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6 bonnes raisons de créer votre coopérative de coworkers

Le coopératif rencontre le coworking chez Ecto

Article by Rémy Cagnol

Published 13/02/2013
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Les coopératives emploient 1 milliard de personnes à travers le monde et représentent un modèle économique alternatif de plus en plus adopté dans l´économie collaborative. On peut même découvrir aujourd’hui des espaces de coworking gérés par des coopératives d´entrepreneurs. Imaginez alors que les coworkers puissent gérer eux même leur espace de travail, échanger leurs compétences tout en assurant la viabilité de leur activité. Les coopératives peuvent prendre des formes multiples et bien sûr ces modèles peuvent ne pas convenir à tous les entrepreneurs. Mais si vous décidez de faire un pas de plus vers l´économie collaborative, Deskmag vous présente 6 bonnes raisons de créer votre coopérative de coworkers.

Un articlerepris du magazine desmmag, un magazine publié sous une lcience CC by sa

Les coopératives n´ont rien de nouveau, elles existent depuis plusieurs siècles. Mais les coopératives d´activité en sont une forme plus récente et pourraient bien répondre aux besoins des entrepreneurs d’aujourd’hui. Dites peu rentables ou parfois même assimilées à des incubateurs, elles font face aux mêmes préjugés que les espaces de coworking à leurs débuts. Deskmag a interviewé Eclectic Coop, Ecto et Koala, 3 coopératives offrant des espaces de coworking, pour comprendre ce que peut apporter le modèle des coopératives aux créateurs d´entreprises.

Raison n°1 : Les coopératives d’entrepreneurs ne sont pas ce que vous imaginez

Les premières coopératives sont apparus en France et au Royaume Uni au XIX siècle. Même si elles en ont conservé les valeurs premières du mouvement, les coopératives d´entrepreneurs du XXI siècle sont loin des coopératives rurales et agricoles des premiers temps. « Les coopératives d´activité ne sont là que depuis les années1990 en France et font encore figure d´ovni » déclare un des cofondateurs d’Eclectic.coop, une coopérative d´entrepreneurs gérant 3 espaces de coworking en France. Les coopératives d´entrepreneurs peuvent en effet rencontrer les mêmes préjugés que les espaces de coworking à leurs débuts.

« On pense à tort que les coopératives sont des organismes à but non lucratif », raconte Stéphanie Gaudreault, porteuse d’espace Koala, une future coopérative de coworking pour les travailleurs indépendants de Québec. Les profits sont redistribués aux membres qui en sont propriétaires, ce qui classe les coopératives au rang d’entreprise ayant un but commercial

« On nous dit souvent que nous ressemblons à un incubateur, ce que nous ne sommes pas » déclare Yves Otis, cofondateur d´ECTO, une coopérative québécoise qui gère un espace coworking à Montréal depuis 2009 et qui regroupe plus de 110 membres. En fait, si une coopérative constitue un environnement économiquement sûr, on y collabore et on y mutualise plus que l´on y accompagne. « Nous sommes avant tout une coopérative de producteurs – nous offrons une plateforme pour les activités de nos membres et non directement du travail. Et ça fonctionne ! »

« Les coopératives ne sont ni rentables, ni efficaces ». Au contraire, les coopératives ont plus de chance de survie que les PME classiques. Des pays comme la France et le Royaume uni ont déjà préconisé cette forme pour permettre aux entrepreneurs de survivre dans un contexte de crise économique.

Raison n°2 : Une adhésion libre et ouverte

Les coopératives d’entrepreneurs reposent aussi sur le volontariat. Des coworkers peuvent accéder à l´espace de coworking même s’ils ne sont pas associés à celle- ci. De leur côté, les associés peuvent décider de partir à tout moment de la coopérative. Cet aspect spontané est important que ce soit dans la gestion ou même dans
l’animation de l’espace. Car contrairement à certains espaces de coworking classiques, on peut alors y trouver des « catalystes » naturels.

Raison n°3 : Impliquer les coworkers dans la gestion de l’espace

« Nous tenons à ce que notre espace de coworking soit le projet des membres de la coopérative et qu’il évolue. Nous n’avons pas de code de vie ou de charte, même l’appropriation de l´espace reste très informel... » déclare Yves Otis de la coopérative ECTO. « Nous misons sur la responsabilisation des membres, estimant que les coworkers ne sont pas “dépendants” (des consommateurs) de l´espace de travail, mais au contraire bien les propriétaires de celui-ci ». En effet, chaque membre co-travailleur compte pour une voix dans les décisions et peut choisir de participer à la vision stratégique et à la gestion de la structure par son implication dans les divers comités en place.
Par ailleurs on retrouve de ce principe de démocratie appliqué une entreprise dans d´autres espaces tel que Collective Agency.

Néanmoins, les décisions importantes concernant les activités des entrepreneurs engagent la coopérative dans son ensemble. Il est donc important de mesurer les engagements pris par les entrepreneurs associés. De plus, dans certains cas, un conflit entre le gérant élu et les associés peut bloquer les décisions.

Raison n°4 : Minimiser les coûts de gestion

Dans les coopératives les coûts de gestion sont mutualisés pour permettre aux entrepreneurs de rester concentrés sur leurs activités, ce qui est un gain de temps considérable. De plus, en Europe, comme dans d´autres pays les coopératives bénéficient souvent d´avantages fiscaux conséquents.

Néanmoins, déléguer certaines tâches administratives telles que le suivi de la comptabilité et des factures peuvent s’avérer plus long que si l’entrepreneur s’en chargeait lui-même. Tout dépend donc de l’organisation.

Raison n°5 : Développer l’activité des entrepreneurs

La force des coopératives d´activité réside dans le fait qu’elles minimisent les coûts tout en maximisant le service offert. « De nos jours, nous sommes rentrés dans une voie d´hyperspécialisation. Grâce à l’ensemble des compétences présentes dans la coopérative, on peut se concentrer sur ses envies professionnelles et sous-traiter le reste » affirme Arnaud Barbary. D´autre part, il est possible de se regrouper sous la marque commune de la coopérative pour répondre à des appels d´offres ou pour traiter avec de plus gros clients.

Chez Eclectic.coop, la notion de compétence est d´autant plus importante qu´Eclectic est la première coopérative en réseau de France spécialisée dans les NTIC. Une véritable e-coopérative. « Nous avons choisi d’appliquer la logique du réseau et du coworking pour soutenir nos associés » déclare Arnaud Barbary. Eclectic.coop se présente comme une « solution a-territoriale, mais ancré dans le local pour tous ceux qui souhaitent entreprendre en réseau ». Ainsi, elle permet à ses membres l´accès à des espaces de coworking en France tout en conservant les avantages liés à la coopérative.

Néanmoins,dans le système des coopératives, c’est le représentant légal, autrement dit le gérant élu, qui est responsable de l’entreprise : il valide les actes qui engagent la structure, observe et coordonne le bon déroulement de l’activité, incluant prestations de services et appels d’offre. Son élection par les associés est donc un point crucial pour le bon fonctionnement de la structure.

Raison n°6 : Offrir une meilleure sécurité de l´emploi

Tout les entrepreneurs ne sont pas tous jeunes, célibataires et prêt à rebondir à chaque échec. Mais, il est possible de devenir entrepreneur salarié de la coopérative, afin de combiner l’indépendance de l’entrepreneur avec le statut social du salariat. De plus, grâce à son cadre sécurisé, intégrer une coopérative pour un temps peut être une véritable phase de test prouvant la viabilité financière de l’entreprise. L’entreprise souhaitant devenir 100% autonome peut alors librement quitter la coopérative si elle le désire.

Néanmoins, entrepreneurs voulant garder l’appellation “indépendant” s’abstenir. Car juridiquement, un entrepreneur salarié n’est plus un indépendant. De même, il est aussi important pour certains entrepreneurs de se considérer comme chef d’entreprise. Un sentiment qui peut être mise à mal en devenant entrepreneur-salarié.

L’adresse originale de cet article est http://www.eco-sol-brest.net/6-bonn...
Via un article de Michel Briand, publié le 15 février 2013
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