’arrivent pas à avoir du boulot. Nous commençons donc par des tiers-lieux éphémères. Nous parcourons quelques villes de la Côte d’Ivoire avec pour mission d’atteindre les endroits les plus reculés. L’objectif est d’abord de montrer qu’à plusieurs on part très loin, on devient beaucoup plus fort. Nous arrivons à postuler sur des missions très intéressantes tout en restant en Afrique.

Il faut aussi amener tous ces jeunes à pouvoir à un moment donner comprendre le concept des tiers-lieux, s’en approprier et développer en local dans leur territoire une certaine richesse. L’idée intéressante est qu’on retrouve dans ces endroits des jeunes qui viennent avec des profils différents. Lors destiers-lieux éphémères, lorsque nous arrivons sur un territoire, nous commençons toujours par une question. Qu’est-ce que vous avez comme difficultés sur votre territoire ?

Et ce sont les jeunes qui ont l’habitude de vivre sur ce territoire qui exposent les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien. Ils vous dirons par exemple, ici nous avons 50 % des enfants qui naissent qui ne sont pas déclarés parce qu’il est très difficile pour les populations de se déplacer jusqu’à la ville pour déclarer les nouveaux nés. Certains vous diront par exemple, ici nous avons 50 % des femmes enceintes qui n’ont jamais rencontré un seul médecin alors qu’elles sont à 8 mois de grossesse , soit par manque d’informations ou tout simplement parce que le système médicale reste encore loin.

Nous nous rendons compte que derrière ces difficultés se trouvent des idées d’entreprise qui pourraient être développées pendant ces tiers-lieux éphémères. Ces jeunes s’appuient sur ce qu’ils trouvent sur leur territoire ou ce qu’ils tutoient au quotidien. L’usage du téléphone mobile en est une parfaite illustration. En Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays africains, il y a plus de téléphones portables que de brosses à dent et ce sont ces mobiles qui permet à ces jeunes de prototyper leurs applications mobiles et faire passer l’idée du stade de concept au stade de prototypage. C’est ainsi que les logiciels libres vont surtout nous accompagner dans cette démarche, dans ces endroits transversaux éphémères.

Mon prochain billet présentera la 2ème partie de mon intervention avec un coup de projecteur sur une initiave locale de financement participatif d’un tiers-lieu sur Abidjan : Bric’Espoir

Florent YOUZAN

Posté le 14 juillet 2014 par Michel Briand
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