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Relier et partager autour du web

Code source de nos innovations : Brest en biens communs

Après deux éditions en 2009 et 2011 de Brest en biens communs des groupes d’acteurs à Paris, Nantes, Lyon préparent à leur tour une édition 2013 de "ma-ville-en biens communs".

Voici une première écriture qui détaille de comment faire des deux premières éditions de ’brest en biens commun" pour en faciliter la diffusion et la réutilisation.

Cette écriture du "code source" d’un projet participe au projet de réseau de l’innovation sociale ouverte, Brest creative.

Reprise du début de l’ écrituresur le wiki des codes sources de nos innovations
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Résumé

Les années impaires, en alternance avec le Forum des usages coopératifs, la ville de Brest propose aux acteur-ice-s soucieu-x-ses de faire connaître et d’élargir les biens communs numériques d’organiser au mois d’octobre des rencontres, débats, initiatives.

En 2011 pour la seconde édition un millier de personnes ont participé à l’une des trente initiatives.
Au fur et à mesure de la diffusion des idées de partage et de coopération les propositions s’élargissent et touchent un public plus large au delà de la seules question du numérique.

Ainsi en 2013 s’ajouteront : les fablabs avec Tyfab, l’atelier numérique brestois et le Téléfab de Telecom Bretagne ; , l’Open bidouille camp, les cours massivement ouverts (MOOC), la réutilisation d’objets, les gaspillages évités, le faire soi-même, les nouvelles formes de consommation collaborative, le portail des savoirs, une copy partie par le réseau doc@brest des bibliothécaires et documentalistes, le projet Brest ville wikipedia et "Brest Creative" , le réseau de l’innovation sociale ouverte.

Et en 2013, de nouveaux collectifs se crée tels ceux de Paris, Nantes et Lyon pour l’organisation d’autres "ma-ville-en-biens-communs".

Pourquoi Brest en biens communs ?

Cette initiative en faveur des biens communs numériques a été initiée à Brest en 2009 dans la suite des projets autour du libre et de la coopération.
Elle s’organise de manière collaborative en 3 réunions où chaque association ou personne porteur d’une initiative] s’inscrit via un titre d’action décrite par une fiche sur le portail collaboratif.
Le programme se bâtit ainsi au gré des envies de faire des un-e-s et des autres.
le service internet et expression multimédia de la ville de Brest est le facilitateur qui joue un rôle de coordination et aide par la publication d’une plaquette et la prise en charge des intervenants.

Le numérique nous a confronté à l’abondance : un contenu peut facilement être copié et diffusé. Mais encore faut-il que les auteur-e-s aient la volonté de favoriser ce partage. Cela a été le choix des développeurs du logiciel libre, des contributeur-ice-s de wikipedia et d’Open Street Map. Aujourd’hui tout un mouvement se développe pour étendre les contenus librement réutilisables que ce soit sur les sites web, en données ouvertes, en contenus éducatifs..
Chacun-e est concerné dans ses publications, les outils qu’il utilise et en portant le débat au sein de sa collectivité, son association, son entreprise.

C’est cette dynamique où chacun-e est concerné-e que Brest en Biens Communs cherche à accompagner et amplifier en développant localement une culture de la coopération, de la mutualisation et du partage.

L’origine du projet

Les premiers projets collaboratifs nous ont appris l’efficience et le plaisir d’une coopération base sur le partage.

C’est à travers le CD bureau libre, compilation de logiciels de bureautique que nous avons fait à Brest la première expérience collective de coopération. Avec la maturité des outils bureautiques libres nous avons souhaité mettre à disposition des habitants un ensemble de logiciel libres faciles à installer et à utiliser. Avec la complicité et l’implication de Jean-Paul Leclere qui avait réalisé pour l’AFPA un installateur de ce type nous avons engagé ce projet de CD « Bureau libre – Free Eos » à travers des espaces collaboratifs. Plusieurs dizaines de personnes se sont impliquées pour choisir les outils, créer le graphisme, collecter les tutoriaux, réaliser l’installateur. Un gros travail pour parvenir en 3 mois à un produit simple d’installation, diffusé sur plusieurs années à 300 000 exemplaires en Bretagne et ailleurs.
Les bibliothèques ont mis ce CD en prêt, le PAPI (point d’accès public à internet) de Kérourien a promu la copie du CD, les 4 universités de Bretagne l’ont distribué à chaque nouvel étudiant, les écoles primaires l’ont adopté.. C’est tout un réseau d’acteurs de la médiation numérique qui se l’est approprié.
Et comme l’exprime Laurent Marseault d’Outils Réseaux ce fut pour beaucoup d’entre nous une expérience irréversible de coopération.

Le réseau mis en place autour de l’accès public à internet de proximité (105 PAPI aujourd’hui) , les centaines d’ateliers organisés (un par semaine), les 40 projets soutenus chaque année ont constitué un terreau fertile pour développer un esprit de coopération et de partage qui a permis la naissance des carnets d’écriture collaboratives "Wiki-brest" sur le patrimoine et le vivre ensemble au pays de Brest.

Histoires de lieux, de personnes, de travail, géographie, tranches de vie, chansons, articles encyclopédiques, Wiki - Brest c’est une écriture qui relie habitant-e-s, journaux de quartiers, associations, artistes, bibliothécaires, enseignants... et vous invite à écrire.

Partis d’une page vide, nous avons d’abord collecté quelques dizaines d’articles avec le souci d’une écriture ouverte à tous : recettes de cuisine, petites anecdotes.. Un an plus tard, après des dizaines d’ateliers d’initiation, les centaines d’articles ont été organisés autour d’une première structuration thématique du wiki. Nous avons appris de wikipedia les techniques du portail qui ont permis de proposer des espaces pour les patronages laïques qui y racontent leur histoire, les journaux de quartier qui en font leur mémoire publique avec des dizaines de numéros anciens.

Cette écriture collaborative ne va pas de soi et le succès de wiki-brest tient beaucoup au travail d’animation par les centaines d’ateliers, les wiki-journées, les wiki-contoirs où les auteur-e-s présentent leurs écrits. Aujourd’hui wiki-brest compte 3 560 articles, 10 000 fichiers multimédia, 966 utilisateurs enregistrés, 17 administrateurs et 12 millions de pages vues avec des dizaines de portails thématiques créés au fil des collectes.

Le projet a servi de support à une large information sur les droits d’auteur et l’élargissement des libertés d’usage. Que peut-on mettre en ligne ? Sous quelle licence ? Tout cela est loin d’être évident.
C’est de cette sensibilisation que sont nées les semaines « Brest en biens communs " organisées en octobre 2009 et 2011.

 : Le comment faire ?

Avec wiki-brest nous avons aussi appris et diffusé l’usage des wikis. Pour chaque projet, chaque rencontre, nous ouvrons une page écrite en direct lors des réunions et construite de manière ouverte qu’il s’agisse du « Forum des usages coopératifs  », du « Centre de ressources de l’accès public au pays de Brest » ou des études de l’économie sociale et solidaire. Un wiki recense aussi tous les textes publiés par le service, les bilans, évaluations, rapports d’activité, études et rencontres auxquels nous participons et un autre sert de portail pour ces écritures collaboratives.

Les pratiques collaboratives et le partage étant au fondement du projet nous avons eu à cœur de mettre en œuvre ces méthodologies pour l’organisation de ’Brest en Biens communs". En 2009 comme en 2011 il aura suffit de 3 réunions avec une simple invitation envoyée par mél et publiée sur le magazine a-brest pour construire cette semaine autour des biens communs..

L’écriture collaborative en direct permet lors de la première réunion d’identifier les initiatives proposées par les participant-e-s. Cette écriture est affinée par les personnes, avec un support du service "internet et expression multimédia" de la ville qui conforte cette écriture collaborative en prenant contact avec les auteurs.

A la première réunion nous validons également la date et les liens possibles avec d’autres rencontres (festival intergalactique de l’image alternative, mois de la science, semaine internet des objets ..).

A la seconde réunion, les initiatives sont précisées et un calendrier est élaboré pour répartir les initiatives dans le temps des 10 à 15 jours de "Brest en biens communs".

En 2011, la maîtrise des portails et des fiches nous a permis de proposer une interface de type formulaire aux porteurs d’initiatives avec un lien sur une cartographie basée sur open street map.

Un des buts de la semaine étant d’informer autour des biens communs numériques une attention particulière est apportée à la rédaction d’une petite brochure (3 500 exemplaires) pour laquelle la ville fait appel à un journaliste pour la mise en forme de contenus et quelques interviews.

Le partenariat avec la radio OUFIPO a permis l’enregistrement et la mise en ligne de plusieurs conférences en 2011.
Les ateliers et la rencontre ont font l’objet de 27 articles dans a-brest pour élargir la diffusion de l’information (la lettre hebdomadaire est diffusée à 1 600 abonnes dont 600 autour de Brest).

Le budget qui facilite l’organisation reste modeste :

auquel il faut ajouter l’équivalent d’environ trois mois de travail de la part de l’équipe du service internet et expression multimédia.

Ce que cela produit ?

(pour l’organisateur, les parties prenantes, habitants ..)

Les questions des droits d’usage des contenus publiés sur internet sont mal connues. Un contenu ne peut être réutilisé que si le droit d’auteur a été élargi. A travers cette manifestation nous sensibilisons à ces question en expliquant et encourageant le comment faire qui élargit les biens mis en communs.
Petit à petit les valeurs de partage et de coopération présentes dans nombre de projets diffusent ainsi parmi les associations et les acteurs su service public.

Au delà des projets coopératifs antérieurs (CD Bureau libre, médiablog coopératif, wiki-brest, Territoires sonores Photothèque coopérative un Zef d’images, de nouvelles initiatives sont apparues issues du travail en réseau mais aussi de l’apport de ces deux rencontres, tel :

  • Médiaspip, développement multimédia et distribution spécifique de SPIP dédiée à la gestion de documents vidéos, sonores, picturaux et textuels afin de créer des plateformes de types "Youtube" ou "flickr" like open-source sans distinction de format de documents.

L’ensemble du code utilisé et diffusé sous licence GNU/GPL et la documentation sous licence Art Libre

  • la réalisation d’un module sur les droits d’usage élargi dans le cadre du projet "DAJ-EPN" avce le concours de Lionel Maurel
  • le portail des savoirs, constitution d’un portail collaboratif, sur tout ce qui touche au « savoir », au sens large, produit en Bretagne occidentale, sous la forme de captations de conférences et d’entretiens, de diaporamas, d’articles et d’écrits … Destiné au grand public et ouvert en juillet 2012 il référence déjà plus de 300 contenus.
  • L’organisation d’un cycle de conférences sur l’évolution des bibliothéques avec notamment l’intervention de Lionel Maurel et Silvere Mercier initiateurs de savoirs com1 ; puis l’atelier sur les bibliothèques collaboratives lors du Forum des suages coopératifs ont contribué à la naissance du réseau doc@brest, réseau coopératifs des professionnel de l’information au pays de Brest qui compte aujourd’hui 58 participantes.
  • Brest ville wikipedia où il s’agit d’une part, de compléter les contenus existants sur Wikipédia relatifs à Brest et, d’autre part, de créer de nouveaux articles et contenus sur des lieux ou figures emblématiques de la cité en mettant en avant la culture locale.
  • Les formations Animacoop à l’animation de projets coopératifs d’Outil Réseaux sont issues de cette logique qui relie coopération et élargissement des biens communs. Elles contribuent à constituer un réseau d’acteur-ice-s partageant une culture commune de la coopération et du partage.
  • Le réseau "Libre solidaire et durable" de l’innovation sociale ouverte initié en juillet 2012 est aussi imprégné de cette synergie entre coopération, pratique collaborative et biens communs avec l’hypothèse que ces valeurs sont aussi partagées par nombre d’acteur-ice-s de la solidarité, de l’éducation populaire et des territoires en transition.

Il y a aujourd’hui une dynamique locale dans laquelle les personnes se regroupent en réseau ouvert tel la Maison du libre, le Tyfab, ateklier nuémrique brestois, le Telefab, doc@brest le réseau de 58 documentalistes et Brest Creative, le réseau de l’innovation sociale ouverte..

L’organisation du premier Open bidouille camp en novembre suivi d’un birdouille camp junior en avril et de deux autres en mai et octobre rend compte de cette dynamique qui croise les acteurs locaux du libre.

Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’Infini (hébergeur associatif), la Maison du libre, Cartes ouvertes, Médiablog, wiki-brest, Brest creative, doc@brest, l’open bdiouille camp sont des initiatives à l’échelle du pays de Brest ou de la Bretagne occidentale et non de la seule ville de Brest.

L’initiative d’un nouveau lieu transverse la cantine brestoise devrait permettre d’amplifier croisements et initiatives autour des innovations et en particulier de l’élargissement des biens communs numériques.

Posté le 17 mars 2013 par Michel Briand
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par adam_th
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