@ Brest

Relier et partager autour du web

Politique publique d’innovation

Le rapport Beylat - Tambourin offre selon nous une vision exhaustive des problèmes rencontrés par notre pays dans sa capacité à innover et suggère des pistes d’actions concrètes et prometteuses.

L’efficacité de la mise en œuvre de ses recommandations passera par la capacité à se doter d’un pilotage global et territorial d’une politique publique d’innovation.

Nous tenons à saluer particulièrement dans ce rapport les propositions suivantes :

  • Mettre l’entrepreneuriat et la création d’entreprises au menu de nos parcours de formation, et ce dès le plus jeune âge. L’innovation est plus que tout question de culture et d’état d’esprit. Intervenir dès le plus jeune âge pour expliquer et illustrer ce que sont l’Entreprise et l’Innovation semble extrêmement utile et pertinent dans notre société qui demeure trop marquée par une difficulté à la prise d’initiative et à la prise de risque.
     
  • Trouver plus de gisements de créations d’entreprises pour notre pays en agissant pour stimuler les grands groupes à développer l’essaimage, pour développer la détection et l’attraction de créateurs issus d’autres pays, pour accompagner la création d’entreprises issue du secteur académique.

C’est ainsi que l’assiette du Crédit Impôt Recherche pourrait prendre en compte les dépenses liées à la détection et à la maturation de projets générateurs de création d’entreprises au sein de grands groupes français.

La détection de talents à l’étranger et leur accueil sur notre territoire devront faire l’objet d’une politique volontariste privilégiant l’allègement administratif du parcours d’accueil.

La création d’entreprises issues de la recherche devra s’intensifier grâce à un soutien financier et institutionnel réaffirmé aux incubateurs, à leurs équipes qui ont démontré leur capacité d’accompagnement et au concours national à la création d’entreprises innovantes.
Les SATT, dont la mise en place contribue globalement à la nécessaire mutualisation et à la professionnalisation des activités de transfert, joueront un rôle important dans cette intensification. Il est effectivement nécessaire qu’elles s’attachent spécifiquement à l’accompagnement de la maturation de projet. La séparation des fonds de maturation dans un cadre juridique ad hoc permettra sans aucun doute d’appréhender de manière équilibrée et optimale le financement de la maturation d’un projet, qu’il s’agisse d’un transfert de technologies vers une entreprise existante ou de la création d‘une nouvelle entreprise, que ce projet ait été préalablement porté par une SATT, par un incubateur ou par un autre acteur du transfert.

  • Combler les manques du financement des entreprises innovantes.

Le capital-amorçage est désormais mieux doté dans notre pays grâce aux Business Angels, aux fonds de co-investissement et au Fonds National d’Amorçage. On constate néanmoins des besoins d’investissement supérieurs à un stade précoce pour quelques filières comme les Biotechnologies, ou le Numérique pour lesquels des fonds dédiés auraient une grande valeur ajoutée. Enfin, le plus gros trou dans la raquette concerne des tickets de 50 à 100 M euros dont nous ne disposons pas et dont le manque engendre des rachats trop systématiques de nos belles entreprises prometteuses par des entreprises étrangères.

  • Reconnaitre les métropoles et les régions comme territoires pertinents pour la conception de stratégies d’innovation et conforter les écosystèmes locaux de l’innovation pour leur mise en œuvre. En effet l’innovation est particulièrement stimulée par les échanges entre entreprises innovantes, enseignants, chercheurs, Business Angels d’un même territoire. Ces écosystèmes (incubateurs, centres européens d’entreprises et d’innovation, technopoles et pôles de compétitivité, fonds d’investissements,) et leur animation doivent constituer les éléments fondamentaux de la stratégie régionale et nationale de l’innovation. C’est sur le territoire que l’innovation se transforme en emplois.

 

  • S’appuyer sur la BPI-Innovation comme acteur unique pour la consolidation opérationnelle des politiques publiques de financement de l’innovation.

Financer l’innovation est une activité qui requiert une technicité spécifique, cette activité doit pouvoir être clairement identifiée au sein de la BPI. Cette dernière doit drainer idéalement l’ensemble des moyens publics de soutien à l’innovation pour faciliter la lisibilité du dispositif de financement de l’innovation en France. »
 


RETIS est un réseau territorial qui concentre professionnalisme et expérience en matière d’appui à l’innovation.

Par l’expérience accumulée, la diversité de nos membres, nos pratiques collaboratives quotidiennes, RETIS est volontaire pour accompagner la mise en oeuvre des dispositifs et mesures préconisées dans ce rapport et qui seront adoptées
par le gouvernement.

Le Technopôle Brest-Iroise est membre du réseau RETIS. Nous avons organisé l'assemblée Générale 2012 de ce réseau à Brest.
Le thème de leur échange : la place des adhérents de Retis dans les nouveaux dispositifs de l’innovation issus du programme des investissements d’avenir.

Lettre du technopole

URL: http://www.tech-brest-iroise.fr
publié le 21 avril 2013
©© a-brest, article sous licence creative common info
flickr
DSCN0038
par Ronan Caroff
Creative Commons BY-NC-SA