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Le saviez-vous ? Quelques enjeux autour des biens communs

La notion de "biens communs" est encore récente. Ses définitions varient quelque peu, mais dans tous les cas englobent la notion de bien public qui veut que l’utilisation d’un bien par une personne ne diminue pas son utilité pour les autres et qu’il soit accessible à tous sans condition. Une autre acceptation est qu’un bien commun est une ressource gérée par une communauté selon une forme de gouvernance qu’elle définit elle-même (Réseau francophone autour des biens communs).

Repris d’un article publié par le Labo de l’ESS, un site sous licence creative commons by nc nd

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A chaque échelle ses biens communs. Que ce soit au niveau local ou mondial, en passant par toutes les marches, la communauté des hommes partage, parfois sans le savoir, des biens naturels, matériels, immatériels qu’il nous faut préserver. La gouvernance de ces biens est donc un enjeu phare. Laissera-t-on ce patrimoine collectif entre les mains du secteur public ou sera-t-on capables de le co-gérer afin de s’assurer que tous, dont les générations futures, en bénéficient à part égale ?

De nombreuses ressources peuvent être considérées comme "bien commun". Les cours d’eau d’une localité en sont un. Les ressources forestières à l’échelle mondiale également. La société civile a fait le constat que leur dégradation est telle que cela influence gravement notre niveau de vie, et cela n’est nullement compensé par une consommation matérielle croissante. Ces questions fédèrent de plus en plus les communautés quelle que soit leur dimension. Les enjeux mondiaux rassemblent une quantité croissante de convaincus qui n’ont aucune peine à faire le lien entre un acte situé sous d’autres latitudes et ses conséquences transnationales. Par exemple la FAO (Organisation pour l’agriculture et l’alimentation) coordonne depuis 1946 les évaluations des ressources forestières mondiales qui ont lieu tous les cinq à dix ans. La superficie totale des forêts de la planète représente un peu plus de 4 milliards d’hectares, soit trente et un pour cent de la surface émergée. La perte annuelle nette de forêts durant la décennie 2000-2010 correspond à un territoire plus ou moins équivalant au Costa Rica. Ce chiffre est néanmoins en baisse. Les mesures de protection portent donc leurs fruits, même si les statistiques ne sont pas flamboyantes. Dans les années 1990, on perdait seize millions d’hectares par ans contre treize dans les années 2000.

Les "biens communs" sont aussi un patrimoine immatériel. Les valeurs, les traditions, les idées, les savoirs viennent nourrir les innovations qui sont à la base du progrès humain. Ce capital, souvent différent d’une région à l’autre, constitue le fondement même de nos sociétés, à savoir l’organisation communautaire, collective des hommes, le contrat social qui les liera sur plusieurs générations. A titre d’exemple, en 1895, l’Alliance Coopérative Internationale formule les sept principes coopératifs qui, inaliénables, régissent la gestion démocratique de ce type d’entreprise. C’est la reconnaissance formelle et institutionnelle de l’utilité sociale des coopératives.

Posté le 21 septembre 2013 par Michel Briand
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Tonnerres de Brest 2016 (Crédits photo : Stéphane Louette/Télécom Bretagne)
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